L’année 2017 commence fort avec une exclusivité! Il y a quelques jours, mon œil a repéré un vélo aux couleurs étranges mais au style pourtant connu. Il était parqué à Schiltigheim, seconde commune la plus peuplée de l’agglomération strasbourgeoise. Quelle ne fut pas ma surprise quand en me rapprochant, je reconnu, grâce à son garde boue différent des autres systèmes Cyclocity similaires de JC Decaux, un Vélib semblant être tout droit sorti de l’émission américaine de modifications d’automobiles « Pimp my ride ».
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| Pour rappel, voici à quoi ressemble un Vélib officiel. Source : blog.velib.paris.fr |
Inauguré en 2007, le service de vélo en libre-service parisien subit, depuis son lancement et malgré sa robustesse et le renforcement des dispositifs antivols, de nombreuses dégradations et vols. Selon l’Atelier Parisien de l’urbanisme (APUR), en 2014, 19 000 Vélibs ont été volés, ce qui représente la quasi-totalité du parc de vélos. 1800 de ces vélos ne sont pas retrouvés et parmi ceux qui ne disparaissent pas, 4600 sont détruits car non réparables*…
Certains Vélibs auraient été aperçu en Roumanie, en Afrique ou encore à Lyon, d’autres repeints continuent à circuler à Paris. Le phénomène est désormais arrivé dans l’agglomération strasbourgeoise. Comment? Cela restera un mystère, mais force est de constater que ce Vélib initialement gris clair est difficilement identifiable pour un novice, seule son appendice servant à le bloquer dans une borne d’attache de station, pourrait trahir son origine…
Il arbore tout d’abord une nouvelle livrée vert et or. Tous les éléments du vélo ont été peints avec ces couleurs. Les rayons, les jantes, le tube de selle, les garde boues, les manivelles, le carter, le guidon… La personnalisation ou devrais-je plutôt dire le maquillage, est allé jusqu’à retravailler le garde boue arrière pour lui donner un effet dentelé et à découper le carénage du guidon pour y insérer un compteur et deux boutons.
Il a été baptisé « Green Hornet », ce qui dans la langue de Shakespeare se traduit par frelon vert et qui semble inspiré du film de Michel Gondry. Il arbore également, marqué au pochoir, le numéro 67 du département du Bas-Rhin dans lequel il circule…
Aussi surprenante que puisse être cette histoire, il n’en reste pas moins que ce vélo, bien public, est volé et détourné de son utilisation première qui se veut collective. Même s’il se sent peut être mieux dans la capitale française du vélo au milieu de nombreux de ses « semblables », sa place est dans la ville lumière qui en a grandement besoin! Peut être qu’un des agents dédiés à la recherche des Vélibs abandonnés ou volés va découvrir cet article et venir en pèlerinage à Strasbourg pour le récupérer...
*Etude d’opportunité d’un Vélib métropolitain, APUR, décembre 2015, page 12.
















































