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1 févr. 2017

« Des vélos dans la ville », le livre qui illustre comment guérir nos cités…

Le docteur qui photographie les vélos... C'est comme cela que l'on pourrait surnommer Laurent Chambaud, l'auteur du livre « Des vélos dans la ville » paru en Septembre 2016 aux éditions des Presses de l'EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique). Derrière ce titre simple se cache un livre qui illustre par de nombreuses photographies, la présence du vélo dans l’espace urbain et la relation entre ces deux éléments par le prisme de différentes thématiques. 


Bien qu'il ne le pratique qu'occasionellemnt, ce mode de transport a séduit l'auteur, parce qu'il est « un objet particulier, qui nous suit depuis notre enfance. Il est simple, fait partie à la fois de notre quotidien et de notre imaginaire. Il se fond dans le décor. Il est transformable, souvent "customisé" en fonction de la personne qui le possède. Et surtout, c'est une manière d'appréhender notre environnement, nos villes ».

En introduction, l’auteur nous explique comment il a débuté sa quête photographique, s'est pris à son jeu et comment elle lui a fait regarder la ville et le vélo d'une autre manière. Les photos présentées dans cet ouvrage se sont imposées à l'auteur. Il recherche l'originalité, des situations « cocasses, particulières ou représentatives » de la ville qu'il visite et tente de ne pas reproduire les clichés qu'il a déjà pris. A l’instar des photographies qui illustrent cet article et qui sont issues de ma collection personnelle, les plans, souvent larges, intègrent une partie importante du décor urbain dans lequel se trouve le vélo. Parfois le photographe intègre des personnes dans ses clichés ou préfère se focaliser sur un détail qui a attiré son œil…


Pour son ouvrage, il a choisi une sélection qui promène le lecteur du Mexique au Cambodge, de Montréal à Varsovie, en passant par de nombreuses capitales européennes et villes françaises dont Strasbourg et qui permet de goûter à la diversité du vélo dans différentes villes. Cette diversité se traduit dans l'ouvrage par sept chapitres présentant chacun une thématique. Ces chapitres sont introduits par des textes de personnalités plus ou moins connues œuvrant pour le développement du vélo à différentes échelles (Isabelle Lesens, Pierre Serne, Frédéric Heran, Olivier Razemon…).




L'auteur souhaitait une « approche plurielle » (sociologie, urbanisme, journalisme, politique...) et a été très honoré que tous ces activistes acceptent d'écrire quelques lignes pour cet ouvrage. Chacun avait pour mission d'introduire un chapitre et d'écrire en fonction de son thème. Ainsi Isabelle Lesens parle de stationnement, Frédéric Heran traite de l'apprentissage du vélo et des souvenirs d'enfant qu'il provoque. Olivier Razemon s’intéresse à l’usage et à la personnalisation du vélo tandis que Pierre Serne nous prépare à une escapade à vélo


Prenant des photos de vélos depuis de nombreuses années, l'auteur a pu mesurer la pratique différente dans les villes et pense que l'adaptation des villes au vélo est en cours. Il s’est progressivement pris de passion pour cette transformation au point de la partager dans un livre dont un des objectifs est de « diversifier les publications des Presses de l'EHESP et de montrer que la santé publique peut rimer avec un objet (ce livre) qui a également sinon une prétention, du moins une tentative artistique ».






Pour l'auteur ce livre développe également « deux prismes qui participent à une vision large de la santé publique : les questions d'urbanisme et de santé d'une part, les questions de mobilité active et de lutte contre les effets néfastes de la sédentarité d'autre part ». Il poursuit en insistant sur l’intérêt de promouvoir les mobilités actives régulièrement rappelé par l'actualité. « Quand ce n'est pas la pollution, ce peut être la lutte contre le surpoids ou l'obésité, mais c'est aussi la promotion de modes plus conviviaux dans le vivre ensemble. On est je crois, beaucoup moins agressif à vélo qu'en auto, plus ouvert à regarder et participer à son environnement. Et le bien être fait partie de la définition de la santé ! ».



Complétant son propos sur les impacts sanitaire du vélo, il juge la loi de modernisation du système de santé français votée en 2016, comme « un premier pas intéressant  permettant la prescription par le médecin d'un exercice physique adapté en cas de maladie chronique ». Cependant, il ne souhaite pas parler de l'usage du vélo comme un médicament car « les médicaments sont en général des substances toxiques qui peuvent, à des doses bien précises, être bénéfiques ».




Le vélo, et plus globalement l'activité physique, sont à son sens « un facteur de bien être qui  participe à un meilleur équilibre et à une bonne santé mentale. » et regrette que ce lien ne soit pas plus exploré scientifiquement. Depuis la sortie de son livre, Laurent Chambaud a reçu plusieurs photos de vélos insolites venant d'autres personnes. Il souhaiterait développer une « communauté de personnes qui regardent la ville (ou la campagne !) avec ce prisme à deux roues ! ». Bientôt le lancement d'un nouveau blog photographique consacré au vélo ?

15 déc. 2016

A tire-d'elles, le livre qui donne, enfin, la parole aux cyclistes féminines !

Claude Marthaler*, cyclonaute que l'on ne présente plus, nous propose avec son dernier ouvrage, « A tire-d'elles », une formidable incursion dans le vélo féminin. Ce livre s’ouvre sur une préface de Lisa Mazzone** qui rappelle en préambule que le vélo permet de croquer la liberté à pleine dents. D’Annie Londonberry, première à avoir réalisé un tour du monde à bicyclette, à Jeannie Longo, plus grande cycliste de l’histoire de ce sport, « A tire-d’elles » dresse le portrait, parfois exceptionnel, de 32 femmes issues de 3 continents et de 14 pays différents. Elles ont toutes des histoires particulières avec le vélo qui écrivent son Histoire. Peu d’entre elles se sont rencontrées ou se connaissent mais toutes parcourent leurs vies à vélo, à coups de pédales rapides et ininterrompus depuis de nombreuses années. L’auteur nous livre des renseignements complémentaires sur son ouvrage en répondant à quelques questions.


I Bike Strasbourg : Comment t’es venue l’idée de ce livre, pourquoi un livre sur les femmes et plus précisément sur les femmes et le vélo?

Claude Marthaler : Peut-être bien que j'avais là réussi (au moins par l'écriture), à réunir enfin ma passion pour les femmes et celle pour le vélo sans devoir faire le grand écart! (rires). Plus sérieusement, le vélo en tant qu'instrument de travail, objet culturel ou artistique me passionne. En me plongeant dans l'histoire de la bicyclette (qui aura 200 ans en 2017), j'ai découvert combien le vélo au féminin a alimenté un débat émotionnel houleux aux Etats-Unis et en Europe à la fin du XIXème siècle, à l'époque des suffragettes. Le vélo a longtemps divisé le corps médical et bousculé le code vestimentaire. La domination du corps féminin par l'homme reste hélas, aujourd'hui encore, un enjeu majeur, à des degrés divers, dans presque toutes les sociétés.

Thématiser le vélo sous l'angle féminin m'a très vite enthousiasmé. J'ai eu envie de soutenir l'interminable combat du « Deuxième Sexe », de mettre en lumière des femmes actuelles qui  sans jamais employer la force, s'engagent avec noblesse. De véritables rôles modèles, qui parfois s'ignorent comme telles, auxquelles je voue tout mon respect.

Car en voyageant, j'ai trop souvent eu l'impression de traverser un pays en n'en côtoyant que sa moitié. Partout dans le monde, j'ai hélas constaté combien les femmes étaient bien trop souvent absentes du domaine public et privées de droits les plus élémentaires, notamment l'accès à l'éducation. L'Américaine Shannon Galpin qui, en réponse à un viol dont elle fut victime à l'adolescence, créa une ONG d'aide aux femmes en Afghanistan. Elle incarne sans doute à elle seule le propos central de mon livre : le droit fondamental des femmes à la liberté. Elle  l'exprime ainsi: « J'investis dans la ressource la plus sous-utilisée du monde: les femmes et les filles en marge ». De nombreuses ONG l'ont d'ailleurs compris et misent sur les femmes, souvent bien plus fiables que les hommes, pour assurer la pérennité de leurs projets de développement.

J'ai voulu donner la parole aux femmes, rendre hommage à leur engagement, à leur créativité, à leur résilience. En Chine, un proverbe dit que « les femmes portent la moitié du ciel ». Tout comme le vélo, elles devraient, en toute légitimité, partager la moitié de la route.


IBS : Comment as-tu rencontré ces personnes ou as-tu eu connaissance de celles décédées ? 

CM : Comme en voyage : en improvisant d'une manière empirique, avec mon flair pour seule méthodologie. J'ai l'esprit fureteur et  rêvais bien sûr de toutes les rencontrer, pour le simple plaisir du partage et afin d'affiner au mieux leur portrait. Je me suis ainsi rendu en Suisse, en France, en Italie, en Angleterre, en Irlande et au Tadjikistan. Le courriel et Skype m'ont permis de franchir plusieurs fois l'Atlantique et d'atteindre l'Afrique. Certaines femmes m'ont témoigné une étonnante confiance en dévoilant leur singulière intimité, d'autres ont préféré rester plus factuelles ou professionnelles. J'ai cherché avant tout à éviter les stéréotypes, à faire éclore leur formidable diversité et mettre en valeur l'originalité de chaque destin.

J'ai une grande admiration pour les pionnières, car elles ont démontré un sacré courage en ouvrant une brèche pour toutes les femmes, à une époque bien plus conservatrice. Il y a une bonne trentaine d'année, j'avais lu « Full Tilt », le merveilleux  récit de voyage à vélo de Dervla Murphy, de son Irlande natale jusqu'à New Delhi, qu'elle effectua en 1963. Je n'imaginais pas alors pouvoir la rencontrer un jour ! Plus tard, alors que je soignais une pneumonie à Lhassa à l'hiver 2007-2008, j'ai découvert l'incroyable histoire d'Annie Londonderry - le livre venait tout juste de paraître - qui a réalisé le premier tour du monde à vélo féminin, en 1894 ! Mon éditeur italien, qui publia le livre du journaliste Paolo Facchinetti, me mit sur la piste d'Alfonsina Strada, la seule femme à avoir disputé le Giro d'Italia, en 1924 (alors qu'on fêtera sa centième édition l'année prochaine). 


Claude Marthaler, lors de son passage à Strasbourg pour la présentation de son documentaire Bike for bread en avril 2013.


IBS : Pourquoi et comment les as-tu sélectionnées?

CM : Je me suis lancé sur une cinquantaine de pistes, dont une part, malgré mon insistance. est restée sans réponse. Ce livre, en forme de florilège, en est donc la résultante. J'ai voulu me  limiter à quatre pionnières, assez pour illustrer une certaine épaisseur historique, car je tenais avant tout à esquisser une perspective d'avenir, insuffler de l'espoir.


IBS : Combien de temps l'écriture du livre t’a-t-elle pris ?

CM : L'idée a germée en 2013. L'année suivante, j'ai publié une série estivale de portraits de femmes entretenant un lien étroit avec la bicyclette dans l'hebdomadaire suisse L'Echo, puis écrit un spécial femmes dans le no 2 de Cycle!magazine. Durant mes recherches, j'ai réalisé à quel point le sujet était bien plus riche que je ne l'avais l'imaginé et, aussi étrange que cela puisse paraître, personne ne l'avait véritablement abordé sous cet angle. J'ai alors proposé à l'un de mes éditeurs l'idée d'un livre dont le thème de travail était alors « La bicyclette est l'avenir de la femme (et inversement) ». C'est aussi avec le soutien de femmes au sein de cette maison d'édition qu'il a pu voir le jour.


IBS : Quel(s) message(s) cherches-tu à passer avec ce livre?

CM : L'écriture de ce livre m'a permis de rencontrer des femmes extraordinaires et d'élargir mon répertoire, jusqu'alors principalement composé de récits de voyage à vélo. La bicyclette est un merveilleux outil de libération au sens plein du terme et, comme le dit Shannon Galpin, « un instrument de justice sociale ». Je forme le vœu que ces portraits de femmes puissent nourrir une fructueuse conversation et soient une source d'inspiration pour les lectrices et les lecteurs.

En complément, Claude présente brièvement différents thèmes mis en avant dans ces portraits (cinéma à vélo, syndrome du cycliste, hébergements pour cyclo-voyageurs, courses d’ultra endurance, cours de vélo pour immigrées…) ce qui renforce la teneur historique et documentaire du livre. Enfin, pour prolonger le voyage dans l’univers du vélo féminin, l’ouvrage est truffé de nombreuses notes renvoyant vers des liens internet, des livres ou des films. Si vous désirez commandez  l'un ou l'autre des ouvrages de l'auteur, dédicacé, vous pouvez directement lui écrire à : cyclonaute[at]gmail.com. Il sera un très beau cadeau de Noël !



*ClaudeMarthaler, né à Genève en 1960, est un cyclonaute passionné et un écrivain qui a passé quelques 16 ans à parcourir la planète à vélo, dont un tour du monde de 7 ans (122'000 km, 60 pays traversés). Son premier livre, « Le Chant des Roues », a obtenu le Prix René Caillié des écrits de voyage en 2003. Son neuvième ouvrage, « Zen où l'art de pédaler », paraîtra aussi aux éditions Olizane, en mars 2017. Il est également l'auteur de deux diaporamas numériques et le co-réalisateur du documentaire « Bike for bread « (2003, 26'). Deux documentaires télévisuels lui ont été consacrés : « La fin du voyage » (2003, 52',) et « Claude Marthaler, embrasser la terre » ( 2015, 70'). Sa passion d'enfant, devenue également son gagne-pain, se confond aujourd'hui, comme les deux roues au cadre de sa bicyclette.


** Née à Genève en 1988, Lisa Mazzone a défendu la cause du vélo à Genève en tant que coordinatrice de l’antenne genevoise de l’association Pro Vélo Suisse de 2010 à 2014 ainsi que dans son engagement pour le parti politique des verts genevois. Elle a siégé au Grand Conseil Genevois de 2013 à 2015 avant de rejoindre la même année, le Conseil National Suisse.

20 mars 2014

BSG Bikes, une gamme de vélo bois et acier unique.


Près d'un an après l'annonce de la sortie du prototype de vélo en bois réalisé par la jeune entreprise strasbourgeoise BSG Bikes et juste avant le lancement de leur commercialisation, I Bike Strasbourg vous propose d'en savoir un peu plus sur ces vélos. 

               

Thierry Boltz l'un des trois associés de BSG expose dans cette interview la genèse de la marque BSG, ses différentes créations dont le fameux WOOD.b, vélo en bois distingués par le prix du Maire de la ville de Strasbourg au concours Lépine de la Foire européenne en septembre 2013.

 
Qui se cache derrière les trois lettres BSG? 

Trois personnes : Thierry Boltz, Claude Saos et Etienne Grandgeorges


Comment êtes vous devenu fabricant de vélo à Strasbourg?

Claude et moi sommes designers, après avoir monté le magasin Velojob et travaillé avec Philippe Angot durant 18 mois, suite à certains événements, j'ai repris de l'indépendance. J'avais un projet de vélo bois dans mes cartons. J'en ai parlé à Claude avec qui j'avais déjà trois années de travail en commun. Il a été partant de suite, nous avons donc créé le WOOD.b et l'aventure BSG a démarré...J'ai souhaité rapidement lui joindre des petits frères. Les vélos "acier" BSG ne sont pas fabriqués en France comme le sera le WOOD.b mais je les ai entièrement configuré "à ma sauce" dans un esprit "vintage" en sollicitant un fabricant allemand avec lequel j'avais déjà travaillé. Nous ne faisons que des vélos "à la carte" montés de A à Z dans l'atelier du magasin Espace Cycles à Strasbourg.


Pourquoi utilisez-vous l'acier et le bois pour vos cadres?

L'acier est un matériau efficace, écologique, recyclable et très agréable pour un cadre de vélo, le bois en multiplis tel qu'on l'utilise sur le WOOD.b apporte du confort, absorbe les chocs et est très résistant, c'est aussi recyclable facilement.


Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vos vélos WOOD.b?

Le modèle WOOD.b est certainement le seul vélo en bois à être entièrement personnalisable, nous avons créé 4 modèles de base mais l'idée est de personnaliser entièrement le vélo avec le client. Nous choisissons les composants ensemble, la teinte, etc...C'est un peu comme chez un artisan cadreur !



Avez-vous déjà eu des commandes?

Je fini le développement avec des ingénieurs français afin qu'il passe les normes. Il va être très prochainement "achetable". Nous avons déjà de nombreuses pré commandes. Nous en reparlerons dans quelques mois...
Roland Ries, Maire de Strasbourg et Alexandre Feltz, Vice président communautaire à la santé testent les WOOD.b. Source: https://www.facebook.com/roland.ries.strasbourg

Pourquoi votre gamme acier est limitée à 36 exemplaires par modèles et numérotés?

Cela nous permettra de pouvoir renouveler et changer régulièrement nos modèles. Je n'ai jamais réalisé d'objets en grande série en tant que designer, Claude non plus...c'est un choix !

Mont-Blanc, 1360 €. Existe également en modèle femme.
Roadster, 690 €
D'où vous vient l'inspiration pour vos vélos?

Pour le WOOD.b, c'est comme tout objet dessiné, sa conception a induit une certaine forme. Ensuite les solutions techniques trouvées tout au long du projet ont fait qu'il ressemble à ce qu'il est aujourd'hui. Son design est le résultat d'un ensemble de contraintes mais bien aussi d'un choix esthétique. Pour la gamme acier, mon goût pour les anciens vélos apparaît facilement non ?


Single malt, 1190 €
Black Betty, 1190 €

Comment procédez-vous pour la réalisation de vos vélos?

C'est assez complexe pour le WOOD.b, cela se passe entre l'Est et le Sud de la France, ensuite cela sera rapatrié à Strasbourg pour l'assemblage final ! (pour les détails, vous pouvez consulter le brevet déposé...)


Quel public visez-vous avec vos vélos ?

Nous visons un public d'amateurs de la petite reine bien sûr. Des gens qui veulent un beau et bon vélo qui ne ressemble pas à celui du voisin. Le WOOD.b s'adresse à des gens plus aisés (NDLR : le modèle en bois le moins cher est à 3000 €). D'après nos contacts ce sont des gens sensibles au design, à l'architecture, à l'art mais aussi aux belles automobiles !


Quelles sont les perspectives de développement de BSG Bikes et les nouveautés pour 2014 ?

Nous souhaitons trouver des partenaires en France et réussir à intégrer les nombreux pays où nous avons déjà eu de fortes demandes...Les nouveautés se feront d'elles même au fil des séries limitées !


BSG débute son histoire avec une gamme de vélos très diversifiée qui répond à des pratiques et bourses différentes. L'intégralité de la gamme est visible et disponible dans le magasin Espace Cycles situé 17 rue de la Brigade Alsace Lorraine à Strasbourg où Philippe, le boss, se fera un plaisir de vous recevoir et de répondre à vos questions sur les vélos BSG ou des autres marques qu'il propose. Strasbourg Cycle Chic organisera également début mai un événement autour des vélos BSG dont le blog vous reparlera bientôt.

18 déc. 2013

Angot, les vélos intemporels qui partent à la conquête du monde.

Philippe Angot, créateur de la marque Cycles Angot est devenu en moins de 2 ans un acteur incontournable de la culture vélo à Strasbourg. Il propose des vélos «à l'ancienne» au style raffiné et unique qui rencontrent un grand succès en France et ailleurs dans le monde. I Bike Strasbourg vous permet aujourd’hui d’en savoir un peu plus sur cette marque, ses origines, son développement et ses perspectives.


Qui êtes-vous Philippe Angot ?

J’ai une formation d’ingénieur. J’ai travaillé durant de nombreuses années dans l'industrie de l'aluminium, du carbone kevlar et de l'acier. J'ai sillonné l'Europe entière pour le compte de grands groupes. A un moment donné, je souhaitais créer quelque chose de mes propres mains. Je suis très intéressé par tout ce qui se déplace, les avions, l'automobile, les bateaux et particulièrement le vélo, raison pour laquelle j'ai ouvert un magasin de vélo il y a deux ans.

Philippe Angot dans son show room du quartier de la Krutenau à Strasbourg.

Comment êtes vous devenu fabriquant de vélos à Strasbourg?

J'ai commencé en 2011 par importer pour mon magasin à Strasbourg des vélos de différents fabricants (Viva, Van Moof, Bullitt, Victoria...) puis rapidement j'ai décidé de créer mes propres vélos.


Pourquoi proposer des vélos «à l'ancienne»?

Je qualifie mes vélos d'intemporels. J'utilise des lignes très classiques en intégrant des éléments modernes pour rendre le produit plus agréable. J'ai comme référence les vélos de mes parents et grands parents qui achetaient un vélo et qui le conservaient durant plusieurs décennies.


D'où vous vient l'inspiration pour vos vélos?

L'inspiration vient à la fois des vélos français d'antan de marque réputées comme Peugeot ou Hirondelle et de mes divers voyages en Europe.


Comment procédez-vous pour la réalisation d'un modèle?

Je pars toujours d'une base reposant sur un cadre acier esthétique. Puis, je cherche des composants fabriqués en France ou en Europe qui s'harmonisent le mieux possible au cadre et répondent à un exigeant cahier des charges que je m'impose afin que mes vélos puissent rouler le plus longtemps possible.






Pourquoi est ce que vous appelez vos modèles par des prénoms?

Je suis père de deux garçons. Les premiers vélos que j'ai dessinés étaient des modèles hommes. Comme je passe beaucoup de temps à travailler je me suis dit que cela pouvait être un bel hommage de donner à ces premiers modèles les prénoms de mes fils. Par la suite, j’ai décidé de continuer à nommer la quasi totalité de mes vélos par des prénoms afin de les rendre encore un peu plus humains.


Vous réalisez également de nombreux accessoires pour équiper vos vélos, pourquoi?


Il est important pour moi de pouvoir proposer des accessoires adaptés au type de vélo que je vends. L'inspiration est parfois ancienne. Autrefois on utilisait une sacoche de selle pour y mettre des outils. Aujourd'hui on a plus besoin de transporter des outils parce que les vélos sont fiables. En revanche, on ne trouve souvent pas de place spécifique pour son antivol. J'ai donc détourné la sacoche de selle d'antan pour la proposer à un format pouvant recevoir un antivol pliant.


Quelle est la marque de fabrique des Cycles Angot?

La particularité principale de mes vélos est que les jantes sont peintes de la même couleur que le cadre. Mes cycles utilisent uniquement des systèmes de vitesses intégrées au moyeu dans un soucis de confort, d'esthétisme et afin de nécessiter le moins d'entretien possible.


Avez-vous rencontré des difficultés au démarrage de votre activité. Si oui lesquelles?

Il est important pour moi de créer un vélo avec une identité française. Malheuresement l'industrie française du cycle est très faible. J'ai donc du faire appel à des entreprises allemandes pour la réalisation de mes vélos. 









Vous proposez également une assurance pour le vol de vélo, pourquoi et comment avez-vous mis en place ce dispositif?


La première année de commercialisation des cycles Angot, j'incluais dans le prix une assurance contre le vol. Je souscrivais l'assurance avec le numéro de série du vélo et la personne repartait avec une assurance contre le vol. Aujourd'hui, je ne propose plus d'office cette assurance car je me suis rendu compte que les nombreux cycles Angot que j'ai vendu n'ont fait l'objet d'aucuns vols.


Certains clients me disent que c'est parce que leurs montures dorment dans des endroits sécurisés (cave, garage, parking surveillé...). Mais il y a également des cycles Angot qui passent la nuit dehors à Strasbourg et qui n'ont jamais eu de problèmes. Je pense que les cycles Angot sont trop reconnaissables pour être volés. Un voleur cherche à passer le plus inaperçu possible et vole préférablement un vélo classique.


Pouvez-vous nous dresser un premier bilan de votre activité depuis la création de Cycles Angot ?


En 2011, lorsque je commercialisais uniquement des vélos d’autres marques, le chiffre d'affaire était très bon. Il a diminué en 2012 car je ne proposais plus que mes vélos. C'est normal car il faut du temps pour imposer une marque et la développer. Mais aujourd'hui, vous pouvez trouver des cycles Angot en Finlande, en Suède, en Angleterre, en Suisse, en Belgique au Japon et dans plus d'une quinzaine de revendeurs répartis dans les principales grandes villes françaises. L’activité est en plein développement en France et à l’international.


Quelles sont les perspectives de développement et les nouveautés pour 2014 ?

Je prépare actuellement un vélo avec cadre classique et assistance électrique. Je cherche à ce qu'il soit le plus fiable possible et qu'il soit encore utilisable dans 10 ans ou 15 ans. J'ai enfin trouvé un fabriquant qui me garantit le fonctionnement de ses batteries pour au moins une décennie. En complément, je travaille également sur un modèle de course à l'ancienne et réfléchis à une version revisitée du Long John...


Avec de tels projets, I Bike Strasbourg vous reparlera sans doute bientôt des Cycles Angot. En attendant, n'hésitez pas à rendre visite à Philippe dans son show room situé 58 rue de Zurich à Strasbourg pour découvrir de vos propres yeux ses modèles et échanger avec leur créateur. Vous pouvez également vous renseigner sur la nouvelle version du site internet des Cycles Angot mise en ligne hier...

2 sept. 2013

Préscriptions médicales de vélo à Strasbourg, premier bilan.

I Bike Strasbourg vous propose aujourd’hui de découvrir le premier bilan de l’opération «Sport-santé sur ordonnance» grâce à une interview de M. Alexandre Feltz, Vice Président de la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) en charge de la santé. En sa compagnie, nous reviendrons sur cette expérimentation novatrice et unique en son genre, sur le rôle du vélo dans cette opération ainsi que sur ses premiers résultats.

I Bike Strasbourg : Pouvez-vous vous présenter ?

Alexandre Feltz: Je suis médecin généraliste installé dans le quartier de la gare à Strasbourg depuis près de 20 ans. Je suis très engagé dans des associations de prévention du sida ou de la toxicomanie. J'ai également beaucoup travaillé sur l'accès au soin et la précarité.

Je me suis engagé en politique en 2008 quand Roland Ries, alors tête de liste socialiste aux élections municipales de Strasbourg, a ouvert un tiers de sa liste à la société civile. Je représente la société civile, je ne suis pas adhérant à un parti politique. Je suis aujourd'hui vice président de la Communauté Urbaine de Strasbourg en charge de la santé. Ce mandat me permet de poursuivre différement mon engagement pour l'accès au soin et à la santé publique.

Alexandre Feltz dans son bureau de vice président de la CUS
IBS : Pouvez-vous nous expliquer les raisons du lancement de prescriptions médicales d’activités physiques?

AF: L'opération « Sport-santé sur ordonnance à Strasbourg » a été lancée en décembre 2012 pour une durée expérimentale d'un an. Elle est issue de 2 constats. Le premier est que de nombreuses études ont démontré que l'activité physique est le meilleur médicament pour de nombreuses pathologies. On recommande 30 minutes d'activité physique par jour qui peuvent être découpées en 3 séances de 10 minutes.

Le second est que sur la ville de Strasbourg, comme dans beaucoup d'autres villes, 75% de la population n'effectue pas ce temps d'exercice minimum. L'idée est de permettre aux gens qui sont sédentaires et malades de pratiquer une activité physique adaptée à leur pathologie.


120 médecins participent à l'opération «Sport-santé sur ordonnance».


IBS : Comment cette opération s'est mise en place et quels sont vos partenaires ?

AF: Il y a plus de 120 médecins généralistes qui participent à l'opération sur la ville de Strasbourg. Ils orientent les patients pouvant être soignés par une activité physique vers un éducateur sportif. Celui-ci les reçoit individuellement et définit avec eux une pratique (prêt d'un Vélhop, marche nordique, gymnastique, aviron, natation, taichi, yoga...) qui sera encadrée si nécessaire par une association ou un club.

Ce dispositif est gratuit grâce à l'engagement financier de tous les partenaires du contrat local de santé (Agence régionale de Santé, Etat, CPAM du Bas-Rhin, Hôpitaux universitaires de Strasbourg, Conseil Général.... ).


IBS: Comment vos confrères médecins ont-ils réagi à cette annonce ?

AF: Les médecins ont très bien réagi puisque cette opération répond à un réel besoin sanitaire et social. Pour eux, ce dispositif permet d'aller plus loin que de rappeler uniquement certaines règles hygiéno-diététiques (manger sainement, ne pas fumer, faire un minimum d'exercice...). Il permet une mise en place et un suivi du respect de ces règles. C'est donc une avancée importante pour les médecins et pour les patients.


Le vélo est un vrai médicament.


IBS: Pourquoi le vélo est-il prescrit pour certaines pathologies ?

AF: L'utilisation normale et régulière du vélo est recommandée pour de nombreuses pathologies telles que l'obésité, les maladies cardio-vasculaires, ou encore le diabète car cette activité permet d'augmenter le rythme cardiaque de façon progressive et régulière. Il faut que le cycliste puisse parler tranquillement à la limite de l'essoufflement et de la transpiration pendant qu'il pédale.

Le vélo est également recommandé aux gens qui souffrent de petits problèmes articulaires parce que marcher peut entrainer une surcharge sur les articulations. Le vélo est un vrai médicament !


IBS : Comment les patients réagissent-ils quand vous leur prescrivez de pédaler plutôt que de prendre des médicaments ?

AF: Au début, ils sont très surpris et n'y croient pas! Cela leur semble tellement miraculeux et simple. Ensuite, ils adhèrent assez facilement à la démarche. Cette opération change la vie des gens. Les patients vont mieux, bougent, perdent du poids, sont en meilleure forme. Grâce au vélo, ils économisent de l'argent car ils peuvent désormais s'affranchir d'une voiture. Ils gagnent également du temps car à Strasbourg ce mode de déplacement est le plus pratique sur des distances inférieures à 5 km.
Alexandre Feltz se déplace quotidiennement avec son Velhop
IBS : Quels obstacles à la pratique du vélo rencontrez-vous ?

AF: On s'est rendu compte qu'une grande majorité des gens qui ont des revenus faibles et qui appartiennent aux catégories socio-professionnelles défavorisées ne savent pas faire de vélo. Dans les prescriptions qu'on a réalisées, près de que 80 % des gens ne savaient pas faire de vélo. Ils n'ont jamais su parce qu'ils viennent de pays où le vélo n'est pas considéré comme un mode de déplacement. Certains ont également une image négative du vélo ou ne veulent plus en faire suite à un accident ou a une mauvaise expérience. Pour diminuer ces obstacles, nous avons développé le concept d' «école sport santé» pour des adultes malades afin de leur apprendre à faire ou refaire du vélo et de la natation.


Demain nous irons vers un monde avec moins de médicaments et une meilleure santé.


IBS : Pouvez-vous nous dresser un premier bilan de cette opération ?

L'opération «Sport Santé sur ordonnance à Strasbourg»  a eu une couverture médiatique nationale et internationale extraordinaire (Ndlr: tapez «sport sur ordonnance à Strasbourg» sur votre moteur de recherche préféré, vous verrez le nombre impressionnant d'articles sur le sujet). Avec 120 médecins participants, 300 ordonnances réalisées et 250 patients qui bénéficient du programme, l'opération est un franc succès. Valérie Fourneyron, Ministre des sports est également venue à Strasbourg mettre en valeur le dispositif.

Une évaluation de l'état de santé des patients est en cours. Deux internes des hôpitaux de Strasbourg travaillent sur les impacts de cette opération. Enfin, les patients redécouvrent le lien social, la confiance en soi et la sensation de mieux être. Nous voulions démontrer que nous pouvions inciter des malades sédentaires à pratiquer une activité physique. Demain nous irons vers un monde avec moins de médicaments et une meilleure santé.


IBS : Quelles suites souhaitez-vous donner à cette initiative ?

AF: Cela ne dépend pas de moi, mais du Maire de Strasbourg, Roland Ries et de nos différents partenaires. Nous réfléchissons actuellement à un prolongement de l'opération à une couverture géographique plus large que la ville de Strasbourg ainsi qu'à l’extension à d'autres pathologies. 



I Bike Strasbourg remercie chaleureusement M.Alexandre Fletz d'avoir répondu à ces questions et espère voir cette mesure simple et efficace pérennisée et étendue en 2014.