La première course de vélos cargo à Copenhague a eu lieu en 1942. Elle
a été organisée par un prêtre qui avait décidé d'honorer les nombreux livreurs
à vélo de la capitale danoise. Ils étaient surnommés «Svajer» (balancement en
danois) en raison du mouvement qu'ils faisaient avec leurs vélos lorsqu'ils
étaient lourdement chargés. La course s’est ainsi appelée Svajerlob (lob
signifie course en danois) et est devenue progressivement très populaire. De
nombreux spectateurs venaient assister à cette épreuve qui couronnait «le Roi
de Copenhague» qui était le livreur le plus rapide dans les rues de la capitale danoise. Le transport par vélo étant progressivement remplacé par les
véhicules motorisés, le dernier Svajerlob s'est disputé en 1960.
C’était sans compter sur une poignée de passionnés dont Hans «Bullitt»
Fogh, l'un des deux gérants de la marque Larry vs Harry qui commercialise le
Bullitt, le biporteur le plus courant dans les rues de Copenhague. C'est en
2008, que Hans découvre dans un musée une vieille affiche du Svajerlob. Des
recherches lui permettront de découvrir l'histoire ainsi que des photos de cet
événement oublié. Il décide alors avec quelques amis de faire renaître cet
événement afin de montrer que le vélo cargo est de retour en ville ! Le premier
Svajerlob de « l’ère moderne » a été organisé en 2009. Il se déroule
depuis 2010 au sein du site historique de la brasserie Carlsberg, situé à
quelques minutes à vélo du centre de Copenhague dans le quartier de Vesterbro.
La coutume veut que l’événement commence par remercier le «Svajer of
the year», une personne qui a activement œuvré pour le développement des vélos
cargo ou plus généralement du vélo. Cette année s’est Morten Kabell, élu en
charge de la mobilité et de l’environnement de la ville de Copenhague, depuis
2014 et pour quelques mois encore*,
qui s’est vu remettre ce titre. Les organisateurs ont ainsi voulu le remercier
d'avoir dédié une grande partie de son mandat à l'aménagement de nouvelles
infrastructures cyclables et d'avoir œuvré pour que Copenhague investisse plus de 52
millions d'euros pour le développement du vélo entre 2014 et 2016.
Ils ont également salué son engagement permanent qui, même dans la
capitale mondiale du vélo, a rencontré de nombreuses oppositions de la part des
automobilistes. En guise de cadeau,
l'élu s'est vu remettre un livre intitulé « The ABCycling, a guide in how to bicycle in Beirut ». Ce cadeau avait pour but de lui montrer un
exemple radicalement opposé de ce qui a été réalisé depuis plusieurs décennies
à Copenhague et de lui rappeler que les infrastructures cyclables ne doivent
pas être prises pour acquises définitivement.
Après cet hommage et de chaleureux applaudissements du
public, le Svajerlob 2017 a débuté dans des conditions climatiques parfaites.
Son principe est très simple. Pour les hommes et femmes
qui concourent en biporteurs, dont certains en «single speed», des séries de 5
à 6 participants ont lieu en début d'après-midi. Les deux premiers de chaque
série sont qualifiés pour les demi-finales. Les trois premiers de chaque
demi-finale s'affrontent ensuite en finale. Pour les autres catégories où les
«Svajer» sont moins nombreux (triporteurs et vélos cargo vintage de type Short
John ou Long John), le classement était réalisé sur une course.
La course se déroulait sur 4 tours d'un circuit de 400 m qui comprenait
quelques virages dont deux épingles ainsi qu'une montée et une descente. A la
fin du premier tour, les participants devaient obligatoirement passer par
« l'aire de chargement » pour embarquer deux pneus de voitures, un
sac de sable pesant une vingtaine de kilos, ainsi qu'un cube de polystyrène
d'une trentaine de centimètres de côté. Ils devaient effectuer les trois
derniers tours avec ce chargement sans perdre un élément.
![]() |
| Départ de la course des Short John. |
![]() |
| Départ de la course des triporteurs |
Cette année, deux strasbourgeois se présentaient sur la ligne de départ. Brice Scheibling, gérant d'Esprit Cycles, principal revendeur de vélos cargo strasbourgeois et le rédacteur de ces lignes. Brice concourait dans la catégorie des biporteurs sur un Douze Cycles. Il s'est classé troisième d'une série au niveau très relevé. En effet, de nombreux coursiers professionnels danois participent au Svajerlob qui représente pour eux une sorte de championnat national. De mon côté, j'ai pris part à la course vintage au guidon de mon triporteur Christiania Bikes qui effectuait une sorte de pèlerinage dans la ville où il a été construit et où des milliers de ses semblables circulent quotidiennement. J'ai fini troisième en affrontant des adversaires qui évoluaient sur des Long John, plus vieux, mais moins lourds que mon trois roues.
Si l'ambiance est conviviale et décontractée, elle change radicalement
lorsque l'on se retrouve sur la ligne de départ. L'engagement durant les
courses est total et «ça envoie du gros» sur le circuit. Quelques participants
sont d'ailleurs partis à la faute sur le parcours gratifiant les spectateurs de
quelques chutes spectaculaires, heureusement sans gravité.
L'après-midi s'est terminé par les finales femmes, hommes et du relais. Cette dernière voit s'affronter des équipes mixtes roulant sur le même vélo que ce soit un biporteur ou un triporteur. Le premier pilote part pour un tour « à vide ». A l'issu de son tour, il laisse le guidon à un coéquipier pendant que les deux autres déposent les mêmes charges que pour les courses individuelles dans le vélo de son équipe. Les trois derniers tours sont réalisés avec le lest par les autres relayeurs. Les passages de relais sont très engagés car les pilotes pédalant à fond, freinent, ou plutôt, dérapent au dernier moment pour donner le vélo à leurs successeurs. Après s'être rapidement mis en selle, le nouveau relayeur est poussé par les membres de son équipe afin de lui donner de la vitesse.
L'après-midi s'est terminé par les finales femmes, hommes et du relais. Cette dernière voit s'affronter des équipes mixtes roulant sur le même vélo que ce soit un biporteur ou un triporteur. Le premier pilote part pour un tour « à vide ». A l'issu de son tour, il laisse le guidon à un coéquipier pendant que les deux autres déposent les mêmes charges que pour les courses individuelles dans le vélo de son équipe. Les trois derniers tours sont réalisés avec le lest par les autres relayeurs. Les passages de relais sont très engagés car les pilotes pédalant à fond, freinent, ou plutôt, dérapent au dernier moment pour donner le vélo à leurs successeurs. Après s'être rapidement mis en selle, le nouveau relayeur est poussé par les membres de son équipe afin de lui donner de la vitesse.
![]() |
| Départ de la finale homme. |
L’événement prend une dimension européenne depuis quelques années avec
des participants venant de tout le Danemark, de la Suède voisine, de nombreux
allemands mais aussi quelques hollandais, belges et anglais. Les danois
apprécient beaucoup que des étrangers viennent participer et partager cette
fête du vélo cargo. Cette année encore, ils ont remporté les courses de
biporteurs hommes et femmes ainsi que le relais sur des Bullitts et conservent
ainsi le titre de «Roi et Reine de Copenhague». Après les podiums, célébrés
comme il se doit par des gerbes de bières, et une photo souvenir immortalisant
tous les participants et quelques démonstrations acrobatiques de ce que l'on peut faire avec un vélo cargo, les barrières du circuit ont été facilement et
rapidement rangées avec l'aide des nombreux cargos présents.
| Podium sacrant le Roi de Copenhague 2017. |
![]() |
| Podium sacrant la Reine de Copenhague 2017. |
![]() |
| Podium du relais. |
![]() |
| Wow, wheeling avec un Bullitt ! |
![]() |
| 3 "Svajers" sur la plateforme d'un Omnium... Peut être une nouvelle idée de relais pour l'édition 2018 ? |
La fête s'est ensuite prolongée jusqu'en milieu de soirée autour de
quelques bières, danoises bien sûr, à quelques pas du circuit. Cette verrée a
été l'occasion de refaire les courses, de discuter technique, usage et
développement des vélos cargo et de se donner rendez-vous l'année prochaine
pour une revanche !
* Il rejoindra à partir de janvier 2018, la société Copenhagenize, spécialisée dans le
développement du vélo.







































mais pourquoi transporter des pneus de voiture? Cela ne sert à rien une voiture!
RépondreSupprimer