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9 mars 2017

L'Autre Salon, l'alternative au salon de l'Automobile de Genève !

Comme chaque année, Genève accueillera du 9 au 19 Mars, l’un des principaux salons de l’automobile du continent, baptisé Geneva International Motor Show. Organisé pour la première fois en 1905, cette 87 ème édition présentera comme à son habitude la grande fête de l’industrie automobile avec son lot de nouveaux modèles « propres », « intelligents » voir « autonomes » des principaux constructeurs, des grosses cylindrées qui n’ont leur place que sur des circuits ou des derniers prototypes délirants que l’on ne verra jamais circuler… 

Tout ce grand raout annuel autour de l’automobile à Genève a donné l’idée en 2009 à quelques personnes non atteintes du virus de l’automobile et se déplaçant pas d’autres moyens de proposer une alternative au salon de l’automobile et d’organiser l’Autre Salon durant la tenue du Salon de l’automobile. 

L’Autre Salon se présente comme un lieu d’échanges et de promotion en faveur de toutes les formes de mobilité dites durables, responsables et actives telles que la marche, le roller, la trottinette et le vélo à l’instar des photos qui illustrent cet article prises à Genève. La manifestation est organisée par de nombreux bénévoles membres d’associations engagées dans la promotion des mobilités durables ou dans la préservation de l’environnement telles que Pro Vélo, ATE, Roue libre, Greenpeace Suisse, Actif trafic, Swiss Folding Society… et soutenue par la Ville de Genève. 


 

L’autre Salon qui s’est doté d’une charte et qui se veut ludique et décalé, organise ainsi chaque année durant le salon de l’auto différentes manifestations, événements, expositions, projections cinématographiques, performances ou conférences gratuites et ouvertes à tous. Les éditions passées ont par exemple éditées un amusant guide intitulé "le salon de l’Otto" à destination des suisses allemands fans de voiture et qui viennent une fois par an à Genève assouvir leur passion motorisée. Dans le même genre, l’Autre salon a également parodié et adapté le concept de Vélib aux piétons.
 
Ainsi ce soir, après l’ouverture officielle et les discours des élus présents, un défilé de chaussures sera proposé. Les animations se poursuiveront jusqu’au 19 Mars avec notamment une bourse aux vélos, une balade à trottinettes décorées ou à pied à la découverte de la campagne genevoise, un Challenge Brompton, un apéro dédicace du dernier livre de Claude Marthaler ou encore une conférence de Vincent Kauffmann, chercheur en sociologie urbaine à l’école polytechnique fédérale de Lausanne intitulée « demain des bouchons de voitures autonomes ». A cela s’ajouteront certainement comme chaque année des actions spontanées sur l’espace public. Les différentes animations officielles ou « sauvages » prouveront une fois encore que l’Autre Salon n’est pas un contre-événement, mais bien un événement de contre-culture…

15 déc. 2016

A tire-d'elles, le livre qui donne, enfin, la parole aux cyclistes féminines !

Claude Marthaler*, cyclonaute que l'on ne présente plus, nous propose avec son dernier ouvrage, « A tire-d'elles », une formidable incursion dans le vélo féminin. Ce livre s’ouvre sur une préface de Lisa Mazzone** qui rappelle en préambule que le vélo permet de croquer la liberté à pleine dents. D’Annie Londonberry, première à avoir réalisé un tour du monde à bicyclette, à Jeannie Longo, plus grande cycliste de l’histoire de ce sport, « A tire-d’elles » dresse le portrait, parfois exceptionnel, de 32 femmes issues de 3 continents et de 14 pays différents. Elles ont toutes des histoires particulières avec le vélo qui écrivent son Histoire. Peu d’entre elles se sont rencontrées ou se connaissent mais toutes parcourent leurs vies à vélo, à coups de pédales rapides et ininterrompus depuis de nombreuses années. L’auteur nous livre des renseignements complémentaires sur son ouvrage en répondant à quelques questions.


I Bike Strasbourg : Comment t’es venue l’idée de ce livre, pourquoi un livre sur les femmes et plus précisément sur les femmes et le vélo?

Claude Marthaler : Peut-être bien que j'avais là réussi (au moins par l'écriture), à réunir enfin ma passion pour les femmes et celle pour le vélo sans devoir faire le grand écart! (rires). Plus sérieusement, le vélo en tant qu'instrument de travail, objet culturel ou artistique me passionne. En me plongeant dans l'histoire de la bicyclette (qui aura 200 ans en 2017), j'ai découvert combien le vélo au féminin a alimenté un débat émotionnel houleux aux Etats-Unis et en Europe à la fin du XIXème siècle, à l'époque des suffragettes. Le vélo a longtemps divisé le corps médical et bousculé le code vestimentaire. La domination du corps féminin par l'homme reste hélas, aujourd'hui encore, un enjeu majeur, à des degrés divers, dans presque toutes les sociétés.

Thématiser le vélo sous l'angle féminin m'a très vite enthousiasmé. J'ai eu envie de soutenir l'interminable combat du « Deuxième Sexe », de mettre en lumière des femmes actuelles qui  sans jamais employer la force, s'engagent avec noblesse. De véritables rôles modèles, qui parfois s'ignorent comme telles, auxquelles je voue tout mon respect.

Car en voyageant, j'ai trop souvent eu l'impression de traverser un pays en n'en côtoyant que sa moitié. Partout dans le monde, j'ai hélas constaté combien les femmes étaient bien trop souvent absentes du domaine public et privées de droits les plus élémentaires, notamment l'accès à l'éducation. L'Américaine Shannon Galpin qui, en réponse à un viol dont elle fut victime à l'adolescence, créa une ONG d'aide aux femmes en Afghanistan. Elle incarne sans doute à elle seule le propos central de mon livre : le droit fondamental des femmes à la liberté. Elle  l'exprime ainsi: « J'investis dans la ressource la plus sous-utilisée du monde: les femmes et les filles en marge ». De nombreuses ONG l'ont d'ailleurs compris et misent sur les femmes, souvent bien plus fiables que les hommes, pour assurer la pérennité de leurs projets de développement.

J'ai voulu donner la parole aux femmes, rendre hommage à leur engagement, à leur créativité, à leur résilience. En Chine, un proverbe dit que « les femmes portent la moitié du ciel ». Tout comme le vélo, elles devraient, en toute légitimité, partager la moitié de la route.


IBS : Comment as-tu rencontré ces personnes ou as-tu eu connaissance de celles décédées ? 

CM : Comme en voyage : en improvisant d'une manière empirique, avec mon flair pour seule méthodologie. J'ai l'esprit fureteur et  rêvais bien sûr de toutes les rencontrer, pour le simple plaisir du partage et afin d'affiner au mieux leur portrait. Je me suis ainsi rendu en Suisse, en France, en Italie, en Angleterre, en Irlande et au Tadjikistan. Le courriel et Skype m'ont permis de franchir plusieurs fois l'Atlantique et d'atteindre l'Afrique. Certaines femmes m'ont témoigné une étonnante confiance en dévoilant leur singulière intimité, d'autres ont préféré rester plus factuelles ou professionnelles. J'ai cherché avant tout à éviter les stéréotypes, à faire éclore leur formidable diversité et mettre en valeur l'originalité de chaque destin.

J'ai une grande admiration pour les pionnières, car elles ont démontré un sacré courage en ouvrant une brèche pour toutes les femmes, à une époque bien plus conservatrice. Il y a une bonne trentaine d'année, j'avais lu « Full Tilt », le merveilleux  récit de voyage à vélo de Dervla Murphy, de son Irlande natale jusqu'à New Delhi, qu'elle effectua en 1963. Je n'imaginais pas alors pouvoir la rencontrer un jour ! Plus tard, alors que je soignais une pneumonie à Lhassa à l'hiver 2007-2008, j'ai découvert l'incroyable histoire d'Annie Londonderry - le livre venait tout juste de paraître - qui a réalisé le premier tour du monde à vélo féminin, en 1894 ! Mon éditeur italien, qui publia le livre du journaliste Paolo Facchinetti, me mit sur la piste d'Alfonsina Strada, la seule femme à avoir disputé le Giro d'Italia, en 1924 (alors qu'on fêtera sa centième édition l'année prochaine). 


Claude Marthaler, lors de son passage à Strasbourg pour la présentation de son documentaire Bike for bread en avril 2013.


IBS : Pourquoi et comment les as-tu sélectionnées?

CM : Je me suis lancé sur une cinquantaine de pistes, dont une part, malgré mon insistance. est restée sans réponse. Ce livre, en forme de florilège, en est donc la résultante. J'ai voulu me  limiter à quatre pionnières, assez pour illustrer une certaine épaisseur historique, car je tenais avant tout à esquisser une perspective d'avenir, insuffler de l'espoir.


IBS : Combien de temps l'écriture du livre t’a-t-elle pris ?

CM : L'idée a germée en 2013. L'année suivante, j'ai publié une série estivale de portraits de femmes entretenant un lien étroit avec la bicyclette dans l'hebdomadaire suisse L'Echo, puis écrit un spécial femmes dans le no 2 de Cycle!magazine. Durant mes recherches, j'ai réalisé à quel point le sujet était bien plus riche que je ne l'avais l'imaginé et, aussi étrange que cela puisse paraître, personne ne l'avait véritablement abordé sous cet angle. J'ai alors proposé à l'un de mes éditeurs l'idée d'un livre dont le thème de travail était alors « La bicyclette est l'avenir de la femme (et inversement) ». C'est aussi avec le soutien de femmes au sein de cette maison d'édition qu'il a pu voir le jour.


IBS : Quel(s) message(s) cherches-tu à passer avec ce livre?

CM : L'écriture de ce livre m'a permis de rencontrer des femmes extraordinaires et d'élargir mon répertoire, jusqu'alors principalement composé de récits de voyage à vélo. La bicyclette est un merveilleux outil de libération au sens plein du terme et, comme le dit Shannon Galpin, « un instrument de justice sociale ». Je forme le vœu que ces portraits de femmes puissent nourrir une fructueuse conversation et soient une source d'inspiration pour les lectrices et les lecteurs.

En complément, Claude présente brièvement différents thèmes mis en avant dans ces portraits (cinéma à vélo, syndrome du cycliste, hébergements pour cyclo-voyageurs, courses d’ultra endurance, cours de vélo pour immigrées…) ce qui renforce la teneur historique et documentaire du livre. Enfin, pour prolonger le voyage dans l’univers du vélo féminin, l’ouvrage est truffé de nombreuses notes renvoyant vers des liens internet, des livres ou des films. Si vous désirez commandez  l'un ou l'autre des ouvrages de l'auteur, dédicacé, vous pouvez directement lui écrire à : cyclonaute[at]gmail.com. Il sera un très beau cadeau de Noël !



*ClaudeMarthaler, né à Genève en 1960, est un cyclonaute passionné et un écrivain qui a passé quelques 16 ans à parcourir la planète à vélo, dont un tour du monde de 7 ans (122'000 km, 60 pays traversés). Son premier livre, « Le Chant des Roues », a obtenu le Prix René Caillié des écrits de voyage en 2003. Son neuvième ouvrage, « Zen où l'art de pédaler », paraîtra aussi aux éditions Olizane, en mars 2017. Il est également l'auteur de deux diaporamas numériques et le co-réalisateur du documentaire « Bike for bread « (2003, 26'). Deux documentaires télévisuels lui ont été consacrés : « La fin du voyage » (2003, 52',) et « Claude Marthaler, embrasser la terre » ( 2015, 70'). Sa passion d'enfant, devenue également son gagne-pain, se confond aujourd'hui, comme les deux roues au cadre de sa bicyclette.


** Née à Genève en 1988, Lisa Mazzone a défendu la cause du vélo à Genève en tant que coordinatrice de l’antenne genevoise de l’association Pro Vélo Suisse de 2010 à 2014 ainsi que dans son engagement pour le parti politique des verts genevois. Elle a siégé au Grand Conseil Genevois de 2013 à 2015 avant de rejoindre la même année, le Conseil National Suisse.

1 déc. 2016

Riese und Müller Load, le biporteur «suspendu» idéal pour un déménagement !

Lors de mon déménagement entre mon ancienne et ma nouvelle résidence secondaire lausannoise, j’ai loué un biporteur très rare en France. Le « Load » du fabricant allemand Riese & Muller est cependant relativement fréquent en Suisse et en Allemagne. Ce choix était une triple première pour moi. Je n’avais auparavant jamais pédalé à Lausanne. De plus, le Load est le seul biporteur du marché a être équipé d'une suspension et la version choisie était équipée d'une assistance électrique effective jusqu’à 45 km/h*. 


La prise en main et les premiers tours de pédales ont été très faciles. Le modèle, qui pèse 33 kg et existe en 4 coloris (blanc, citron vert, cyan et noir graphite mat), se conduit comme tous les autres biporteurs avec assistance. Malgré son aspect sportif et son cadre aux lignes affûtées, la position de conduite est agréable car la potence est réglable en hauteur et en inclinaison. Grâce au bras oscillant actif arrière, à la suspension de roue avant et aux pneus Schwalbe Big Ben (20x2,15 à l'avant et 26x2,15 à l'arrière) vous ne sentez pas, ou beaucoup moins, les inégalités de la route et retrouvez les sensations de confort d'un VTT suspendu.  



Le moteur Bosch Performance Speed qui propose un couple maximal de 60 Nm et la batterie de 500 Wh qui se charge totalement en 4 à 5 heures, rendent encore plus facile et plaisante la conduite du Load, notamment dans une ville au relief fortement accidenté comme Lausanne. Cinq niveaux d’assistance sont disponibles (sans, éco, tour, sport et turbo). Ils se choisissent à partir d'un sélectionneur placé à proximité de la poignée gauche du guidon qui reprennent le jaune vert des pédales . 

Cet accessoire permet également de choisir les informations que vous voulez afficher sur l’écran de contrôle (vitesse maximale, vitesse moyenne, distance cumulée, distance parcourue, heure, autonomie selon le niveau d'assistance sélectionné). Cet écran, amovible, affiche également la vitesse instantanée, le niveau de charge de la batterie et la sollicitation instantanée de la batterie. Elle est équipée d'un témoin lumineux de niveau de charge et peut se charger via une prise classique directement sur le vélo ou en la détachant.


Avec l'assistance effective jusqu'à 45 km/h, vous vous retrouvez rapidement à rouler à plus de 30 km/h, surtout si vous avez sélectionné le niveau d'assistance «Sport» ou «Turbo». De plus, avec les 11 vitesses mécaniques du système Shimano Deore XT, vous trouvez toujours le bon rapport pour avoir un pédalage efficace et ainsi profiter au mieux du coup de pouce de la fée électricité. En descente, j'ai réussi à atteindre la vitesse de 54 km/h et le biporteur collait parfaitement à la route. Le freinage assuré par des freins à disques hydrauliques Tektro à diamétre généreux est heureusement terriblement efficace pour ralentir ou arrêter la bête lancée à pleine vitesse. 

Photo : Hélène Loewenguth.
La plate forme dont la charge maximale conseillée est de 100 kg est aménagée pour le transport de deux enfants grâce à une banquette équipée de deux harnais. A la différence des autres modèles de vélo cargo, les enfants ne voyageront pas assis mais avec les jambes allongées devant eux. Une habitude qui devrait se prendre sans trop de soucis pour de petits trajets. La plate forme est protégée de la pluie et du vent par une capote profilée dont la manipulation n'est malheureusement pas très pratique. 

 
J'ai utilisé ce vélo durant trois jours pour mes déplacements quotidiens ainsi que pour déménager et effectuer près de 60 km. J'en ai profité pour effectuer une mission cargologique intermodale dans une célèbre enseigne suédoise de meubles et d’accessoires pour la maison. Situé à proximité d'une gare à 20 minutes de Lausanne, ce magasin, aux couleurs jaunes et bleues, est facilement atteignable en train** et la combinaison d'un vélo cargo permet de ne pas avoir à porter les achats.





Ce biporteur représentait pour moi le véhicule idéal pour un déménagement, que je souhaitais effectuer sans voiture. Il a parfaitement rempli sa mission. Sa conduite et son assistance étant tellement confortables, il m'a presque fait regretter de ne pas avoir plus d'affaires à déménager. De surcroît, il a parfaitement su s'affranchir des pentes lausannoises que je n'ai pratiquement pas senti. 

Ce modèle existe également en version avec assistance jusqu'à 25 km/h. Il est commercialisé à partir de 5200 €. La version présentée, qui coûte 5800 € vous permettra de rouler et de transporter confortablement des enfants ou des charges sur tous les genres de revêtements. A Strasbourg, le modèle est disponible chez Rustine et Burette. En Suisse romande, il est disponible dans les enseignes de Tandem à Lausanne et Vevey. En ville, les imperfections de la route ou des aménagements cyclables ne seront plus qu'un mauvais souvenir. Les bordures de trottoirs ne représenteront plus un obstacle même avec un chargement. A la campagne, vous n’hésiterez plus à emprunter les petits chemins ou sentiers caillasseux. Avec le Load vous passerez partout et facilement quel que soit le dénivelé !



* Selon la réglementation suisse sur les vélos à assistance électrique, ce vélo est immatriculé. Il doit cependant utiliser les aménagements cyclables et circuler en permanence avec les lumières allumées. De plus, son cycliste doit porter d'un casque.


** Voir ici les conditions d'accessibilité des vélos dans les trains CFF

14 nov. 2016

Le malheureux anniversaire de Cargologie !

C’était il y a un an ! Le lendemain des attentats de Paris qui ont fait 130 victimes dans la soirée du 13 Novembre 2015 se déroulait le Go Go Cargo. Groggy par cette nouvelle, nous avons, avec Esprit Cycles, décidé de maintenir cette manifestation qui célébrait la sortie du livre “Cargologie, le vélo cargo comme alternative à la voiture en ville”. La fréquentation a conforté notre choix de résilience face au terrorisme. L’ambiance néanmoins conviviale et festive n’était pas sans rappeler les courses de vélos cargo qui se déroulaient à Paris ou Copenhague dans les années 1930…

Course de triporteurs dans les années 1930 à Paris. Source : parisienne de photographie.
Course de triporteurs dans les années 1930 à Paris. Source : parisienne de photographie
Course de biporteurs dans les années 1930 à Copenhague. Source : copenhagenize.eu

Il serait prétentieux de dire que le Go Go Cargo a activement participé au développement des vélos cargo à Strasbourg. Cependant, une chose est sûre, les locations et les ventes de biporteurs et de triporteurs des vélocistes strasbourgeois ne se sont jamais portées aussi bien qu'en 2016. Cet engouement se vérifie quotidiennement sur les pistes cyclables de la capitale alsacienne où les vélos cargos sont toujours plus nombreux.












 

Cargologie a été publié pour mettre en avant le développement des vélos cargo et répondre aux questions qui me sont régulièrement posées lorsque je me déplace avec mon triporteur. Est-ce facile à conduire ? L’avez-vous construit vous-même ? Est-ce dangereux pour les enfants ? Combien ça coûte ? Où puis-je en essayer un ?... Les réponses à ces interrogations sont données par la vingtaine de témoignages d’usagers strasbourgeois présents dans le livre et illustrées par les 200 photos prises dans les rues de Strasbourg et d’autres villes européennes.

A ce jour, plus de 180 exemplaires du livre ont été achetés en France et dans d’autres pays notamment en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse et en Belgique. Pour un livre en français traitant d’une thématique très ciblée et qui est uniquement distribué via un blog et quelques magasins spécialisés à Strasbourg (Esprit Cycles, Rustine et Burette, CitiZenBike et à la Maison du vélo), le résultat semble plus que satisfaisant.

Le livre a également été présenté dans diverses manifestations et évènements comme le Nantes Cargo Bikes Meeting, le Berliner Fahrad Show, l’International Cargo Bike Festival de Nimègue ou encore dernièrement le Carvelo Camp qui se déroulait à Berne. L'ouvrage a toujours rencontré un public intéressé et conquis par la richesse et la diversité du livre. Gage de qualité et de sérieux, sachez que pour les strasbourgeois, l’ouvrage est disponible en prêt à domicile à la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNUS). Il est également toujours disponible à la vente à distance.

Exposition cargologique lors du Nantes Cargo Bikes meeting en Juin 2016. Source : Xavier Cadeau / Weelz.fr

Depuis la sortie du livre, j'ai pu également me rendre compte du développement de la Cargologie en Suisse et notamment à Lausanne, ville au relief marqué et réputée peu cyclable. Grâce à des modèles hauts de gamme dont la puissance du moteur peut aller jusqu'à 1000 W et qui délivrent une assistance jusqu'à 45km/h*, de plus en plus de lausannois s'affranchissent du relief de la capitale vaudoise sans voiture.






Un an après la sortie de ce livre, la Cargologie continue à se développer et à faire de nouveaux adeptes. En plus des familles qui représentent une grande majorité des usagers, des entreprises se convertissent au vélo cargo pour livrer des marchandises ou proposer leurs services. Les fabricants diversifient leurs modèles pour s’adapter au mieux à la demande et les services de locations de vélos cargo fleurissent dans de nombreuses villes suisses, allemandes ou autrichiennes. Il n’y a plus de doutes possibles, le vélo cargo est une alternative à la voiture en ville !


* Règlementation concernant les vélos à assistance éléctrique en Suisse.

10 nov. 2016

La vélostation du futur est en service à Berne !

­A Berne, comme dans toutes les villes où le vélo est massivement utilisé et qui disposent d'une offre ferroviaire de qualité, le stationnement dans le secteur de la gare est problématique. La capitale de la Confédération Helvétique, 140 000 habitants (400 000 dans son agglomération), travaille sur cette thématique depuis le début des années 2000. Trois vélostations ont été progressivement mises en service. L'offre n'étant toujours pas suffisante, une quatrième vélostation proposant 1000 places, soit plus que ce que les trois premières proposaient, a été inaugurée en mars 2016.

Astucieusement intégrée dans le sous sol d'un projet immobilier, la vélostation « Schanzenpost », se développe sur 1600 m². Elle est accessible en deux endroits par des ascenseurs et des rampes suffisamment larges pour manœuvrer facilement un tandem ou un biporteur. Plus qu'un simple parking à vélos, elle offre, grâce à la présence du personnel de l'association Bern Rollt et à son local, tous les services que les cyclistes peuvent avoir besoin (petites réparations, nettoyage, vente de pièces de rechanges ou d'accessoires, location de vélos, toilettes....). 


Le personnel, composé d'employés en réinsertion et de réfugiés, est présent de 6h à 22h en semaine et de 8h à 22h le samedi. La vélostation est quant à elle accessible en continu. Elle est vidéo surveillée et bénéficie d'une station de gonflage et de casiers. 770 places sont disponibles sur des rangements à deux niveaux et plus de 200 sur des arceaux classiques. Ils pourraient être, si la demande le nécessite, remplacés par du stationnement à deux niveaux. Deux zones spéciales, situées à proximité du local de réparation, sont réservées l'une au stationnement des vélos spéciaux (biporteurs, triporteurs, remorques, tandems, trikes...) et l'autre aux vélos à assistance électrique. Cette dernière est équipée de prises permettant de recharger les batteries.

 

Les tarifs de cette nouvelle vélostation sont les mêmes que pour les trois autres. Les vingt premières minutes sont gratuites. La journée est à 1 CHF (0,92 €*), les 6 mois à 90 CHF (83 €*) et l'abonnement annuel à 150 CHF (138 €*). Pour inciter les cyclistes à fréquenter cet équipement rapidement, à les fidéliser et ainsi diminuer le stationnement sauvage sur l'espace public à proximité de la gare, la ville a lancé une offre promotionnelle. Elle propose une réduction de 50 % pour les 500 premiers abonnements annuels.

Cette vélostation a coûté un peu plus de 2 millions de francs suisses (1,84 millions d'Euros). Elle a bénéficié de subventions fédérales et cantonales. Le solde de 720 000 CHF (660 000 €) a été pris en charge par l'administration communale, de même que le coût de fonctionnement estimé à 320 000 CHF/an (295 000 €). L'intégration dans un projet urbain, son coût, la prise en compte des différents usages des cyclistes, les services et les tarifs proposés ainsi que sa dimension sociale fait de cette vélostation une structure au service de l'intermodalité et des besoins actuels et futurs des cyclistes de l'ensemble de l'agglomération bernoise.

Un tel équipement doit faire rêver les nombreux cyclistes strasbourgeois qui galèrent tous les jours à trouver une place de stationnement autour de la gare et notamment ceux qui fréquentent le parking souterrain payant de 850 places. Son manque d'entretien est une honte pour une ville qui se vante d'être la capitale française du vélo et représente un sérieux handicap pour conserver son rang de quatrième ville cyclable au monde...


* Conversion des Francs suisses en Euros réalisée sur la base du taux de change en vigueur au moment de la publication de l'article soit 1 CHF= 0,92 €.