Le vélo et les transports publics partagent la
même histoire. Ils sont nés dans le courant du XIXème siècle et ont connu leur
apogée entre les deux guerres mondiales avant d’être délaissés par les pouvoirs
publics au profit de l’automobile durant les trente glorieuses. Depuis la fin
du XXème siècle, le vélo et les transports publics reviennent plus ou moins
fortement dans les villes françaises à la faveur de politiques de mobilités
moins focalisées sur la voiture et d’investissements importants. C’est particulièrement,
le cas à Strasbourg et dans son agglomération où depuis 1989 les différents
Maires et Présidents ont développé et diversifié ces deux modes de transports.
Ainsi, après l’exposition sur le vélo intitulée
« Du
vélocipède au Velhop » qui s’est tenue en 2013, les archives
municipales de la ville et de l’Eurométropole de Strasbourg mettent à nouveau
la mobilité à l’honneur. A l’occasion de la mise en service de l’extension de
la ligne de tram D à Kehl, les archives exposent jusqu’à fin juin, l’histoire
des 140 ans de la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS).
Les premiers fiacres stationnent sur les grandes
places de Strasbourg à partir de 1848. Ils sont épaulés vers 1860 par des omnibus
simples ou à l’impériale permettant de transporter des passagers sur deux
niveaux. En 1870, suite à l’annexion à l’empire allemand, Strasbourg et sa
population se développent rapidement. Cette évolution spatiale et démographique
nécessite un système de transports en commun rapide et confortable. Le tramway
semble être la meilleure alternative aux omnibus, lents peu confortable et capacitaires.
C’est en 1877 qu’est créé la Strassburger Pferde-Eisenbahn Gesellschaft (Compagnie strasbourgeoise des chemins de fer à chevaux). Elle mettra en service le 22 juillet 1878 la première ligne de tramway hippomobile et sera renommée en 1888 Strassburger Strassenbahn-Gesellschaft (Compagnie des tramways strasbourgeois). En 1919, au lendemain de la première guerre mondiale et du retour de l’Alsace-Moselle sous le giron français que l'entreprise prendra le nom de Compagnie des tramways strasbourgeois. Elle deviendra dans les années 1960, après le démantèlement de la dernière ligne de tramway, la Compagnie des Transports Strasbourgeois.
L’exposition présente, grâce à près de 170 documents et objets, l’évolution de la CTS et de la ville à travers l’histoire mouvementée entre la France et l’Allemagne et les évolutions sociétales qui ont modifiées les pratiques de déplacements. De la traction hippomobile à l’électrification en passant par la vapeur, de l’âge d’or des transports publics et du transport de marchandises à leurs déclins, des interrogations entre le métro et le tramway, au retour du tramway strasbourgeois à Kehl, l’exposition s’organise en différentes parties et vous proposera gratuitement un voyage dans le temps et dans l’histoire de l’agglomération strasbourgeoise. Vous pourrez notamment y découvrir une photo du triporteur graisseur de rails que la CTS utilisait dans les années 1930.
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| Carte du réseau CTS en 1953 |
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| La couleur bleu des bus est abandonnée en 1965 au profit du rouge (orange ?) et blanc, couleurs de Strasbourg |
Aujourd’hui, la CTS se revendique comme une compagnie « citoyenne et innovante » qui au-delà du transport de personnes entend répondre aux défis énergétiques actuels et futurs. Elle place l’intermodalité au cœur des enjeux majeurs de son réseau et s’adapte aux nouveaux usages de consommation pour simplifier et augmenter l’attractivité des transports en commun grâce aux nouvelles technologies.
Depuis 2011, la CTS a souhaité rompre avec
l’uniformité caractéristique de son matériel roulant. Ainsi chaque année, la
CTS crée une nouvelle livrée de bus soit en hommage de grands noms de l’art à
Strasbourg ou la confie à des artistes contemporains locaux choisis par les
usagers à l’issu d’un concours. Certains trams sont également recouverts d’une
livrée spéciale comme celui ressemblant à une chenille imaginé par
Luc Schuiten, architecte belge, pour le passage à Strasbourg de son
exposition « Cités végétales » en 2015. Encore un petit effort et
bientôt, les transports publics circuleront dans la capitale européenne même le
premier mai…








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