Après nous avoir fait découvrir les cyclistes de Key West et de New York, mon collègue Pierre nous a ramené quelques photos des cyclistes londoniens et notamment des nombreux usagers de Brompton et de fixies. Ne connaissant que très peu cette ville et sa culture vélo, je vous propose d'agrémenter ces clichés d'un court passage issu du livre de Frédéric Héran, le retour de la Bicyclette.
"A Londres la pratique du
vélo remonte depuis 2001 et a plus que doublé en dix ans, partant
toutefois de très bas (soit aujourd'hui environ 2% de part
modale). En 2010, la municipalité prend la mesure du phénomène et
décide de lancer une « cycling revolution » visant à
faire de Londres une ville « aussi accueillante aux cyclistes
que Copenhague ou Amsterdam » selon le Maire. Cette « vision »
s'articule autour de trois grandes mesures.
La première concerne le
lancement, en juillet 2010, d'un système de vélos
en libre service dans le centre, sponsorisé par la banque
Barclays et doté de 6000 vélos auxquels se sont ajoutés, fin 2013,
4300 autres. Ce service connait un beau succès (NDLR: malgré cela,
Barclays a annoncé son retrait
du système en 2015, remettant ainsi en cause la pérennité du
système). La deuxième mesure vise à réaliser douze radiales
cyclables dans la proche banlieue (Inner London), appelées
pompeusement cycle
superhighways (super autoroutes pour vélos). Cinq d'entre elles
ont déjà été aménagées. Mais il ne s'agit bien souvent que de
bandes cyclables dotées de sas aux carrefours, peintes en bleu
Barclays et situées dans des couloirs bus non élargis ou même
partagées avec les voitures. La troisième mesure consiste à
réaliser des biking
borough (arrondissements cyclables), dont le détail est laissé
à l'initiative des autorités locales.
| Très belle désaturation sélective ! |
Ces mesures rendent les
cyclistes bien plus visibles, mais sans assurer suffisamment leur
sécurité, cinq
décès ayant défrayé la chronique en novembre 2013. Il est
vrai que le réseau viaire de la capitale est particulièrement
étroit et encombré. Les cyclistes londoniens sont aussi assez
différents des cyclistes parisiens. Ayant été soumis à des
contraintes plus fortes et devant assurer des trajets plus longs
(Londres est une ville bien plus étalée que Paris), les rescapés
sont plus aguerris, roulent plus vite et portent plus souvent des
tenues fluos et des casques."
Merci à Pierre pour ces souvenirs de son escapade Outre Manche. On reparle de l'ouvrage de Frédéric Héran "Le retour de la bicyclette" cette semaine sur I Bike Strasbourg...
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