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7 janv. 2016

En 2016, le vélo va-t-il enfin faire sa pub?

Vous avez tous certainement déjà vu des publicités du début du 19ème siècle vantant les mérites de nombreuses marques de bicyclettes françaises ou européennes. A cette époque, le vélo et la pub étaient tout jeunes et s’aimaient fortement donnant ainsi naissance à de nombreuses et belles affiches. Depuis, le couple semble avoir divorcé et la publicité tourné définitivement le dos à son ancien amour au bénéfice des charmes cancérigènes et énergivores de l’automobile.









Aujourd'hui, le couple semble à nouveau se rapprocher. En effet, on constate un regain d'intérêt pour le vélo dans la publicité car il véhicule une image simple, branchée et surtout écologique qui correspond très bien à l'air du temps et aux attentes de nombreuses personnes. Cependant, les publicitaires, grands partisans du green washing, oublient systématiquement la fonction première de mobilité du vélo et le relègue au rang d’accessoire de mode ou utilisent ses avantages pour faire la promotion d’autres produits (parfois radicalement opposés aux valeurs du vélo comme de l'alcool ou des cigarettes). 













Publicité pour des cigarettes à Lausanne.
Contrairement à d'autres pays comme les Pays-Bas ou la Suisse, en France, en dehors des magazines spécialisés dans le vélo urbain, il est impossible de découvrir une publicité qui a pour objectif de vendre un vélo pour se déplacer au quotidien en ville. 


Publicité vue en gare de Bâle
Pourtant, d’après l’union nationale de l’industrie du cycle (dont le site ne semble malheureusement plus être mis à jour depuis début 2015...), plus de 326 000 vélos urbains dont 56 000 à assistance électrique ont été vendus en 2013 soit 11% des vélos vendus. Ce chiffre est en hausse de 2% par rapport à 2012, de même que le prix moyen d’achat qui atteint un peu plus de 300 €. 

Avec le développement du vélo dans les villes françaises et l’avènement des systèmes de vélos en libre service, la clientèle désireuse de pédaler sur une monture adaptée et personnelle est en plein essor. Alors, en 2016, le vélo fera-t-il enfin sa pub?

2 avr. 2014

Le pouvoir de la pédale.

Le pouvoir de la pédale est le troisième livre d’Olivier Razemon, journaliste au quotidien Le Monde, auteur du blog l’interconnexion n’est plus assurée et spécialiste de la mobilité. Cet ouvrage est paru aux éditions de la rue de l'échiquier. L’auteur nous présente en un peu moins de 200 pages sa vision du développement du vélo basée sur de nombreux exemples glanés lors de ses voyages, ou des conférences qu’il anime ou auxquelles il assiste. 

Dès les premières pages et à de nombreuse reprises, Strasbourg, en tant que ville la moins en retard dans le développement du vélo en France, est citée. L’auteur connait bien la capitale alsacienne pour y avoir étudié durant quelques années et a toujours plaisir à y faire escale.

Après un prologue qui rappellera sans doute des souvenirs de discussions à de nombreux cyclistes, le journaliste retrace brièvement l’histoire du vélo. Pour cela, il s'appuie notamment une série de croquis de Jean-Jacques Sempé :"chaque vignette, illustrant une époque différente, représente un « bourgeois » et un « prolétaire », peut être le patron et son ouvrier, quittant son domicile, un hôtel particulier doté d’un superbe portail en fer forgé pour l’un, une modeste masure pour l’autre. Sur la première image, le prolétaire marche l’air résigné, et le bourgeois est juché sur un grand-bi. La deuxième vignette montre le riche au volant d’une conduite intérieure tandis que le pauvre circule à vélo. Puis, on voit le patron conduire un modèle américain, que l’on devine puissant tandis que son ouvrier a droit à une mobylette. Sur le dernier croquis, le pauvre a enfin pu s’offrir une voiture, mais la route est désormais bien embouteillée. Le riche, quant à lui, se déplace…. à vélo ».



Olivier Razemon tord ensuite le cou aux fausses images du vélo (voiture du pauvre, sport du dimanche, loisir, talisman écologique, lubie de bobo, objet ridicule et/ou dangereux). Il insiste sur ce dernier point en expliquant pourquoi faire du vélo n’est pas dangereux et qu’au contraire c’est de ne pas faire de vélo qui l’est.

L’auteur consacre une importante partie de son livre au pouvoir du vélo en démystifiant une fois pour toute l’automobile. Il prouve par de nombreux exemples que l’économie du cycle est importante et en plein développement même si les lobbys automobiles tentent de la récupérer, de la cantonner à un rôle de sport, de loisir ou de l’affaiblir.

Pour contrer ces positions dogmatiques et conservatrices, le dernier chapitre est consacré à la transition cyclable que le journaliste décrit comme « le choix politique de convaincre - quitte à passer par la contrainte- les usagers de la voirie à effectuer certains trajets à vélo ». Pour cela, il propose trois grands axes que sont la nécessité de répondre par des solutions réalistes et prouvées aux grands défits énergétiques et environnementaux, un développement urbain basé sur la densité et la mixité favorisant l’usage du vélo et enfin la valorisation des cyclistes.

A ce titre, il met en avant le mouvement Cycle Chic et notamment sa déclinaison strasbourgeoise où « l’on peut admirer de belles images de quidams, en selle ou poussant leur bicyclettes à la main. Vêtus avec soin, l’air sérieux et détaché à la fois, ces cyclistes surpris dans leur élan ressemblent à des mannequins défilant sur un podium ». Le vélo c'est sexy comme le dit Olivier Razemon dans sa dédicace.



Après un carnet pratique pour que la pédale vous gagne, Olivier Razemon, conclut son ouvrage sur une vision apocalyptique (sauf peut être les 25 % de cyclistes à Strasbourg en 2025…) d’un futur où la transition cyclable aurait crevé en route puis aurait été abandonnée sur le bas côté d’une piste cyclable faute de dépannage…

Entre la sortie du plan actions des mobilités actives et les élections municipales où la mobilité et notamment la place du vélo était un des enjeux principaux dans de nombreuses villes, le pouvoir de la pédale aidera de nombreuses personnes à mieux comprendre comment le vélo transforme nos sociétés cabossées.

20 oct. 2013

Conférence : Strasbourg un vélo d’avance, 30 ans d’action publique.

Un petit rappel des DNA !

Rendez-vous à 15 heures aux archives pour un diaporama d'une vingtaine de minutes présentant la diversité des usages du vélo à Strasbourg (avec de nombreuses photos inédites !).

20 févr. 2013

Vélostras, le vélo à haut niveau de service arrive à Strasbourg.

Le vélo à Strasbourg fait à nouveau parler de lui. Cette fois ci, il ne s’agit pas d’un système d’amendes spécifiques, d’une pénurie de Velhop ou d’un jugement défavorable du tribunal administratif mais d’une bonne nouvelle. Roland Ries, maire de Strasbourg et vice président de la Communauté urbaine en charge des transports a annoncé, lundi, lors d’une conférence de presse, le lancement de Vélostras*, le nouveau réseau cyclable de l’agglomération strasbourgeoise.

De nombreux médias nationaux (Le point, Libération, Le nouvel observateur…) ont relayé la dépêche AFP intitulée « Strasbourg va développer le premier périphérique pour vélos de France ». Les médias locaux comme les DNA, France3 ou encore Rue 89 Strasbourg développent également cette information dans leurs éditions d'hier.

Une de l'édition strasbourgeoise des Dernières nouvelles d'Alsace du 19 février 2013

Basé sur le concept de Cykelsuperstier de Copenhague ou sur celui de Cycle Superhighways londonien, Vélostras s'appuiera sur une mise à niveau de certaines infrastructures cyclables existantes ainsi que sur la création de nouveaux tronçons manquants sur ce réseau. Il se développera progressivement jusqu’en 2020 sur 9 itinéraires radiaux entre le centre ville et de la seconde couronne (Vendenheim, Blaesheim, Mittelhausbergen…) et trois autres itinéraires en boucle (d'où l’appellation médiatique de périphérique) l’un à proximité du centre ville, l’autre entre 2 et 3 km de celui-ci et le dernier à 5 kilomètres de la cathédrale.


Le réseau Vélostras, source : Communauté urbaine de Strasbourg

Les premiers travaux sont planifiés pour l’été 2013 sur un tronçon manquant de 750 m sur la seconde oucle entre la pont Pasteur et la rue de Saales. Cet aménagement permettra par la même occasion de supprimer un des fameux trottoirs mixtes piétons/cycles pour lesquels la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg ont été dernièrement condamnées par le tribunal administratif. 

Par la suite, chaque année des infrastructures existantes seront réaménagées et de nouveaux tronçons manquants réalisés afin d'offrir de meilleures conditions de déplacements aux cyclistes (élargissement, sécurisation, éclairage, informations, pompes à air...) et de développer le vélo comme mode de transport sur des distances plus longues ( 5, 10 voir 15 kilomètres comme c'est le cas au Danemark ou en Hollande).

A terme, en 2020, Vélostras comptabilisera 130 km et offrira des temps de trajets à vélo vers le centre ville compris entre 30 et 40 minutes maximum pour les communes les plus éloignées de celui-ci. Ce nouveau réseau doit participer à atteindre l'objectif de 20 % de déplacements mécanisés réalisés à vélo dans l'agglomération strasbourgeoise en 2020.

A noter également que la conférence de presse présentait également la réalisation de la magistrale piétonne, première action phare du plan piéton de la Ville de Strasbourg. Cet itinéraire se développe entre la gare et la place du marché de Neudorf sur plus de 3 kilomètres. Les tronçons de cet itinéraire qui n’étaient pas encore suffisamment adaptés aux piétons seront réaménagés en 2013 et 2014 dans l’optique de donner au minimum 50 % de l’espace public aux modes actifs (piétons et vélo).


*stras se traduit en allemand par rue (strasse)


14 févr. 2013

Des vélos pour la Zambie

Voici un reportage diffusé par ARTE il y a quelques semaines sur le vélo en Zambie. Le vélo est également dans ce pays d'Afrique australe synonyme de développement et d'amélioration des conditions de vie des personnes.

 

Vous pouvez obtenir plus d'information sur les vélos buffalo et sur World Bicycle Relief en vous rendant sur le site de l'association.

31 janv. 2013

En France, le vélo gagne du terrain !

Voila une bonne nouvelle, même si la France reste encore proche de la lanterne rouge des pays européens qui utilisent le vélo pour se déplacer, les comportements évoluent lentement au pays du Tour de France... Tous les résultats de l'étude sont disponibles ici


Source : 20 minutes

En France, le vélo ne doit plus être uniquement considéré comme un sport ou un loisir mais comme un transport !

11 janv. 2013

Bataille pour l'espace piéton

Article des DNA du 10 janvier 2013

L’association Piétons 67 attaquait, ce mercredi matin, devant le tribunal administratif de Strasbourg, la Communauté urbaine dans sa politique de zones de circulation mixtes piétons/vélos. Le trottoir est pour les premiers, sans partage, analyse l’association, ou alors avec marquage des territoires de chacun.
 
Le rapporteur public est allé dans ce sens et conclut à une nécessité de marquage, là où ce n’est pas fait. La décision du tribunal doit tomber le 23 janvier. Mais elle ne pourra pas concerner les voies où la Ville a obtenu l’autorisation expresse de la mixité contestée… Pour une expérimentation ! Cette expérimentation se déroule avec l’aval de la Délégation à la Sécurité et à la Circulation routière.

En deuxième audience ce mercredi matin au tribunal administratif de Strasbourg, le conflit piétons-cyclistes sur les trottoirs voit camper chacun des protagonistes sur ses positions.

Le code de la route est incontournable, plaide l’association Piétons 67. On ne peut donc décréter de zone mixte sur un trottoir, a fortiori lorsque les espaces alloués aux cyclistes et aux piétons ne sont pas marqués de manière claire. Par conséquent, la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg doivent faire marche arrière sur ces aménagements.

Nécessité « d’une injonction à la CUS »

L’association, dans la procédure qu’elle a entamée auprès du tribunal administratif, a eu l’oreille attentive du rapporteur public. Déjà fin novembre, mais à nouveau hier matin, après un supplément d’instruction, les conclusions dudit rapporteur semblent favorables à la requête de Piétons 67.

« Les trottoirs où circulent ensemble piétons et cycles, sans délimitation, ni matérialisation indiquant les espaces respectifs, posent difficultés, à notre sens », a réitéré la magistrate. La difficulté que le trottoir est, en principe, réservé aux piétons et aux cyclistes de moins de 8 ans. Le rapporteur conclut à la nécessité, selon elle, dans le jugement à rendre, d’une « injonction à la CUS de prendre les mesures nécessaires dans un délai d’un mois » pour matérialiser les zones mixtes. Mais ajoute cependant : « Il faudrait exclure de cette injonction les voies strasbourgeoises concernées par l’expérimentation en cours, autorisée par la Délégation à la sécurité et à la circulation routière ».

Cette expérimentation concerne le fonctionnement mixte de l’espace piétons/vélos sur les ponts de la Bourse et Pasteur, le boulevard de la Victoire, l’avenue du Rhin, l’allée des Comtes et la rue du Landsberg. Alain Jund, adjoint en charge de l’urbanisme, précise : « Ce sont des endroits où la cohabitation nous paraît la plus pertinente des solutions. Elle évite le détour du cycliste et nous paraît de bon sens, même si juridiquement ce n’est pas correct ».

Du côté de la Ville, on souhaite, « que la législation évolue, pour se rapprocher du droit allemand ou suisse en la matière ». Et on envisage même de demander un élargissement de l’expérimentation précitée à d’autres voies… Mais, d’un autre côté, la municipalité ne resterait pas sourde aux intérêts des piétons.

Alain Jund l’affirme : « Depuis octobre 2010, plus aucun nouveau trottoir mixte n’a été réalisé ». « Par ailleurs, les évolutions de législation ont permis de transformer certains tronçons existant en voie verte, comme, par exemple, l’allée du Schluthfeld. Enfin, de nouveaux aménagements, comme sur la route du Rhin, permettent de reprendre l’existant en offrant des voies dédiées aux cycles. »

Pour revenir au partage de l’espace public, l’élu persiste : « L’idée avance dans la tête des gens, mais les textes ont encore du mal à suivre les pratiques ». Et d’ajouter : « On pourrait aussi, dans un certain nombre de cas, rééquilibrer ce partage en prenant de l’espace public aujourd’hui accordé aux voitures pour remettre le cycliste sur la chaussée »…
 
Le jugement du tribunal administratif est annoncé pour le 23 janvier.

9 janv. 2013

Bogotà : Los bicitaxis, un complément informel aux transports en commun

Article tiré de la revue Urbanisme n°385 de juillet/aout 2012.


Au cours de la dernière décennie, la pratique du vélo s'est développée à Bogotà grâce à la réalisation, dans le cadre du plan de mobilité, d'un réseau de piste cyclables. Mais un autre usage de la bicyclette s'est récemment manifesté dans la ville. En effet, l'évolution des logiques de transports publics, qui s'est notamment traduite par la mise en service du système BRT (Bus Rapid Transit) Transmilenio, a induit une réduction progressive de la desserte de divers quartiers, en particulier ceux de la périphérie. En réponse, des modes de transports complémentaires, informels et/ou illégaux, se sont mis en place pour pallier ces carences, dont le vélo-taxi, qui permet de se déplacer dans les zones non couvertes par le BRT.

Le bicitaxi est un moyen de transport de courte distance et peu onéreux. Il suscite des regroupements d'usagers, généralement aux arrêts intermédiaires ou en bout de ligne du système BRT. Bien que son rayon d'action n'excède pas deux kilomètres, il connait une forte demande sociale. Opérant sans cadre réglementaire ni flotte de véhicules homologués, il n'est pas, à ce jour, autorisé par l'administration publique, pour des raisons de sécurité et de durabilité financière et opérationnelle.

Photo: Boris Heger / Report Digital - REA
Il offre également des emplois « informels » : les bicitaxis sont souvent conduits par des jeunes hommes qui obtiennent ainsi un revenu pour eux-mêmes et pour leur famille, effectuant entre 30 et 50 courses quotidiennes, pour moins d'un dollar le trajet. Les associations réparties par secteur urbain se regroupent pour réguler ce service, établissant ensemble les règles de fonctionnement de base. Tout cela sur le maillage de voies existant et reliant les quartiers, sans obligatoirement emprunter le réseau de pistes cyclables.


Isabel Arteaga, architecte, professeur à l'université Los Andes de Bogotà

22 déc. 2012

Un logement, un vélo.

Article des Dernières Nouvelles d’Alsace du 28 Novembre 2012

Une fois n’est pas coutume, l’opération du Grand Angle, le long de l’avenue du Rhin, comptera plus de places de parking destinées aux vélos - 128 arceaux, soit 256 places - qu’aux voitures - 81 places. En prime, le promoteur, 3B, offre un an d’abonnement Vélhop à tous les acquéreurs. Une première.

« Quand on parle stationnement, on pense automatiquement voiture. Il est temps de changer de logiciel. Avant, c’était un logement, une voiture ; ici, c’est un
logement, un vélo ! », résume Alain Jund. L’adjoint à l’urbanisme est ravi de l’initiative prise par le promoteur 3B, qui a décidé de son propre chef d’intégrer, pour tout achat d’un appartement au Grand Angle (132 sont prévus dans le programme), un an d’abonnement Vélhop. L’idée ? Provoquer le déclic. Parce qu’un déménagement est aussi l’occasion de changer ses habitudes, le PDG de 3B, Georges Bousleiman, a fait ce drôle de pari. Au Grand Angle, mais aussi sur d’autres opérations en cours - à Hoenheim et à proximité du Musée d’art moderne, notamment, soit 450 logements en tout.

L’essayer, c’est l’adopter

Ce qui l’a mis en selle ? Les réunions organisées à la CUS. « Au début, j’allais de notre siège, avenue de la Paix, jusqu’à la CUS en voiture. Un jour, je me suis dit que ce n’était plus possible et j’ai fait l’effort d’acheter un vélo, juste pour ça : me rendre à la CUS. Et là, j’ai redécouvert la ville et des sensations de gamin… Si j’arrivais à mettre chaque acquéreur sur un vélo pour que lui aussi redécouvre ces sensations, ce serait magnifique ! », s’enthousiasme-t-il. D’où l’idée du Vélhop, qui permet d’essayer - gratuitement, le promoteur prenant en charge pendant un an les 80 € d’abonnement - sans s’engager. Avec le pari qu’une fois que les gens auront testé, ils ne pourront plus s’en passer…

D’où, aussi, un effort particulier fait sur les parkings à vélos - auxquels 341 m 2 ont été dédiés -, en matière d’accessibilité, de sécurisation et de visibilité. « C’est vital. S’il faut chicaner et porter son vélo, on perd l’envie. Trois marches à monter, c’est 20 % de perte sur l’usage », estime Alain Jund. Au Grand Angle, une partie des parkings sera accessible de plain-pied. « Et pour tous, nous avons choisi des locaux nobles », insiste Georges Bousleiman, pour qui l’accent mis sur le vélo vient conforter l’esprit du projet, avec ses systèmes de récupération d’eaux pluviales et sa terrasse sur le toit.

« Au final, tout le monde est gagnant », estime l’adjoint. Les habitants - Alain Jund a calculé, il faut six minutes pour venir de la place de l’Étoile, et l’on sait les soucis causés par la circulation automobile avenue du Rhin -, l’opérateur, pour qui la construction de parkings pour les vélos coûte nettement moins cher
que pour les voitures, sans compter que cela libère de l’espace, et la collectivité, grande adepte, on le sait, des déplacements doux.

« L’idée est de montrer aux gens qu’il est possible de se déplacer à vélo. Ce qu’il faut, c’est trouver le prétexte. Après on prend l’habitude et cela devient un réflexe. D’autant qu’ici, on est à côté de la station de tram et le long de la piste cyclable », insiste l’adjoint. Il ne rêve plus que d’une chose : voir d’autres opérateurs - bailleurs privés, mais aussi, pourquoi pas, publics - emprunter le même chemin que ce « pionnier ». Ce serait la preuve qu’à Strasbourg, le vélo est entré dans la norme.

19 déc. 2012

Lille s'interesse aux amendes minorées...

Article de la Voix du Nord du 23 novembre 2012

Le respect du code de la route par les cyclistes pose parfois question. En raison, notamment, de PV trop coûteux, la tolérance prévaut souvent. Strasbourg, ville phare de la petite reine, expérimente un dispositif inédit d'amendes moins chères, mais plus nombreuses. Dans la métropole, l'accroissement de la pratique du vélo doit-elle aussi s'accompagner d'un serrage de vis ?

Des cyclistes grillant un feu rouge ou un stop. Remontant un sens interdit. Circulant sur les trottoirs au milieu des piétons. Ces comportements se voient souvent, surtout depuis l'arrivée du V'lille. Ils sont peu sanctionnés. « La police est plutôt tolérante, sans doute car les accidents avec des vélos sont très peu nombreux », suppose Sébastien, de l'ADAV (Association droit au vélo). Cette clémence agace Philippe Dutrieu, directeur de l'Automobile-club du Nord : « Les policiers se disent que ce n'est pas grave. On contrôle les automobilistes mais presque pas les autres usagers de la route. Pourtant, un laisser-aller existe chez les cyclistes, on a l'impression que les indications routières ne les concernent pas. » Un constat partagé par Jacky Maréchal, directeur départemental de la Prévention routière : «  Il y a beaucoup de transgression et d'imprudences alors qu'ils sont vulnérables. Ils se mettent en danger, ainsi que les piétons . » Sébastien relativise : « Au lancement du V'lille, il y a eu des difficultés, des néophytes se sentaient plus en sécurité sur les trottoirs.

Dorénavant, on a peu de retours de piétons se plaignant. » Et griller un feu rouge à vélo n'est souvent pas périlleux, juge Sébastien : «  La plupart des cyclistes le font dans une situation sans danger, ce ne sont pas des kamikazes. » Reste que les utilisateurs de vélos sont soumis au code de la route. Franchir un feu rouge coûte 90 E. « Pour un cycliste, c'est excessif », estime Vinciane Faber, conseillère lilloise Verte en charge du Plan vélo. « Le montant du PV doit être le même pour tous », rétorque Philippe Dutrieu. En tout cas, à ce tarif, des agents rechignent à coller une prune aux cyclistes. Depuis le début du mois, Strasbourg expérimente un dispositif inédit. Dans la ville du vélo roi, les amendes sont moins chères mais potentiellement plus nombreuses. Au lieu de valoir 90 E, une dizaine de contraventions sont passées à 45,60 E pour les cyclistes. L'idée séduit Vinciane Faber : « On verra si c'est transposable à Lille. Je serai très attentive aux conclusions du test. » 

L'élue ne tombe pas dans le répressif : « Je suis contre la verbalisation massive mais pour des PV plus équitables. » Ces propos rassureront en partie Sébastien, pas emballé par l'initiative strasbourgeoise : « On a peur qu'avec des amendes minorées, les policiers se sentent plus légitimes à verbaliser. » Le patron de la Prévention routière voit, lui, un avantage : « À condition d'effectuer des contrôles, ça aurait un effet dissuasif. » Sébastien préférerait que les autorités accentuent la lutte contre « les voitures garées sur les aménagements cyclables  ». Et changent certaines installations routières : « Elles ont été mises en place par rapport aux automobiles, et pas aux vélos. » Vinciane Faber le rejoint : « Il faut sanctionner le cycliste mettant sa vie en danger ou celle des autres, mais aussi adapter les règles à la pratique du vélo. » D'où l'essor des doubles sens cyclables. En 2013, tourner à droite à certains feux sera autorisé. Des évolutions nécessaires, relève l'élue : « La pratique du vélo a doublé à Lille, mais on n'est pas au niveau de Strasbourg. On n'a pas encore d'embouteillages de cyclistes. Ce sera peut-être le cas dans quelques années. »

Alain Jund est l'adjoint au maire de Strasbourg (Vert) en charge de la politique vélo. Il explique le système d'amendes minorées.

Pourquoi instaurer ce dispositif ?

« Ça existe en Allemagne. On souhaitait expérimenter la verbalisation au regard du danger généré par les cyclistes. Il n'est pas rationnel qu'ils aient les mêmes amendes qu'un camion ou une voiture. C'est disproportionné. Notre situation est particulière : 12 % des déplacements se font à vélo en ville, 8 % dans l'agglomération (2 % dans la métropole lilloise). Et 33 % des déplacements se font à pied. »

Est-ce une manière de mieux faire accepter une répression ?

« La part du vélo augmente. Comment gérer la cohabitation avec les voitures et piétons ? Il existe des tensions entre piétons et cyclistes, notamment sur les trottoirs. Ce dispositif n'est pas anti-cycliste. C'est aussi pour qu'il y ait une prise de conscience et fixer des limites. Il n'y avait quasiment pas d'amendes. On a demandé plus de présence à la police municipale. »

Est-ce transposable à Lille ?

« C'est intéressant pour les villes où la part du vélo est importante. Ça peut, à terme, être adapté au centre-ville de Lille. »



17 déc. 2012

Neudorf Vélo, tri et recyclage

Article des DNA du 10 décembre 2012

L'association Vélostation a organisé une journée de démontage des vélos, samedi, pour la récupération de pièces et le tri des déchets.
Dans le prolongement de la semaine intitulée « Réduisons les déchets », de nombreux visiteurs ont eu la possibilité de se débarrasser de leur vieux cycle impossible à réparer tout en évitant le gaspillage, et donc de faire un geste pour la planète.
« À cette occasion, nous alimentons notre stock d'un énorme volume de pièces détachées - pédaliers, dérailleurs, étriers, poignées de freins, explique la trésorière Chantal Krafft. Nous avons constitué un fond classé et répertorié digne d'une bibliothèque et nous sommes aussi très attentifs à proposer des petits éléments qui cassent fréquemment et pas faciles à retrouver pour les cyclistes, comme des dynamos, des sonnettes... ».
Au bonheur des collectionneurs
À côté de ces objets mis en vente, il reste essentiel de privilégier le recyclage mais aussi de trier. Le métal est donné à un ferrailleur du Neuhof, qui fait un tri plus précis en séparant l'aluminium des métaux. Les pneus sont récupérés et ceux devenus inutilisables sont envoyés à la déchetterie ». La récupération peut aussi faire le bonheur des collectionneurs qui possèdent des modèles vieux de plusieurs décennies. Toutes ces solutions évitent que les vélos finissent à la décharge.
La présidente Isabelle Gillot a évoqué le cas particulier du VTT qui plaît aux jeunes mais n'est pas très approprié en milieu urbain. Au Burkina Faso par contre, il est utilisé en ville. Vélostation développe donc pour le tri et la récupération deux partenariats en direction de la jeunesse : avec l'association Alfa qui a lancé une campagne auprès des lycéens du Burkina Faso, et des ateliers citoyens dans les quartiers de l'Elsau, Neuhof et Meinau. Avec 260 vélos récupérés cette année, Vélostation en profite pour faire de la place.

15 nov. 2012

CADR 67 « Continuer sur la même lancée »

Article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 15 novembre 2012

Lorsqu’il fonde l’association CADR 67 en 1975, Jean Chaumien a 34 ans. Après 37 années de militantisme, ce pasteur de profession choisit de laisser les rênes à plus jeune que lui.

Pourquoi avez-vous décidé de créer l’association CADR67 en 1975 ?

À l’époque, j’étais pasteur à la Cité de l’Ill et j’ai dû enterrer une mère de famille. Elle roulait en Solex place de Haguenau et s’était fait renverser par un camion. J’avais trouvé cela révoltant. J’avais essayé d’en discuter avec les autorités, mais on m’avait répondu que c’était comme ça, qu’on ne pouvait rien faire. Quand j’y repense, la situation était complètement ubuesque à l’époque ! L’automobile était reine partout.

À la fin des années 1970, j’ai eu l’occasion de discuter avec Joël le Theule, alors ministre des Transports, et Michel d’Ornano, le ministre de l’Environnement. Ils m’ont dit qu’il y avait une ligne budgétaire prévue pour les aménagements cyclables. Cela m’a mis la puce à l’oreille et j’ai sauté sur l’occasion. Dès mon retour, je suis allé voir Pierre Pflimlin, le maire de Strasbourg.

Dans l’ensemble, comment votre action a-t-elle été accueillie ?

Au début, nous étions assez mal vus. Il y avait déjà du monde qui se déplaçait à vélo, mais c’était beaucoup moins répandu qu’aujourd’hui. Nous n’étions que sept membres, contre 350 familles aujourd’hui. Pourtant, toutes les municipalités ont fini par nous suivre. Nous étions très actifs et elles étaient bien obligées de nous écouter.

Avez-vous le sentiment que vos activités ont porté leurs fruits ?

Oui, c’est évident ! Quand des visiteurs originaires d’autres villes de France ou d’autres pays viennent à Strasbourg, ils sont étonnés par le nombre de vélos en circulation. Parfois, cela leur fait même peur ! Notre action a certainement eu un rôle bénéfique sur la place du vélo à Strasbourg. Il n’y a qu’à comparer Strasbourg avec d’autres villes de France où de telles structures n’existent pas.

Quelles sont vos plus grandes satisfactions ?

À la fin des années 1970, nous avons fait pression pour que les terrains d’emprise de la Ville soient conservés. Cela a permis d’aménager de nombreuses pistes cyclables entre le centre-ville et la périphérie. Nous avons aussi obtenu de nouveaux droits pour les cyclistes, comme l’autorisation de circuler à contresens dans certains sens interdits. Au début, Pierre Pflimlin était assez réticent, mais il a fini par accepter l’expérimentation. Alors que les services de la Ville prédisaient des accidents, tout a très bien fonctionné. Cette mesure est aujourd’hui appliquée au niveau national.

Pourquoi avez-vous décidé de quitter la présidence de CADR67 ?

J’ai occupé ce poste de président pendant 37 ans. J’ai simplement pensé qu’il fallait un peu de sang neuf. En plus, nous avons aujourd’hui deux salariés qui font très bien leur travail. Mais je reste président d’honneur et je continue à assister à la plupart des réunions.

Qu’attendez-vous de Mélanie Le Morzédec, votre successeur ?

Mélanie Morzédec est une bénévole engagée depuis plusieurs années au sein de l’association. Je pense qu’elle remplira très bien son nouveau rôle. Il faut continuer sur la même lancée. À présent, nous voulons essayer de supprimer certains feux rouges pour les vélos.

Autre génération, même combat

À 32 ans, Mélanie le Morzédec est la nouvelle présidente du CADR. Elle succède à Jean Chaumien, président historique et fondateur de l’association. Mélanie Morzédec découvre les joies du vélo alors qu’elle est encore lycéenne. « Un jour, j’ai dû aller à l’école à vélo. Je me suis rendu compte que cela ne me prenait que dix minutes, alors qu’avec les transports en commun j’en avais pour trois quarts d’heure », se souvient la jeune femme.

Le choix d’une vie sans voiture

Depuis, elle a fait sien ce mode de déplacement, jusqu’à abandonner totalement la voiture. « Je me suis décidée à vendre ma voiture au mois de janvier. À la place, je me suis équipée en vélos », annonce-t-elle. Fièrement, la jeune femme déplie son vélo Brompton fushia, flambant neuf. C’est celui qu’elle emporte dans le train lorsqu’elle doit se déplacer à Paris. « Mais j’en ai encore deux autres : l’un pour les déplacements en ville, l’autre pour les distances plus longues », précise-t-elle… Toute une organisation.

Mélanie le Morzédec est impliquée dans plusieurs autres associations strasbourgeoises. « Je crois que j’ai un tempérament qui me pousse à m’impliquer », analyse-t-elle en souriant. Mais une autre raison, plus personnelle, l’a aussi poussée à présenter sa candidature à la présidence du CADR. « Mon père faisait partie des membres fondateurs, même s’il n’y est pas resté bien longtemps », explique-t-elle.

Lorsque Jean Chaumien annonce son intention de quitter la présidence de l’association, Mélanie le Morzédec ne prend pas immédiatement sa décision. « Il nous en avait déjà touché un mot deux ans plus tôt. Mais Jean Chaumien avait l’expérience et la personnalité adaptées à la fonction. Personne n’avait vraiment le cœur à reprendre le flambeau. » La jeune femme se décide finalement à présenter sa candidature. « C’est vrai qu’il y a toujours une petite angoisse, qu’on a peur de ne pas être à la hauteur. Mais on se dit qu’on n’est pas obligé de faire les choses exactement comme son prédécesseur».

Mélanie le Morzédec ne cherchera pas non plus à révolutionner le CADR. Pour elle, « la priorité est d’approfondir ce qui a déjà été commencé ». Diététicienne-nutritionniste de profession, la jeune femme pense mettre ses compétences au service de l’association. « Pendant les campagnes de sensibilisation, on va mettre un peu plus l’accent sur le volet santé », annonce-t-elle. Selon elle, le prochain problème auquel devra s’attaquer le CADR est celui de la cohabitation entre cyclistes et piétons à Strasbourg.

« C’est un problème conjoncturel. Il y a de plus en plus de cyclistes, donc les relations avec les piétons sont plus tendues ». Pour répondre à ce problème, des réunions de concertation entre associations de cyclistes et de piétons sont au programme. « C’est vrai que l’aménagement des pistes est parfois à revoir. Mais la première des solutions reste la courtoisie entre les usagers de l’espace public », rappelle la présidente.

1 nov. 2012

Xav l'occas, une seconde vie pour vos vélos

Article des DNA du 25 Octobre 2012

La boutique « Xav l'occaz » a su trouver sa place au cœur de Schiltigheim, ainsi que dans celui de ses nombreux clients. Impossible d’en louper l’entrée, ses vélos ayant établi leurs quartiers sur le trottoir. «Xav l'occaz », avant d’être un commerce, c’est avant tout un personnage : Xavier, qui tient la boutique à lui tout seul. « J’ai un peu grandi dans le monde du vélo. Petit, quand je demandais à avoir le mien, on m’emmenait à la décharge, on me donnait les outils nécessaires, et je devais me fabriquer mon propre vélo ». Ainsi la nécessité l’a amené à la débrouille.

Cet amour du deux-roues s’est perpétué au fil de sa vie professionnelle, d’abord comme homme à tout faire dans le rayon cycles d’une grande enseigne de sport, dont il « regrette la froideur des contacts », et enfin comme auto-entrepreneur qui a décidé de se lancer lui-même dans le créneau de la réparation et la vente de vélos. Ce projet, qui lui tient à cœur depuis de longues années, prend forme dans un premier temps dans un simple atelier situé rue des Petits-Prés. Puis, rançon de son succès, il est contraint de s’exiler au n° 33 de la rue Principale.

Fin connaisseur de l’intimité des vélos, « pouvant trouver le petit grain de sable qui fait craquer le dérailleur », Xavier est aussi un humaniste revendiquant une démarche sociale, le côté lucratif passant au second plan, ce qui se remarque dans ses tarifs. Les vélos qu’il retape ne dépasseront jamais le prix de 50 € car « les gens n’ont pas tous le permis, c’est des fois une nécessité pour eux d’avoir un vélo, alors j’essaie toujours de faire en sorte que la note ne soit pas trop salée », et comme il sait bien que tout le monde n’a pas son affinité avec la mécanique, il propose également une garantie de trois mois avec une révision complète à la fin de cette période d’essai.

Photo : I bike Strasbourg
 Pensant à tout le monde, il propose également des tarifs adaptés aux bourses des étudiants, et peut même se déplacer (à vélo, bien sûr) pour une réparation. Côté services proposés, outre les réparations « minute » pour les plus pressés, Xavier Lippert propose des pièces d’occasion ou neuves et un système de dépôt-vente pour les personnes désireuses de bénéficier de la notoriété de sa boutique pour vendre leur deux-roues.

« Xav l'occaz » s’est peu à peu constitué comme un commerce de proximité, on y va comme chez le boulanger qu’on voit tous les matins. Même si son activité se situe dans le secteur marchand, il est avant tout créateur de lien social. Il aime ses clients, et ils le lui rendent bien.

« Xav l'occaz », 33, rue Principale, est ouvert du mardi au samedi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 19 h (17 h le samedi) Contact : 06 44 38 23 04/09 52 05 41 38. [email protected]

En complément de l’article, I bike Strasbourg vous propose une vidéo réalisée par France 3 dans l'ancien atelier de Xavier.


24 oct. 2012

Strasbourg, première ville cyclable française

Ce reportage de France 2 date de 2006. Il dresse en 2 minutes un portrait relativement complet du vélo à Strasbourg avec notamment une petite apparition de Jean Chaumien fondateur du CADR en 1975. Le reportage met en avant l'action continue en faveur du vélo des divers hommes et femmes politiques strasbourgeois, véritable gage de réussite d'une politique cyclable durable...Notez enfin, qu'en 2006, les choppers et autres cruisers étaient déjà en circulation à Strasbourg...



6 oct. 2012

Bandes vertes, renseignements complémentaires

Nous vous proposons aujourd’hui de revenir sur le la tribune de Stéphane Becker publiée le 10 septembre 2012 sur le site de Rue 89 Strasbourg intitulée « La peinture verte est un mensonge ». Cet article a mis du temps à se finaliser car le sujet est particulièrement complexe, flou et fait appel à des notions juridiques pas toujours faciles à maitriser pour quelqu’un qui n’est pas juriste. Aussi, il n’est pas impossible qu’une erreur d’interprétation se soit glissée dans le message notamment dans sa seconde partie plus réglementaire et technique basée sur les fiches techniques du CERTU. Si tel était le cas n’hésitez pas à me le faire savoir...

Les bandes vertes au sol ont été marquées à Strasbourg au début des années 90 pour signaler les traversées cyclables aux intersections. L’agglomération strasbourgeoise, en avance, à cette époque sur le développement du vélo et face au peu d’intérêt du ministère des transports à adapter la signalisation horizontale et verticale aux vélos, a réalisé à titre expérimental ces marquages.

Ces bandes vertes ont ensuite été reprises dans différentes villes françaises à partir du milieu des années 90. Par la suite, de nombreuses villes ont progressivement préféré au marquage vert, l'usage du pictogramme vélo blanc proposant un meilleur contraste, un visuel identifiable par tous, une meilleure adhérence par temps de pluie et un prix moindre. Cet usage est par la suite entré dans les recommandations techniques du CERTU pour devenir aujourd’hui la norme. Les bandes vertes ne répondent donc aujourd’hui à aucune règlementation comme a pu l'apprendre à ces dépends M.Becker.

Concrètement, afin d’éviter les désagréments arrivés à l’auteur de la tribune, voici quelques règles à adopter à l’approche d’une intersection :

Cas des carrefours à feux.

La priorité est donnée par la signalisation lumineuse. Lorsqu’il n’y a pas de signalisation lumineuse dédiée aux cyclistes, celui-ci doit respecter celle mise en place pour les piétons (Article R412-30 du code de la route). Le CERTU préconise le marquage de pictogrammes cyclistes pour matérialiser la traversée cyclable. Si la traversée cycliste est contiguë au passage piéton, le cycliste à le droit de traverser l’intersection sur son vélo. S’il n’y a pas de signalisation au sol pour les vélos ou si celle-ci est superposée au passage piéton, il s’agit d’un passage piéton. Le Certu précise que le passage piéton est à l'usage des traversées piétonnes et que le cycliste doit mettre pied à terre et renvoi pour cela à l’article 412-37 du code de la route (dans lequel je ne trouve pas cette information…).
Source : CERTU
Source : CERTU
Cas des traversées de voies non prioritaires

Les voitures circulant sur les axes non prioritaires doivent laisser la priorité aux cyclistes et piétons  et respecter les panneaux en place au débouché de la voie non prioritaire (stop ou cédez le passage). Dans ce cas, le CERTU préconise également le marquage de pictogrammes cyclistes pour matérialiser la priorité de la traversée cyclable. Comme pour les carrefours à feux, s’il n’y a pas de signalisation au sol pour les vélos ou si celle-ci est à l’intérieur du passage piéton, le cycliste est tenu de descendre de son vélo pour traverser. 

Source : CERTU
Source : CERTU
Source : CERTU
Cas des traversées de voies prioritaires

Le cycliste doit laisser la priorité aux usagers ayant la priorité (voitures, piétons, cyclistes). Il est soumis à un panneau Stop ou cédez le passage. Comme le cycliste n’est pas prioritaire il n’y a pas lieu de marquer l’itinéraire cyclable sur la traversée. 

Source : CERTU
Source : CERTU
Enfin le marquage au sol peut parfois tromper (surtout s’il n'est pas aux normes…). Aussi, il est nécessaire de vérifier d’abord la signalisation verticale (feux tricolores, panneaux…) généralement à jour avant de s’insérer dans une intersection.

5 oct. 2012

Bruxelles mesure l'état de son réseau cyclable

A Bruxelles, depuis un an, un « vélo-mesureur » parcourt le réseau cyclable de la capitale belge. Il est équipé d'une troisième roue arrière qui mesure les vibrations subie par le vélo. Un autre petit ordinateur de bord est installé sur le guidon. Il enregistre de nombreuses données parmi lesquelles leur largeur, la distance entre le vélo et les voitures, le type de revêtement, l’éclairage des rues etc...

C'est l'association belge de promotion du vélo "Fietsersbond"  qui regroupe plus de 7000 membres dans tout le plat pays qui a réalisé ce « vélo mesureur » et qui relève et exploite les données. Le Fietsersbond ne demande pas seulement que les cyclistes puissent circuler en toute sécurité, mais aussi qu’ils puissent le faire dans des conditions confortables. Les cyclistes ont en effet droit au même confort de route que les automobilistes sur la chaussée située à côté de la piste cyclable. En outre, des infrastructures cyclables sûres et confortables sont le levier essentiel pour augmenter le nombre de cyclistes. Le vélo mesureur a été développé en partenariat avec l'université de Louvain.


Les premiers résultats des analyses ont été présentés mardi 2 Octobre 2012 à la presse en présence de la ministre bruxelloise des Transports, Brigitte Grouwels. Le réseau cyclable bruxellois obtient tout juste la moyenne avec 5,1 sur 10. Sur la base des conclusions de cette étude, la ministre souhaite mieux cibler les futurs investissements. Les conclusions de cette analyse permettront de prioriser les efforts d’entretien en fonction de la dégradation des pistes et de cibler les investissements en la matière. Il est également prévu qu’une personne chargée du contrôle des pistes soit prochainement engagée par la Région. 

Je suis curieux de savoir quelle note obtiendrait le réseau strasbourgeois suite à une analyse similaire...Mieux ou pire que Bruxelles? Ce genre d'analyse devrait également intéresser l'agglomération de Mulhouse dont le mauvais entretien de certains aménagements a fait l'objet d'un récent article dans le quotidien l'Alsace...

28 sept. 2012

Un abri à vélos solaire à Haguenau

Article de l'Alsace du 24 septembre 2012

Des cellules photovoltaïques en toiture, une plaque à induction pour recharger la batterie : ce nouvel abri à vélos, inauguré à Haguenau, a été mis au point par une entreprise locale, Sew-Usocome.
 
« C’est une première mondiale », assure la Ville de Haguenau qui a inauguré cette semaine son abri à vélos solaire équipé d’un dispositif de recharge par induction. Installé au centre-ville, rue de la Moder, il permet à tout cycliste de garer et recharger son vélo à assistance électrique. Comment ça marche ? Les capteurs photovoltaïques, qui constituent le toit de l’abri, produisent de l’énergie. Celle-ci est vendue à Électricité de Strasbourg, qui assure en permanence la fourniture de l’électricité nécessaire au rechargement des batteries.

Cet abri, d’accès gratuit, permet d’accueillir dix vélos : quatre non électriques, quatre électriques classiques avec prise de courant et deux vélos à recharge de batterie sans contact. Cette nouvelle génération de vélo se recharge sur une plaque de transfert intégrée dans le sol. Un champ magnétique se crée à travers la béquille et transmet l’électricité : nul besoin de branchement. Ce système est déjà utilisé pour recharger des voitures et pour des applications industrielles.

Avantages ? « Il suffit de se garer, le processus se lance automatiquement, il est fiable par tous les temps, insensible au vandalisme, invisible sous le revêtement du sol et peu onéreux », assure le concepteur. C’est une entreprise haguenovienne, Sew-Usocome, qui a mis au point ce système. Filiale française de Sew-Eurodrive, « leader mondial des systèmes d’entraînement » employant 14 500 personnes dans le monde, cette société est implantée à Haguenau depuis 1959. Elle y emploie 1 400 personnes et construit une nouvelle usine à Mommenheim qui emploiera 350 à 400 salariés pour produire des motoréducteurs et des moteurs destinés aux véhicules électriques du futur.

Copyright L'Alsace.fr
« Ces bornes solaires de recharge par induction pourraient être généralisées dans les gares, les entreprises, les garages d’immeubles, sur les parkings de supermarchés… » suggère-t-on à Haguenau. 

Pour information Haguenau est la seconde ville du bas-Rhin avec un peu plus de 32 000 habitants. Elle se situe à 30 km au Nord de Strasbourg. Vous pouvez retrouver plus d'informations sur le vélo à Haguenau en cliquant sur le lien suivant : vélo à Haguenau

26 sept. 2012

Développement du vélo à Cronenbourg

Article des Dernières Nouvelles d'Alsace du 23 septembre 2012

Une étude des pratiques cyclistes a montré que le vélo était sous-utilisé dans le quartier de Cronenbourg comparé au reste de la CUS. Le premier frein : le manque de stationnements sécurisés dans le quartier. Dans les quartiers ouest de Strasbourg, la part modale du vélo ne représente que 3 % des déplacements. À titre de comparaison, celle-ci est de 15 % au centre-ville et la moyenne dans la CUS est de 8 %. C’est le principal résultat d’une étude menée entre le 15 juin et le 1er septembre 2011 dans le quartier d’habitat social l’Ilot-Champ-de-Manoeuvre à Cronenbourg.

295 ménages sur les 682 de la zone ont répondu à l’enquête, pointant du doigt dans le quartier le manque de stationnements sécurisés - en priorité - et le manque de pistes cyclables. Alors même que 30 % des personnes sondées utilisent quotidiennement leur bicyclette à des fins sportives ou de balades, elle n’est pas encore considérée dans le quartier comme un moyen de déplacement.

Dans le cadre du plan de rénovation urbaine, les équipes techniques de la CUS et les bailleurs sociaux ont donc planché sur une série de mesures à mettre en oeuvre pour lever ces freins. Ainsi, pour la semaine de la mobilité, les bailleurs sociaux du secteur (CUS Habitat et Batigère) ont présenté, hier, la mise en place de nouveaux locaux à vélos, soit par réhabilitation de ceux existants, soit par externalisation des bacs à ordures.

Seul le long terme permettra de voir si ces installations encourageront la pratique du deux-roues. En effet, lors de la visite de ces nouveaux aménagements, certains étaient dubitatifs quand à la sécurisation des arceaux mis en place, apparemment pas vraiment dissuasifs contre le vol. Alain Jund, adjoint au maire et délégué communautaire en charge de la politique vélo, en a donc profité pour rappeler « l’intérêt de travailler conjointement entre les acteurs de la Ville et les bailleurs sociaux, pour ne pas élaborer des projets qui n’amélioreraient pas la situation ». Des idées ont donc germé sur l’installation d’arceaux également en dehors des immeubles pour les visiteurs et de locaux pour les deux-roues motorisés afin d’éviter la saturation de ceux dédiés aux vélos.

Serge Oehler, adjoint en maire en charge du quartier, nuance, quant à lui, les résultats de l’enquête sur la spécificité de Cronenbourg : « On ne vit pas ici, comme en centre-ville. Le taux de chômage est de 40 %. Il y a énormément de travailleurs intérimaires qui ont besoin d’un véhicule motorisé pour travailler », avant de conclure sur l’importance sociale de « posséder un véhicule dans la société de consommation actuelle ».

Dans le cadre du PRU, Cronenbourg sera également mieux desservi par les pistes cyclables, notamment par la rue du Hochfelden, fraîchement réhabilitée. Des actions associatives voient le jour. La communauté Emmaüs propose la vente et la réparation des vélos tout comme l’association Bretz’selle, pour ne citer qu’elles.

20 sept. 2012

Le CADR 67 dans l'émission transportez moi !

L'émission transportez moi ! de la chaîne LCP (La Chaine Parlementaire) a consacré un numéro spécial aux deux roues (motorisés ou non). Diffusé pour la première fin mai 2012 et rediffusé pendant l'été, celui-ci débute par un petit tour dans la capitale mondiale du vélo, Copenhague, puis à Strasbourg, capitale française du vélo.

On y découvre en compagnie de Fabien Masson, directeur du CADR 67, un panel des aménagements cyclables de Strasbourg. On part ensuite à Versailles pour y découvrir les efforts de la municipalité pour y développer le vélo et l'intermodalité...

L'émission s'intéresse ensuite à la cohabitation entre les automobilistes et les motards et au développement de l'utilisation des scooters pour revenir sur le vélo à assistance électrique...

            



Une émission pas trop mal foutue comme on aimerait en voir un peu plus souvent...

13 sept. 2012

Vélocité à Mulhouse fête ses 5 ans !

Comme le soulignait cet article, Vélhop n’est pas le seul système VLS en Alsace. Le premier était Vélocité à Mulhouse. Organisé selon la formule classique de Vélo’v ou Vélib, il fête ses 5 ans d’existence et affiche un bilan plutôt positif. En guise de cadeau France 3 Alsace nous propose ce petit reportage.