1%, c'est la proportion des
déplacements réalisés quotidiennement à vélo (la part modale
comme disent les techniciens) à Lausanne. Ce chiffre, classe la
capitale du canton de Vaud comme lanterne rouge des villes suisses,
loin derrière Berne et Bâle qui caracolent en tête du peloton avec
respectivement 11% et 20 % d'usage du vélo.
Deux principaux facteurs expliquent
cette très faible utilisation du vélo dans l'agglomération
lausannoise. Tout d'abord, une topographie marquée. Les rives du lac
Léman sont à 370 m tandis que les quartiers les plus hauts de la ville se situent à 900 m
et le centre à une moyenne de 500 m. Cependant, la pratique du vélo
dans la capitale helvétique, Berne, voisine d'une centaine de
kilomètres et qui présente également de fortes pentes prouve que
la dénivellation n'est pas forcément un obstacle à l’utilisation du vélo
et à plus forte raison depuis le développement du vélo à
assistance électrique.
La seconde raison qui n'incite que peu
de lausannois à se déplacer quotidiennement à vélo est la même
quand dans toutes les villes où le vélo est peu développé. Il
s'agit du manque d'aménagements cyclables. Pour supplanter cette
lacune, la ville s'est lancée depuis quelques années dans un
programme d'aménagements et a développé un concept cyclable original
et pragmatique s'appuyant grandement sur son métro automatique, inaugurée en 2008.
Cette ligne de transport public,
baptisée M2, orientée Nord/Sud s'affranchit du dénivelé et relie
le quartier d'Ouchy, bordé par les eaux du lac Léman à 370m
d'altitude à la commune d'Epallinges, située à 710 m d'altitude. En
complémentarité au métro, la ville organise progressivement son
réseau cyclable sur des axes orientés Est/Ouest parallèles aux
courbes de niveaux et présentant de faibles dénivellations.
![]() |
| Le métro automatique M2 entre les stations Délices et Grancy. |
Ces axes viennent se greffer sur les
stations de métro qui sont toutes équipées de stationnement vélo.
Il et ainsi possible pour les cyclistes d'y parquer leurs montures et
de continuer leurs déplacements en transports en commun puis à pied.
Certains n'hésitent pas à s'équiper de deux vélos, un à la
station de départ, l'autre à l'arrivée.
Tous les quais sont accessibles à vélo (et donc également en poussette ou en fauteuil roulant) grâce à des ascenseurs ou des rampes. Il est donc possible d'embarquer son vélo dans le métro en achetant un billet spécifique pour son deux roues. Le tarif est de 3 CHF* pour les adultes, de 2,10 CHF* pour les jeunes jusqu'à 16 ans ainsi que les détenteurs d'un abonnement général ou demi tarif des CFF (Chemins de Fer Fédéraux, la compagnie ferroviaire nationale suisse). Les vélos pliables à condition qu'il soient pliés et emballés dans une housse ainsi que les vélos d'enfants voyagent gratuitement.
Le matériel roulant composé de deux
wagons identiques à ceux qui circulent sur les lignes 1 et 14 du
métro parisien (MP 89 pour les ferrovipathes) permet d'embarquer, si la place le permet et en dehors des heures de pointe et forte fréquentation, trois
à quatre vélos à l'arrière des rames. Il
n'est donc pas rare de croiser, sur cette ligne, des cyclistes
profitant paisiblement de l'assistance électrique du métro pour grimper dans la ville.
Une deuxième ligne de métro
automatique sera construite d'ici quelques années en direction du
nord ouest de la ville. Elle devrait également être un exemple d'intermodalité avec le vélo et remplacer le l'expression "métro, boulot, dodo" par "vélo, métro, boulot". D'ici là, la ville de Lausanne a pour objectif de parvenir à
5 % de part modale vélo à l'horizon 2020. Pour cela, elle a
récemment révisé sa politique cyclable comme le dévoile ce
communiqué de presse et cet article.
A Lausanne, la piste
cyclable est droite mais la pente est forte !
*Le taux de change du 14/01/2016 est de 1 CHF = 0,92 €












Lausanne… j'y ai fait mes études, et j'ai quitté la ville très peu de temps après m'être remis au vélo.
RépondreSupprimerJ'ai quand même pu tester un peu. C'était très laborieux. Le moindre déplacement implique au moins 14 côtes et les infrastructures cyclables, déjà pas bien nombreuses, ne tiennent pas compte de cette difficulté supplémentaire. Rejoindre le pont Chauderon depuis Ruchonnet en est assez caractéristique : deux files à couper pour rejoindre une bande cyclable coincée entre deux files, puis rejoindre à nouveau la piste à droite du pont, en étau entre les voitures et le bus qui sont déjà en compétition entre eux. Google Maps en donne une bonne idée, mais ne rend pas compte de la pente qui s'ajoute à cette tranche de rigolade. Le secteur Bourdonnet pour rejoindre le secteur universitaire est une bonne blague aussi : une bande cyclable dessinée sur la moitié droite de la file qui mène vers l'entrée d'autoroute. Brillant…
Tant mieux qu'ils fassent des efforts, parce qu'il leur en faudra beaucoup…