Article tiré de la revue Urbanisme n°385 de
juillet/aout 2012.
Au cours de la dernière décennie, la pratique du
vélo s'est développée à Bogotà grâce à la réalisation, dans
le cadre du plan de mobilité, d'un réseau de piste cyclables. Mais
un autre usage de la bicyclette s'est récemment manifesté dans la
ville. En effet, l'évolution des logiques de transports publics, qui
s'est notamment traduite par la mise en service du système BRT (Bus
Rapid Transit) Transmilenio, a induit une réduction progressive de
la desserte de divers quartiers, en particulier ceux de la
périphérie. En réponse, des modes de transports complémentaires,
informels et/ou illégaux, se sont mis en place pour pallier ces
carences, dont le vélo-taxi, qui permet de se déplacer dans les
zones non couvertes par le BRT.
Le bicitaxi est un moyen de transport de courte
distance et peu onéreux. Il suscite des regroupements d'usagers,
généralement aux arrêts intermédiaires ou en bout de ligne du
système BRT. Bien que son rayon d'action n'excède pas deux
kilomètres, il connait une forte demande sociale. Opérant sans
cadre réglementaire ni flotte de véhicules homologués, il n'est
pas, à ce jour, autorisé par l'administration publique, pour des
raisons de sécurité et de durabilité financière et
opérationnelle.
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| Photo: Boris Heger / Report Digital - REA |
Il offre également des emplois « informels »
: les bicitaxis sont souvent conduits par des jeunes hommes qui
obtiennent ainsi un revenu pour eux-mêmes et pour leur famille,
effectuant entre 30 et 50 courses quotidiennes, pour moins d'un
dollar le trajet. Les associations réparties par secteur urbain se
regroupent pour réguler ce service, établissant ensemble les règles
de fonctionnement de base. Tout cela sur le maillage de voies
existant et reliant les quartiers, sans obligatoirement emprunter le
réseau de pistes cyclables.
Isabel Arteaga, architecte, professeur à
l'université Los Andes de Bogotà