10 déc. 2013

Tomahawk Bike Messenger, coursiers à vélo à Strasbourg.

Très rapidement après son invention, le vélo, plus rapide et moins contraignant que le cheval, a été utilisé pour livrer des biens. Si bien que durant la première partie du 20ème siècle des compagnies de coursiers à vélo se sont créées dans de nombreuses villes.

Coursiers à Indianapolis, Etats-Unis, en 1908. Source: Bicycle, David V.Herlithy

Dans les années 1970, la livraison motorisée commença progressivement à supplanter et éliminer complètement les coursiers à vélo. Seules quelques grandes villes Nord américaines conserveront des compagnies de livraisons à vélo dont bien sur New York, qui est considérée comme la capitale mondiale des coursiers à vélo !

En 1983, après deux chocs pétroliers, et pour faire face à l'engorgement des grandes villes par le trafic automobile, les coursiers à vélo réapparaissent en Europe, à Londres puis progressivement dans d’autres grandes villes européennes, notamment suisses et allemandes comme Lausanne, Bâle, Zurich, ou Berlin. La capitale allemande accueille en 1993, la première édition du championnat du monde des coursiers à vélo qui se déroule depuis annuellement.

Strasbourg, ville où la pratique du vélo est la plus développée en France ne pouvait pas rester à l’écart de ce mouvement. C’est dans cette dynamique qu’Emmanuel Bastian dit Manu a créé, en 2004, la société de livraison à vélo, Tomahawk Bike Messenger.

Manu et Guillaume L.
Manu
Les origines de Tomahawk

Enfant, Manu est tombé avec stupeur et fascination sur un reportage consacré aux coursiers à vélo new-yorkais qui a été le déclencheur de sa passion. Passer sa journée à pédaler au milieu de la ville et en vivre est pour lui le plus beau métier du monde. Comme il est malheureusement difficile de se construire une vie sur la base d'un rêve d'enfant et d'une passion, Manu a commencé sa carrière professionnelle comme jeune cadre dynamique sans pour autant oublier le vélo. Quelques voyages plus tard, dont un qui lui a permis de voir fonctionner une société de coursiers à San Francisco, Manu s'est dit en 2004 qu'il était temps de vivre la vie d'un coursier à vélo, dans sa ville natale... Strasbourg.

La société Tomahawk Bike Messenger a été créée afin de démontrer, localement et par l'exemple, que le vélo offre une solution de livraison alternative et performante pour une grande variété de biens au sein d'une agglomération comme Strasbourg. Depuis d'autres sociétés sont venues compléter et diversifier l'offre des coursiers à vélo strasbourgeois (la messagerie à bicyclette, So’Bike messenger ou encore, Timing transport express.).

L’appellation Tomahawk est une référence à la hache de pierre utilisée par les Indiens d'Amérique du Nord. Manu a choisi ce nom car il rappelle l'origine américaine du développement des coursiers à vélo, il sonne bien et enfin car la référence indienne souligne le côté tribu de l'équipe qui est très soudée. Le tomahawk illustre également bien le métier de coursier à vélo : simple, rudimentaire mais très efficace. Le vélo est un instrument ingénieux, polyvalent, parfaitement adapté à son environnement et à sa fonction. Il a un rayon d'action réduit, mais est très efficace dans un environnement dense comme celui de la ville.



Le développement

Les débuts ont été difficiles. Les premiers clients étaient rares et n'offraient que peu de courses, mais ceux-ci lui sont restés fidèles au fil des années et il en a progressivement trouvé de nouveau. En 2006, Manu embauche son premier employé, Samuel pour avoir un second coursier et faire face aux demandes. A cette époque, pics d'activité qui les obligeaient à sillonner la ville en tous sens et creux, où ils se retrouvaient sur les bancs de l'Orangerie à attendre un appel se succèdent. Puis, le nombre de clients et de courses s'est progressivement accru. Tomahawk a bénéficié en 2008 d’un coup de pouce de l’ADEME et se composait de 9 coursiers en 2011. En parallèle, la charge de travail administrative s'était développée dans les mêmes proportions et la nécessité de changer de braquet pour que Manu ne soit plus seul à faire tourner la société s'est fait sentir.

Samuel
A ce moment, Pascal Kempf (ancien camarade de classe préparatoire de Manu au lycée Kléber de Strasbourg) a une vie professionnelle de consultant, avec beaucoup de déplacements qui laissaient peu de temps à la vie familiale. Il recherchait un nouvel équilibre dans une aventure locale et écologique, porteuse de sens pour lui. Après quelques échanges, Manu et Pascal décident de s'associer et de se partager la gérance en restant fidèle au projet initial : faire la promotion du vélo comme moyen de transport alternatif et démontrer par l'exemple son efficacité.

Pascal
Pascal
 Les clients et leurs motivations
Aujourd'hui Tomahawk transporte principalement des documents administratifs, des supports de communication et des produits alimentaires ou médicaux... Tous les clients de la société s'accordent à dire que le vélo est le mode de déplacement le plus réactif (un coursier peut être présent très peu de temps après un appel) et efficace (rapidité, ponctualité...) pour livrer des petits colis en ville. M. Daull, patron d'une société de prothèses dentaires, a été l'un des tous premiers clients quotidien de Tomahawk en 2004. Il effectuait ses livraisons lui-même en voiture jusqu'au jour où le temps perdu dans la circulation et les amendes pour stationnement gênant l'ont poussé à contacter Tomahawk.
Daniel
François
Guillaume H.

D'autres clients sont plus sensibles à la dimension écologique comme un groupement de laboratoires d'analyses médicales strasbourgeois qui fait appel quotidiennement à Tomahawk pour transporter ses prélèvements biologiques en respectant les normes en vigueur pour le transport médical. Enfin, pour M. Kirn, traiteur strasbourgeois réputé, les tournées de repas préparés pour des personnes âgées du quartier de la Montagne Verte à l'ouest de Strasbourg étaient devenues un véritable problème logistique. Il décida donc d'externaliser cette tâche à Tomahawk et de réaffecter le personnel qui effectuait ses tournées dans sa boutique pour y renforcer le service.

Les coursiers
Au-delà de l'impulsion donnée au départ par Manu, Tomahawk est aujourd'hui un projet d'équipe. Si chacun est seul sur son vélo, c'est la solidarité, l'entraide, la concertation entre les coursiers qui permet à la société d'être aussi réactive face aux demandes de ses clients. Ce lien fort entre les coursiers dépasse souvent le seul cadre du travail.
Tomahawk compte aujourd'hui 12 coursiers. Ils travaillent au maximum 28h par semaine et font parfois plus de 100 km dans la journée avec leur sac imperméable chargé sur le dos, quelques soient les conditions climatiques. Chaque coursier a ses habitudes et préférences de vélo. Certains préfèrent des pignons fixes, d’autres des vitesses, d’autres des fourches suspendues ou changent de vélos selon les conditions météorologiques (VTT avec pneus cloutés quand il neige par exemple...) mais tous s’accordent sur le sentiment de liberté que leur procure leur métier. 
Guillaume S.
Igor
Loïc
Vincent

Leurs bureaux sont les pistes cyclables et leur principal outil de travail leur vélo... Ces coursiers sont avant tout de vrais passionnés de vélo qui aiment leur métier et qui n’en changeraient pour rien au monde. Pour faire appel à leur services pour des livraisons sur l’ensemble de l’agglomération strasbourgeoise du lundi au vendredi, de 8h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00, vous pouvez les joindre au 06 66 94 10 46 ou par mail à Tomahawk.sarl@gmail.com
Espérons que Tomahawk et plus généralement les coursiers à vélo strasbourgeois connaissent le même développement que leurs homologues allemands ou suisses...



I Bike Strasbourg remercie très chaleuresement Pascal Kempf pour l'aide à la réalisation de cet article.


1 commentaire:

  1. Bonjour,

    Bagaboo, les célèbres sacs à dos de coursier, vient de lancer son site en France : http://www.bagaboo-bags.fr.

    Pour info !
    maxence

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