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21 janv. 2016

A Strasbourg, les cyclistes ont leur maison !

Inaugurée en 2004, la maison des cyclistes de Strasbourg est le coeur de la culture vélo à Strasbourg. Localisée au 12 rue des bouchers, à proximité immédiate du centre ville et d’une des principales piste cyclable de l’agglomération, elle est gérée par l’association CADR 67 qui y a ses locaux. 

Ouverte du mardi au samedi de 13h30 à 18h, et tenue par les quatres salariés du CADR 67, Fabien, le Directeur, Vincent et François, animateurs vélo et Laurence, à l’accueil ou par l’un des 350 bénévoles de l’association, vous pourrez y trouver toutes les informations nécessaires sur le vélo dans l’agglomération strasbourgeoise et en Alsace (plans cyclables, documents de communication, fonctionnement des vélo écoles et des pédibus, livres, évolutions du code de la route, expérimentations…). 

Fabien et Vincent sont au service des cyclistes.
La maison des cyclistes propose également des services, notamment pour la lutte contre vol. Pour 4 euros (2 pour les membres de l’association et des ateliers d’autoréparation locaux), vous pouvez faire graver votre vélo et vous faire expliquer le principe du passeport qui vous sera remis lors de cette opération. Vous pouvez également obtenir de nombreux renseignements sur les cadenas et leur différents niveaux de résistance ou demander un contrôle technique sur votre vélo. 


Construites sur les fondations développées depuis le début des années 1970 par le CADR, la maison des cyclistes est au cœur d’un petit village dédié au vélo. Au second étage du même immeuble, se trouve le siège de la FUB et à coté au n°10 se trouve l’association Bretz’selle, l’atelier d’autoréparation le plus fréquenté de la ville. Si vous passez dans le coin n’hésitez pas à pousser la porte de la maison des cyclistes, vous y êtes chez vous !

7 févr. 2014

La politique cyclable de la Communauté urbaine de Strasbourg.

La dernière conférence de l’exposition «En selle, du Vélocipède au Vélhop» s’est déroulée en deux temps. Tout d’abord, Serge Ascencio, chargé de projets vélo à la CUS a présenté les trois principaux axes de la politique cyclable de l’agglomération strasbourgeoise, l’infrastructure, le stationnement et les services.

Depuis 1978 et le premier schéma directeur vélo, le réseau cyclable de l'agglomération s'est progressivement constitué pour atteindre fin 2013, 580 km d'aménagements grâce à un engament moyen de près de 5 millions d’euros par an. Avec 8 % des déplacements réalisées à vélo en 2009 (14% sur le centre ville élargi), Strasbourg est la ville française où le vélo est le plus utilisé, même si elle reste loin de ces voisines rhénanes de Bâle, Karlsruhe ou Freiburg où plus de 20 % des déplacements sont réalisés à vélo…

Pourcentage de déplacements à vélo dans l'agglomération strasbourgeoise, ADEUS d'après EMD 2009

Afin de mesurer plus finement la pratique du vélo et son évolution, la CUS s'est équipée depuis 2008 d’une trentaine de boucles de comptages automatiques. Elles enregistrent une croissance annuelle moyenne du trafic de près de 5%. En automne 2013, un totem compteur a été installé afin d'afficher en temps réel le nombre de cyclistes qui passent quotidiennement sur l’une des principales pistes de l’agglomération.

En janvier 2014, plus de 4000 cyclistes par jour ont été comptés par le totem
Même si certains grands axes restent encore vierges d’aménagements cyclables, l'agglomération propose un réseau dense et relativement bien maillé. Si bien qu’il devenait nécessaire de hiérarchiser ce réseau. Pour celà, un réseau cyclable structurant répondant aux critères de service des « autoroutes à vélo » hollandaises et danoises est en cours de réalisation. Nommé Vélostras, ce réseau propose de 12 itinéraires (9 radiaux et 3 de rocades) qui reposent principalement sur des aménagements déjà existants. Certains seront néanmoins à réaménager pour répondre aux normes attendeus pour Vélostras. Les maillons manquant de ce réseau seront également progressivement aménagés jusqu’en 2020 afin d’offrir une continuité d'itinéraire.

Réseau Vélostras à l'horizon 2020.



En complément pour faire évoluer l’infrastructure, adapter la réglementation et diminuer l’accidentologie, Strasbourg expérimente des aménagements en accord avec la DSCR (Délégation à la sécurité et à la circulation routière) et le CEREMA (Centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, anciennement CERTU) parmi lesquelles :


-     le cédez le passage cycliste aux carrefours à feux officiellement autorisé par le code de la route depuis début 2012 (160 carrefours équipés sur l’agglomération dont 120 à Strasbourg)
-         des sas cyclistes sans couloirs d’approche aux feux (sur 16 sites),
-      des amendes minorées pour les cyclistes pour une dizaine d’infractions de 4e catégorie au Code de la route (passage au feu rouge, circulation en sens interdit, usage d’un téléphone portable au guidon…)
-         très prochainement une nouvelle signalisation pour les piétons et cyclistes sur 4 carrefours
Visuel de la future signalisation pour piétons et cyclistes qui sera expérimentée à Strasbourg.

Le stationnement est un deuxième grand axe de la politique cyclable de l'agglomération strasbourgeoise, notamment le stationnement public. Depuis 2008, la collectivité tient son objectif d'implanter 1200 nouvelles places vélo par an (soit 600 arceaux) sur l'espace public. Presque tous les parkings publics de Strasbourg proposent du stationnement pour les vélos. Une trentaine de vélo parcs offrant de 20 à 40 places sont implantés à proximité de stations tram. De même, les 14 gares TER situées sur le territoire de la CUS proposent des véloparcs.
 
Arceaux classiques
1 voiture = 10 vélos !
Véloparc à la gare TER de Fegersheim-Lipsheim
Principal pôle d'échange multimodal de l'agglomération, la gare centrale dispose de près de 2300 places de stationnement réparties en plusieurs localisations dont un parking souterrain payant de 850 places. La demande de stationnement vélo étant plus importante que l'offre à la gare centrale, des solutions devraient bientôt être mises en place pour augmenter l'offre de près de 1000 à 2000 places.

Strasbourg dispose de 4 associations cyclistes. Le CADR 67 gère la maison des cyclistes. Lieu d’information et d’échanges, vous pouvez  graver votre monture et obtenir de nombreuses informations sur le vélo dans l’agglomération et notamment les plans des aménagements cyclables que la CUS édite chaque année. Le siège de la FUB, fédération nationale des cyclistes urbains, est implanté au second étage de la maison des cyclistes. Bretz’selle créée en 2011, l’un des deux ateliers d’autoréparation de l’agglomération se situe juste à côté de la maison du vélo tandis que la Vélostation plus ancienne se situe au cœur de Neudorf.


En 2010, Strasbourg inaugure Velhop. Ce système de vélo en libre service fonctionne de manière différente que les systèmes classiques comme Vélo'v à Lyon ou Vélib à Paris, villes qui n'ont pas ou peu d'usage du vélo. Il s'articule autour de 18 stations automatiques implantées sur l'agglomération qui proposent des Vélhop en courte durée qu'il faut ramener dans la station d'origine. En complément, il est possible de louer des vélos en moyenne ou longue durée dans les 5 boutiques de l’agglomération ainsi que des vélos pour enfants ou des remorques. Depuis début 2014, Vélhop propose des vélos électriques en location longue durée, des tandems et très bientôt un triporteur.



Cette présentation n’est pas exhaustive, elle introduit les trois principaux axes de la politique cyclable de la CUS qui s'articulent avec la politique globale de mobilité. Toutes ces actions participent à atteindre l’objectif affiché par le dernier schéma directeur de doubler la part modale du vélo dans l’agglomération en 2025. Le prochain message qui sera publié dimanche, relatera la seconde partie de cette conférence avec une sélection de photos présentées dans le diaporama dans lequel j'ai exposé la diversité des cyclistes dans l’agglomération.

5 févr. 2014

Jean Chaumien et le CADR 67, un engagement quotidien pour le vélo depuis les années 1970 !

La seconde conférence organisée dans le cadre (sic !) de l'exposition "En selle du Vélocipède au Velhop" donnait la parole à Jean Chaumien. Acteur incontournable de la promotion du vélo à Strasbourg, il a présenté au public un historique de ses actions et de celles de l'association CADR 67 qui depuis près de 40 ans milite pour que le vélo ait droit de cité dans la capitale alsacienne, en France et en Europe...


La genèse de l'association

Jean Chaumien est pasteur au début des années 1970 lorsqu'il enterre une jeune cycliste mère de famille décédée lors d'un accident de la circulation à Strasbourg. Il décide alors de débuter une action pour renforcer le droit des cyclistes vis à vis d'un code de la route qui n'est fait que pour les véhicules motorisés. Il s'engage ainsi dans une lutte contre la société mécanisée qui repose sur les valeurs de vitesse, de performance et de croissance. En mai 1975, il crée un groupe de pression associatif, le CADR (Comité d'actions deux roues) qu'il présidera jusqu'en 2012. Le CADR est ainsi la seconde association française de cyclistes urbains après le MDB (Mouvement de Défense de la Bicyclette) parisien qui a vu le jour en 1974.


Vers la reconnaissance de l'association.

En 1977, lors d'une réunion publique, Jean Chaumien interpelle directement le Maire de Strasbourg, Pierre Pfmilin, sur la place du vélo en ville. Son intervention fera prendre conscience du besoin d'aménagements cyclables de qualité et entrainera le lancement du premier schéma directeur vélo de l’agglomération qui sera approuvé en 1978. Ce document avait pour objectif principal de réaliser des aménagements cyclables pour les déplacements quotidiens. En mars 1979, le CADR lance la publication de «Vélocité» une revue à destination de ses membres dont certaines couvertures illustrant cet article feront beaucoup parler....

Au début des années 1980, Jean Chaumien s'impose à Paris dans les réunions avec le Ministre de transports et demande de l'attention et une aide financière pour le développement du vélo en ville. Il apprend alors l'existence d'une ligne budgétaire pour le développement du vélo qu'il s'empresse de faire connaître à Pierre Pfimlin. Celle-ci sera supprimée en 1982. Le CADR est contacté par la CUS (Communauté urbaine de Strasbourg) en 1981 pour participer à un groupe de travail sur le développement des aménagements cyclables de l'agglomération. Un premier constat est vite fait, le manque de connaissance des élus et des techniciens sur les infrastructures cyclables. Pour remédier à ces lacunes, l'association organise l'année suivante un voyage d'étude à Amsterdam avec quelques ingénieurs de la CUS.


En 1982, Jean Chaumien, arrive à persuader Pierre Pfimlin que le double sens cyclable n'est pas dangereux. Le premier magistrat prend alors la décision de mener une expérimentation d'un an dans quelques rues du centre ville malgré l'avis contraires de ses services. Les résultats étant largement positifs, la mesure sera progressivement étendue dans de nombreuses rues de Strasbourg. En 1983, Marcel Rudlof est élu Maire de Strasbourg et Président de la CUS. Il découvre les problèmes des cyclistes et reconnait leur courage pour circuler à vélo en ville. Il relance la réalisation d'un plan présentant les aménagements cyclables de l'agglomération dont les travaux avaient été stoppés l'année précédente.


La lutte pour le tramway et pour plus de place aux cyclistes et aux piétons

En 1986, CatherineTrautmann adhère au CADR et participe à de nombreuses actions de l'association. A cette époque, la CUS envisage la réalisation d'un métro léger pour résoudre les problèmes de circulation dans l'agglomération. Le CADR et d'autres associations s'investissent pleinement dans le combat contre le métro au profit d'un tramway moderne de surface qui permettrait de repenser pleinement la place de la voiture en ville et d'accorder plus de place aux cyclistes et aux piétons.


Catherine Trautmann deviendra Maire de Strasbourg et Présidente de la CUS en 1988. Elle réintroduira avec son adjoint aux déplacements, Roland Ries l'actuel Maire, le tramway à Strasbourg en 1994. En parallèle la circulation au centre ville est totalement réorganisée en supprimant le transit automobile. Cette première ligne sera accompagnée de nombreux nouveaux aménagements cyclables sur son tracé.


L'association se professionnalise et diversifie ses actions

En 1992, le CADR embauche un premier salarié. Un second viendra l'épauler en 1998. Ils sont aujourd’hui trois. Si bien que le CADR élargi ses actions de promotion du vélo à l'échelle de l'agglomération strasbourgeoise et du département du Bas-Rhin qui subventionne l'association depuis la fin des années 90. Répondant depuis au nom de CADR 67, l'association réalise notamment le gravage des vélos pour lutter contre le vol, la mise en place de vélos écoles, l’accueil à la maison du vélo, des animations vélo en milieux scolaire, professionnel ou dans les gares du département, plusieurs bourses aux vélos annuelles ou encore le développement des pédibus et vélobus pour les scolaires... Vous pouvez trouver toutes les actions réalisées par l'association sur son site internet.


Jean Chaumien a cédé la présidence du CADR 67 en 2012 à Mélanie le Morzédec, fille du premier trésorier de l'association. Il en reste président d'honneur. Se déplacer à vélo et/ou se battre pour faire une place aux déplacements à vélo, est pour la nouvelle présidente, un acte militant qui permet de limiter la pollution et le réchauffement climatique. C'est aussi un acte citoyen par son aspect économique et social et surtout humain car ce mode de déplacement est pratique, rapide mais pas trop. Pour Mélanie Le Morzédec, être présidente du CADR 67 permet de continuer une belle histoire démarrée il y a presque 40 ans et de prouver que le monde associatif est un pilier de notre société qui peut encore travailler en équipe et sans aspect pécunier.


Une implication à l'échelle nationale et européenne.

En 1980, Jean Chaumien participe, à Brème, au premier congrès européen Vélocity où il rencontre des associations de cyclistes d'autres pays. Il fonde la même année la FUB (Fédération française des usagers de la bicyclette) avec différentes associations françaises qui ont pour objectif d’encourager l’utilisation du vélo comme moyen de déplacement quotidien à l'échelle nationale. Le siège de la FUB est depuis sa fondation situé dans la capitale alsacienne et à partir de 2004 au dessus des locaux du CADR au sein de la maison des cyclistes située 12 rue des bouchers dans le centre de Strasbourg.


Jean Chaumien participe en 1983 à la formation de l'ECF (European Cyclists Féderation) au Danemark, fédération dont il sera vice-président durant de nombreuses années. Il participe également en 1986 à la création du club des villes cyclables à Bordeaux. Enfin, Jean Chaumien a été de 1995 à 1997 le premier chargé de mission vélo interministériel.


Les obstacles au développement du vélo en France.

Le combat de Jean Chaumien et du CADR 67 pour le développement du vélo en ville a débuté à la même époque qu'en Hollande ou au Danemark, pays qui sont aujourd'hui reconnus comme exemplaires pour la pratique du vélo en ville. Selon Jean Chaumien, la première raison du sous développement du vélo en France est la puissance de son lobby automobile qui est moindre en Hollande et au Danemark, pays qui ne construisent pas de voitures. Ensuite, il regrette le manque d'intérêt pour le vélo urbain des cyclistes sportifs (course, cyclotourisme, VTT...) et de l'industrie du cycle. Enfin, il pointe du doigt le fonctionnement technocratique et hiérarchique de l'administration française, très hermétique et réservée sur le développement du vélo en ville.


Jean Chaumien et les militants du CADR 67 se sont énormément investit durant plusieurs décennies pour le développement du vélo à Strasbourg, en France et en Europe. Si aujourd'hui, Strasbourg est la ville française où le vélo est le plus utilisé c'est en grande partie grâce à leurs actions menées sans relâche depuis près de 40 ans. Il ne tient qu'à vous de continuer à développer et pérenniser leurs actions. Pour cela, la chose la plus simple à faire et d'utiliser votre vélo quotidiennement pour vos déplacements et/ou de rejoindre les quelques 800 membres de l'association...

23 oct. 2013

Piétons et cyclistes ou comment vivre ensemble ?



La ville de Strasbourg  organisait jeudi 17 Octobre un colloque intitulé « Le piéton au cœur de la ville ». Près de 400 personnes de toute la France avaient répondu à l’invitation. Dans le cadre des mes fonctions de chef de projet Vélostras au sein de la Communauté urbaine de Strasbourg, j’ai été invité à animer l’atelier  « Vélo et piétons ou comment vivre ensemble ? » où intervenait :

-Mme Geneviève Laferrère, présidente de la FUB (Fédération des usagers de la bicyclette), fondée en 1980, dont le siège est à Strasbourg et qui forte de 180 associations a pour objectif d’encourager l’utilisation du vélo comme mode de déplacement quotidien.

-Mr. Thomas Jouannot, chargé d’études « Sécurité routière et développement de l’usage du vélo » au CERTU (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques.

-Mr. Daniel Lemoine, chargé d’étude « Sécurité des usagers et déplacements » également du CERTU.



Vous trouverez ci dessous mon propos introductif et conclusif de cet atelier ainsi que quelques unes des photos grand format (de piétons !!!) qui ornaient l’auditorium de la cité de la Musique et de la danse où se déroulait le colloque.

"En liminaire, je tenais tout d’abord à rappeler que la relation parfois difficile entre les piétons et les cyclistes n’est pas nouvelle. Ainsi à Strasbourg, les archives municipales recensent le premier accident entre un piéton et un cycliste, le 26 avril 1869, place Broglie lorsqu’un jeune homme circulant sur un vélocipède renverse un enfant de 3 ans. Son père écrit le lendemain au Maire Humman pour réclamer une réglementation de la circulation pour les vélos. Quelques jours plus tard, le 1er mai, le Maire prend un arrêté qui « interdit désormais la circulation des vélocipèdes sur les trottoirs, les places macadamisés, les ruelles pavées en bitume, l’intérieur des promenades et les contre allées. »

Plus tard vers 1920, l’historien Strasbourgeois, Fritz Kiener parodie Horace avec ces quelques rimes:

"Bicycle, unique objet de mon ressentiment,
Bicycle qui m’a fait tomber si fréquemment,
Bicycle dont la corne affreuse est trop sonore,
Bicycle que je hais parce que l’on t’adore,
Puissent les omnibus, ensemble conjurés,
Ecraser tes guidons d’un pas bien assuré,
Si ce n’est pas assez de cette compagnie,
Que le cocher de fiacre au tramway se rallie,
Et que tous les chauffeurs attirés par nos vœux,
Fassent pleuvoir sur toi leur déluge de feux,
Puissiez-vous, ô vélos, devenir un mélange,
De fer, de caoutchouc écrasé dans la fange,
Puis-je en un chaos voir indistinctement,
Gladiator, Rudge, Humbert, Peugeot, Dunlop, Clément,
Puis-je de mes yeux voir se fonder leurs chaînes,
Voir briser les rayons des cycles anathêmes,
Voir le dernier des pneus à son dernier soupir,
Moi seul en être cause… et mourir de plaisir !"

Par la suite, à cause de la motorisation croissante de notre société après la seconde guerre mondiale et de la diminution des déplacements à pied ou à vélo, les rapports entre les piétons et les vélos ont été très peu étudiés. Il faut attendre 1984 pour qu’une première étude s’intéresse au sujet. Ce travail a été réalisé par l’allemand Duister Hellmut Schubert qui a analysé le trafic cycliste dans différentes zones piétonnes.

Une seconde étude qui fait référence encore aujourd’hui a été menée en 2004 sur plus de 80 sites dans une quinzaine de villes hollandaises. Ce travail confirme les premiers résultats de Schubert et va plus loin en proposant différents niveaux de cohabitation et d’aménagements selon la densité des flux piétons (plus d’informations sur ces études dans le plan piéton de Strasbourg).

Aujourd’hui en France, de nombreuses collectivités travaillent sur cette thématique dont Strasbourg bien sur qui est une des villes qui marche et pédale le plus en France, mais aussi Paris qui a réalisé en 2007 une étude sur les relations entre les cyclistes et les piétons sur 8 sites ou encore plus récemment Toulouse où sur la bien nommée rue d’Alsace Lorraine un radar pédagogique à destination des cyclistes a été installé durant quelques jours fin septembre 2013.

A Strasbourg, les statistiques d’accidentologie depuis 2001 recensent une dizaine d’accidents par an entre les piétons et les cyclistes qui ont rarement des conséquences graves. Ces chiffres faibles et stables ne doivent cependant pas éclipser les « gènes » ressenties par les piétons, probablement plus nombreuses et qui dépendent de la proxémie c'est-à-dire de la distance physique qui s’établit entre des personnes prises dans une interaction. Cette distance peut varier d’une personne à l’autre selon de nombreux facteurs comme l’âge ou les vitesses des sujets. Les personnes âgées ne réagissent pas de la même façon que les adolescents à un dépassement par un cycliste. De même, un piéton sera plus surpris d’un dépassement de cycliste venant de l’arrière que de l’avant. 
 
Ainsi, une des 10 actions du plan piéton de la ville de Strasbourg adopté à l’unanimité par le conseil municipal le 23 janvier 2012, a pour objectif « de désamorcer les conflits piétons/cyclistes ». Ce document de planification, un des premiers sur cette thématique en France, consacre près de 20 pages à ce sujet et propose des premières pistes d’actions basées sur de nombreux exemples hollandais, suisses ou allemands et notamment celui de la ville voisine de Freiburg.

Avant de passer la parole à nos trois intervenants, je vous propose de regarder un court clip réalisé l’année dernière par la Communauté urbaine de Strasbourg et ses partenaires de la sécurité routière (Préfecture, police nationale, et l’association cycliste locale CADR 67 ).

 


 

 

 


Durant cet atelier, j’ai retenu trois actions importantes qui sont à mettre en œuvre pour apaiser les relations entre les piétons et les cyclistes. La première consiste en la réalisation d’aménagements réglementaires, bien réfléchis et pensés pour accorder une bonne place aux piétons et aux cyclistes dans nos villes. La seconde est un travail de prévention et de communication des bonnes pratiques à respecter selon les différents aménagements (trottoirs, aménagements cyclables, zones piétonnes, zone de rencontres, zones 30…). La dernière est le contrôle de cette réglementation pour sanctionner les mauvais utilisateurs qu’ils soient piétons, cyclistes ou automobilistes.

Enfin, je vous propose de ne plus utiliser le terme de conflits car ce mot définit une opposition. Je pense qu’il ne faut pas opposer les piétons et les cyclistes car ce sont les deux catégories les plus fragiles d’utilisateurs de l’espace public et parce qu’ils utilisent des modes de déplacements très économes en espace, en énergie et économiquement avantageux pour eux ainsi que pour les finances publiques. De plus, il y a suffisamment de véritables conflits meurtriers dans notre société et nous n’aurons heureusement pas besoin d’inspecteurs de l’ONU pour « désamorcer le conflit entre les piétons et  les cyclistes ».

Aussi, je vous propose désormais d’utiliser le terme de cohabitation qui peut être bonne, à améliorer ou mauvaise. Ce mot me semble beaucoup plus juste car il introduit une notion de partage de cette valeur commune qu’est l’espace public et c’est ce partage de l’espace public entre les piétons et les cyclistes mais aussi avec les transports en commun et les automobilistes qui est mise en avant dans la démarche du code de la rue.

Merci de votre attention."

Grégory Delattre

17 juin 2013

La culture vélo à Vienne, partie 1, Velocity 2013 Bike Parade.

Fraichement revenu de Vienne où se déroulait la conférence Velocity 2013, organisée par l'ECF (European Cyclist Federation), I Bike Strasbourg vous propose toute la semaine de partir à la découverte de la culture vélo dans la capitale autrichienne. On commence aujourd'hui par ce qui fut un des grands moments de cette semaine viennoise, la Bike Parade !

Jeudi en fin d'après midi, près de 4000 cyclistes ont défilé dans les rues de Vienne, spécialement fermées à la circulation motorisée, sur un parcours de près de 10 km entre l'Hôtel de Ville et le Pratter (l'équivalent de Central Park à Vienne) via le ReichsBrücke (pont sur le Danube). L'aller retour sur cet ouvrage d'art à 2*3 voies était le moment le plus symbolique.





Tous les types de vélo et de cyclistes étaient venus participer à cet évènement majeur, des sportifs aux familles en passant par les cyclistes quotidiens ou du dimanche.












La fin de la Parade s'est déroulée au pied de la Riesenrad de Vienne (Grande roue) avec saucisses, bières et concerts. 

Une petite partie des français rencontrés durant cet évènement : Christine Lambert (FUB), Thomas Jouannot (CERTU), Olivier Razemon (Le Monde), Pierre Toulouse (Ministère du développement durable), Olivier Schneider (FUB)

Merci aux quelques français que j'ai pu rencontrer lors de la conférence (c'est pas la quantité mais la qualité qui compte !). C'était un grand plaisir de faire votre connaissance et d'échanger avec vous. En espérant que l'on se reverra avant Adelaïde 2014... Bis bald !!!. Si vous voulez voir plus de photos cliquez ici.

23 mai 2013

Exposition "En selle, du vélocipède au Vélhop"

Les archives de la Ville et de la Communauté urbaine de Strasbourg consacrent jusqu'au mois d'Octobre une exposition à l'évolution et au développement du vélo à Strasbourg. Judicieusement intitulée « En selle, du vélocipède au Velhop », l'exposition relate le développement du vélo à Strasbourg de la fin du 19ème siècle, jusqu'à aujourd'hui. Dotée d'une riche iconographie en provenance des archives de la Ville, de l'association CADR 67, de vélo club locaux ou de collectionneurs, vous pourrez y découvrir l'Histoire du vélo à Strasbourg à travers de nombreuses photos d'époques, documents officiels, objets, témoignages, cartographies... 

Vous pourrez notamment découvrir les premiers panneaux de double sens cyclables installés sauvagement par le CADR 67 dans les rues de Strasbourg au début des années 1980. A cela s'ajoute la présentation d'une dizaine de modèles de vélo retraçant l'évolution de ce mode de transport du Vélocipède au Vélhop.

 
Discours inaugural de M.Alexandre Feltz, adjoint au Maire de Strasbourg et Vice Président de la Communauté Urbaine de Strasbourg
Discours inaugural de Mme Laurence Perry, directrice des archives municipales et communautaires
Démonstration de vélo acrobatique
 



"En selle, du vélocipède au Vélhop" est une exposition à découvrir pour tous jusqu'au 25 Octobre qui vous en apprendra certainement beaucoup sur la culture vélo à Strasbourg. En complément, les archives organisent en septembre et en octobre plusieurs conférences qui viennent compléter l'exposition dont celle de M. Jean Chaumien, fondateur du CADR 67 et de la FUBicy. Plus d'informations sur le site des archives municipales.