Après nous avoir fait découvrir,
le vélo à Key West et New York, Pierre Hanauer, nous emmène cette
fois à l'autre bout du monde, au pays du soleil levant. Forts d'une
tradition cyclable qui ne s'est pas perdue au fil des années, malgré
une industrie automobile de dimension mondiale, de nombreux japonais,
jeune ou vieux, hommes ou femmes utilisent le vélo pour se déplacer.
Ayant
pédalé notamment à Tokyo et Kyoto, Pierre a pu se rendre compte
des différences d’aménagements de ces deux mégalopoles, le
réseau cyclable étant plus développé dans la seconde. Il compare
les aménagements et l'usage du vélo des deux plus grandes villes
japonaises à Paris et Strasbourg, sauf que contrairement à la
capitale française toutes
les voiries secondaires de Tokyo sont adaptées pour faire du vélo
en toute sécurité (circulation apaisée, absence de stationnement
de surface...).
Pour
encourager la pratique du vélo à des fins de loisirs, la ville de
Tokyo ferme à la circulation automobile, tous les dimanches,
les axes routiers qui ceinturent les jardins du Palais Impérial de
Tokyo.
Cyclistes
en famille, coureurs ou marcheurs s'approprient alors les 2*3 voies
de circulations de cette boucle de 5 km située au centre ville.
De
très nombreuses aires de stationnement, qu'elles soient sur l’espace
public ou dans les hall d'immeubles sont uniquement délimitées au
sol par un marquage et ne bénéficient pas d'un point fixe pour
attacher son vélo. De plus, une très grande majorité des cyclistes
japonais cadenassent uniquement leurs montures à l'aide d'un bloc
roue. Une situation qui semble impensable en Europe ! Seuls
quelques parkings plus importants dans les centres villes ou à
proximité des gares disposent d'équipements pour fixer son vélo.
Ces derniers étant généralement payants.
Comme
dans d'autres pays, les japonais utilisent le vélo pour transporter
des marchandises ou des animaux et se déplacer avec des enfants dont
de nombreux, à la manière d'un vélo cargo, installés dans des
sièges fixés sur le guidon. Toute l'ingéniosité et la créativité
des japonais s'exprime dans les possibilités de chargements.
Dans
un pays à la pointe de l'innovation technologique, berceau du plus
renommé équipementier vélo et à la culture très différente de
l'Europe, il est normal de croiser des modèles de vélo exotiques
que l'on ne verrai pas dans d'autres pays. Ces
vélos sont souvent utilitaires et légers. Le vélo à assistance
électrique est également bien développé.
Enfin,
pour clore cet article, voici quelques unes des meilleures photos des
trois semaines que Pierre a passé à arpenter le Japon. J'espère
qu'elles vous auront fait voyager et dépayser tout en restant
derrière votre écran.
Si
vous avez prévu de visiter prochainement le Japon, Pierre
souligne qu'il est très agréable de s'y déplacer à vélo, surtout
à Kyoto où c’est un vrai plaisir.





































Merci pour ce compte-rendu très intéressant! On a effectivement tendance à oublier le Japon, qui est pourtant le 3e grand pays du vélo après les Pays-Bas et le Danemark en nombre de cyclistes!
RépondreSupprimerDe notre côté (Eco-Compteur, entreprise spécialisée dans le comptage des vélos), nous avons été contacté par des chercheurs japonais pour mettre en place des projets de comptage au Japon car l'un des enjeux (apparemment) est de démontrer qu'il est plus rapide et moins dangereux pour les vélos de circuler sur la route que sur le trottoir. D'après eux, le nombre d'accidents piéton/vélo augmente pas mal au Japon depuis quelques années... Pourtant vos photos montrent beaucoup de pistes cyclables bien aménagées et séparées à la fois des piétons et des voitures. Est-ce réservé aux grandes villes ? Qu'en est-il dans les plus petites villes ?
Bonjour,
RépondreSupprimerJe ne suis resté que quelques semaines au Japon et malgré le fait que j’ai voyagé sur une bonne moitié du pays, je ne l’ai que « survolé ». Il m’apparaît donc difficile de vous répondre avec certitude à votre question, mais voilà mon sentiment.
Kyoto est une ville un peu à part pour le vélo dans les grandes villes que j’ai visité, un peu comme Strasbourg en France. Là oui on y trouve de bons aménagements qui viennent compléter un réseau de voirie secondaire au trafic apaisé. La plupart des photos des aménagements cyclables ont été prises à Kyoto.
En revanche dès qu’il y a une lacune sur les itinéraires cyclables, et il y en a beaucoup encore quand même, tout le monde roule sur le trottoir et pas forcément sur de larges trottoirs. Rares sont les cyclistes à rouler sur la route. Cette pratique est non seulement autorisée, mais même conseillée parfois, ce qui pour nous Français est un peu surprenant puisque chez nous c’est interdit !
La question de ces universitaires japonais me semble donc tout à fait intéressante et tout à fait légitime. Surtout que dans les autres villes que j’ai pu visiter, le réseau était moins bon et les trottoirs très souvent utilisés comme il est de « coutume » au Japon quand on est cycliste.
Encore une curiosité pour nous autre européens en somme