4 févr. 2016

"Vélos urbains", l'ouvrage référence sur le fixie en France !

Dis moi quel guidon tu as et je te dirai quel cycliste tu es... Cette expression a sans doute donné à Laurent Belando l’idée de son livre intitulé “Vélos urbains”. Sorti à la fin de l’année 2015 aux éditions Tana, cet ouvrage met en avant la grande diversité des modèles de vélos grâce à plus d’une cinquantaine de portraits illustrés de cyclistes pour qui le vélo est passé d’un simple mode de déplacement à un mode de vie.


Du grand-bi au pliable, du cruiser au cargo et du vélib au vélo hollandais en passant par le BMX et le vélo à assistance électrique, “Vélos urbains” met en avant la relation entre le vélo et le cycliste quotidien qui bien souvent a baptisé son vélo d’un sobriquet caractéristique. En 192 pages, l’auteur dresse un panorama quasi complet du paysage cyclable en approfondissant particulièrement le domaine du pignon fixe (fixie pour les connaisseurs). Dépourvu de vitesses, ces vélos possèdent un unique pignon totalement solidaire de la roue arrière. Tant que celle-ci tourne, la chaîne et donc le pédalier, tournent également. Le cycliste ne peut donc que pédaler, ou résister, et de ce fait freiner.


Sous titré, de la roue libre au pignon fixe, l’ouvrage présente de nombreux style de vélos à pignons fixes et expose tout l'univers de ce qu’il appelle la tribu du pignon fixe. Les coursiers, le bike polo, le vélo de piste, le freestyle, les alley-cats, critériums et autres pratiques découlant du pignon fixe sont passés en revue d’une manière exhaustive, précise et documentée.

 
Vous pourrez ainsi découvrir dans ce livre que le fixie n’est pas, contrairement à ce que beaucoup pensent, un phénomène de mode qui consiste à slalomer à toute vitesse entre les piétons, les autres cyclistes ou les voitures. En effet, il s’agit d’une branche de la culture vélo présente depuis longtemps, qui possède ses propres codes, des évènements spécifiques et qui est aujourd’hui en plein développement comme on le verra dans un prochain article qui s'intéressera plus particulièrement à la communauté fixie strasbourgeoise.

 
Afin de convertir de nouvelles personnes cyclistes ou non, l’auteur achève son livre sur de précieuses recommandations techniques pour trouver ou se fabriquer son vélo à pignon fixe. Pour cela, Laurent Belando expose les critères à prendre en compte pour choisir son cadre, quelques artisans français (In'Bô, Santa's workshop, Victoire Cycles, ADV, Belleville Machine, Héritage...) ainsi que les différentes pièces nécessaires pour monter son “fixe”.
Ce livre destiné aux néophytes aussi bien qu'aux initiés peut être, pour les parisiens, livré et dédicacé à vélo dans la journée grâce aux services de la société Couriier coursiers. Une raison de plus pour l’ajouter à votre vélothèque...

28 janv. 2016

Quelle sera la place donnée aux piétons et aux cyclistes dans le réaménagement des quais de l'Ill ?


Qu'ils soient piétons, cyclistes, usagers des transports en commun, automobilistes ou commerçants, tous les strasbourgeois connaissent les dysfonctionnements chroniques des quais de l'Ill. Bordés par de nombreux petits commerces, restaurants, bars et quelques-uns des bâtiments patrimoniaux les plus remarquables de Strasbourg (Ancienne Douane, Palais Rohan, îlot Esca, Gallia...), ces quais sont parmi les plus attrayants de la capitale alsacienne malgré des trottoirs souvent inférieurs à 1 mètre, des aménagements cyclables inexistant, une circulation automobile de 10 000 à 15 000 véhicules par jour, une vitesse commerciale de la ligne de bus n°10 de l'ordre de 9 à 16km/h (soit la plus faible du réseau de la CTS) et un rapport avec l'eau très peu valorisé.

Linéaire impacté par le projet de réaménagement. Source: Google Maps

Ces quais, matérialisant la limite entre le centre-ville et le quartier de la Krutenau, seront fermés à la circulation automobile du 30 mai au 24 juillet prochain en raison d'importants travaux sur le réseau de canalisations d'eau. Souhaitant utiliser cette opportunité, la ville de Strasbourg a lancé vendredi dernier, une grande réflexion sur leur réaménagement entre les quais Brandt et Finkwiller dans un objectif de réappropriation de l’espace public et de valorisation patrimoniale. 

Non concernés par les principaux réaménagements de voirie réalisés dans le cadre du développement du tramway depuis le début des années 1990, ces quais n'ont jamais fait l'objet d'intentions de réaménagement. Pour bien planifier le futur, il est important, de connaître le passé et le présent. Grâce à la série de gravures et de dessins anciens de ces quais* présentée ci-après, vous pourrez vous rendre compte des évolutions du rapport entre la ville et l'eau et également de la métamorphose de l'espace public et de son usage depuis quelques siècles.
Confluent de l'Ill et du canal des faux remparts, au quai des pêcheurs. Gravure de J.Poppel, d'après R.Höfle, extraite de "Der Rhein und die Rheinlande", Darmstadt, 1857
Le pont St Guillaume, lithographie de F. J. Oberthür, vers 1850
Le pont du Corbeau, avant sa reconstruction en 1841. A droite, au premier plan, la Grande Boucherie (1587) en activité jusqu'en 1860, aujourd'hui Musée Historique. Lithographie anonyme, extraite de Piton : "Strasbourg illustré", 1855

Le pont Ste Madeleine et le château des Rohan. Lithographie de Xavier Sandmann et J. Pedraglio, vers 1845.
L'Ancienne Douane et le quai St Nicolas. ce quai établi au XIV ème siècle, est le plus ancien de la ville: Au premier plan le pont du même nom, avait été reconstruit à la fin du XIX ème siècle; il l'a été de nouveau en 1936. Lithographie de François Sandmann et J. Pedraglio.

Aujourd'hui, l’exécutif strasbourgeois souhaite mener une concertation exemplaire sur le futur de ces quais. Elle s'organisera autour d'un atelier dont la mission sera de proposer différentes évolutions, d’une péniche d’information qui sera amarrée quai St-Etienne ainsi que d'un site internet chargé de présenter la démarche et de recueillir les propositions des Strasbourgeois. 

Les deux mois de travaux de cet été permettront d'analyser l'impact de la fermeture des quais sur le trafic automobile dans le secteur et permettront de préciser les évolutions possibles. Une prochaine réunion est programmée fin avril ou début mai pour définir les pistes (que beaucoup espèrent cyclables...) de ce projet qui s'annonce comme l'un des principal de ce mandat pour les piétons et les cyclistes à Strasbourg.



* ces documents sont extraits du livre « Strasbourg, cent quarante gravures et dessins anciens » de Paul Ahnne, édité par la ville de Strasbourg en 1971.

21 janv. 2016

A Strasbourg, les cyclistes ont leur maison !

Inaugurée en 2004, la maison des cyclistes de Strasbourg est le coeur de la culture vélo à Strasbourg. Localisée au 12 rue des bouchers, à proximité immédiate du centre ville et d’une des principales piste cyclable de l’agglomération, elle est gérée par l’association CADR 67 qui y a ses locaux. 

Ouverte du mardi au samedi de 13h30 à 18h, et tenue par les quatres salariés du CADR 67, Fabien, le Directeur, Vincent et François, animateurs vélo et Laurence, à l’accueil ou par l’un des 350 bénévoles de l’association, vous pourrez y trouver toutes les informations nécessaires sur le vélo dans l’agglomération strasbourgeoise et en Alsace (plans cyclables, documents de communication, fonctionnement des vélo écoles et des pédibus, livres, évolutions du code de la route, expérimentations…). 

Fabien et Vincent sont au service des cyclistes.
La maison des cyclistes propose également des services, notamment pour la lutte contre vol. Pour 4 euros (2 pour les membres de l’association et des ateliers d’autoréparation locaux), vous pouvez faire graver votre vélo et vous faire expliquer le principe du passeport qui vous sera remis lors de cette opération. Vous pouvez également obtenir de nombreux renseignements sur les cadenas et leur différents niveaux de résistance ou demander un contrôle technique sur votre vélo. 


Construites sur les fondations développées depuis le début des années 1970 par le CADR, la maison des cyclistes est au cœur d’un petit village dédié au vélo. Au second étage du même immeuble, se trouve le siège de la FUB et à coté au n°10 se trouve l’association Bretz’selle, l’atelier d’autoréparation le plus fréquenté de la ville. Si vous passez dans le coin n’hésitez pas à pousser la porte de la maison des cyclistes, vous y êtes chez vous !

14 janv. 2016

A Lausanne, le métro automatique est la principale infrastructure cyclable !

1%, c'est la proportion des déplacements réalisés quotidiennement à vélo (la part modale comme disent les techniciens) à Lausanne. Ce chiffre, classe la capitale du canton de Vaud comme lanterne rouge des villes suisses, loin derrière Berne et Bâle qui caracolent en tête du peloton avec respectivement 11% et 20 % d'usage du vélo.

Deux principaux facteurs expliquent cette très faible utilisation du vélo dans l'agglomération lausannoise. Tout d'abord, une topographie marquée. Les rives du lac Léman sont à 370 m tandis que les quartiers les plus hauts de la ville se situent à 900 m et le centre à une moyenne de 500 m. Cependant, la pratique du vélo dans la capitale helvétique, Berne, voisine d'une centaine de kilomètres et qui présente également de fortes pentes prouve que la dénivellation n'est pas forcément un obstacle à l’utilisation du vélo et à plus forte raison depuis le développement du vélo à assistance électrique.

La seconde raison qui n'incite que peu de lausannois à se déplacer quotidiennement à vélo est la même quand dans toutes les villes où le vélo est peu développé. Il s'agit du manque d'aménagements cyclables. Pour supplanter cette lacune, la ville s'est lancée depuis quelques années dans un programme d'aménagements et a développé un concept cyclable original et pragmatique s'appuyant grandement sur son métro automatique, inaugurée en 2008.

Le métro automatique M2 entre les stations Délices et Grancy.
Cette ligne de transport public, baptisée M2, orientée Nord/Sud s'affranchit du dénivelé et relie le quartier d'Ouchy, bordé par les eaux du lac Léman à 370m d'altitude à la commune d'Epallinges, située à 710 m d'altitude. En complémentarité au métro, la ville organise progressivement son réseau cyclable sur des axes orientés Est/Ouest parallèles aux courbes de niveaux et présentant de faibles dénivellations.

Réseau cyclable planifié de l’agglomération lausannoise à l'horizon 2020
Ces axes viennent se greffer sur les stations de métro qui sont toutes équipées de stationnement vélo. Il et ainsi possible pour les cyclistes d'y parquer leurs montures et de continuer leurs déplacements en transports en commun puis à pied. Certains n'hésitent pas à s'équiper de deux vélos, un à la station de départ, l'autre à l'arrivée.



Tous les quais sont accessibles à vélo (et donc également en poussette ou en fauteuil roulant) grâce à des ascenseurs ou des rampes. Il est donc possible d'embarquer son vélo dans le métro en achetant un billet spécifique pour son deux roues. Le tarif est de 3 CHF* pour les adultes, de 2,10 CHF* pour les jeunes jusqu'à 16 ans ainsi que les détenteurs d'un abonnement général ou demi tarif des CFF (Chemins de Fer Fédéraux, la compagnie ferroviaire nationale suisse). Les vélos pliables à condition qu'il soient pliés et emballés dans une housse ainsi que les vélos d'enfants voyagent gratuitement.

Le matériel roulant composé de deux wagons identiques à ceux qui circulent sur les lignes 1 et 14 du métro parisien (MP 89 pour les ferrovipathes) permet d'embarquer, si la place le permet et en dehors des heures de pointe et forte fréquentation, trois à quatre vélos à l'arrière des rames. Il n'est donc pas rare de croiser, sur cette ligne, des cyclistes profitant paisiblement de l'assistance électrique du métro pour grimper dans la ville.


 

Une deuxième ligne de métro automatique sera construite d'ici quelques années en direction du nord ouest de la ville. Elle devrait également être un exemple d'intermodalité avec le vélo et remplacer le l'expression "métro, boulot, dodo" par "vélo, métro, boulot". D'ici là, la ville de Lausanne a pour objectif de parvenir à 5 % de part modale vélo à l'horizon 2020. Pour cela, elle a récemment révisé sa politique cyclable comme le dévoile ce communiqué de presse et cet article.

A Lausanne, la piste cyclable est droite mais la pente est forte !



*Le taux de change du 14/01/2016 est de 1 CHF = 0,92 €

7 janv. 2016

En 2016, le vélo va-t-il enfin faire sa pub?

Vous avez tous certainement déjà vu des publicités du début du 19ème siècle vantant les mérites de nombreuses marques de bicyclettes françaises ou européennes. A cette époque, le vélo et la pub étaient tout jeunes et s’aimaient fortement donnant ainsi naissance à de nombreuses et belles affiches. Depuis, le couple semble avoir divorcé et la publicité tourné définitivement le dos à son ancien amour au bénéfice des charmes cancérigènes et énergivores de l’automobile.









Aujourd'hui, le couple semble à nouveau se rapprocher. En effet, on constate un regain d'intérêt pour le vélo dans la publicité car il véhicule une image simple, branchée et surtout écologique qui correspond très bien à l'air du temps et aux attentes de nombreuses personnes. Cependant, les publicitaires, grands partisans du green washing, oublient systématiquement la fonction première de mobilité du vélo et le relègue au rang d’accessoire de mode ou utilisent ses avantages pour faire la promotion d’autres produits (parfois radicalement opposés aux valeurs du vélo comme de l'alcool ou des cigarettes). 













Publicité pour des cigarettes à Lausanne.
Contrairement à d'autres pays comme les Pays-Bas ou la Suisse, en France, en dehors des magazines spécialisés dans le vélo urbain, il est impossible de découvrir une publicité qui a pour objectif de vendre un vélo pour se déplacer au quotidien en ville. 


Publicité vue en gare de Bâle
Pourtant, d’après l’union nationale de l’industrie du cycle (dont le site ne semble malheureusement plus être mis à jour depuis début 2015...), plus de 326 000 vélos urbains dont 56 000 à assistance électrique ont été vendus en 2013 soit 11% des vélos vendus. Ce chiffre est en hausse de 2% par rapport à 2012, de même que le prix moyen d’achat qui atteint un peu plus de 300 €. 

Avec le développement du vélo dans les villes françaises et l’avènement des systèmes de vélos en libre service, la clientèle désireuse de pédaler sur une monture adaptée et personnelle est en plein essor. Alors, en 2016, le vélo fera-t-il enfin sa pub?

22 déc. 2015

Vous reprendrez bien un peu de Cargologie ?

A quelques jours du passage de 2015 à 2016, I Bike Strasbourg vous propose de revenir sur ce qui a marqué l’événement majeur de son année, le Go Go cargo qui fêtait  la sortie de l’ouvrage « Cargologie ». A ce jour, un mois et demi après sa sortie, près de 50 exemplaires ont trouvé preneur et des médias spécialisés ont relayés l’annonce de la publication du livre prouvant ainsi l’intérêt grandissant pour  le vélo cargo mais également la qualité du livre. Pour finir l’année 2015, je vous ressers donc une série de photos d’usagers de vélos cargo strasbourgeois ne figurant pas dans le livre.












Début 2016, Cargologie sera disponible à Strasbourg au tarif de 35 € dans les magasins d’Esprit Cycles, de Rustine et Burette et à la Maison du vélo. Des contacts sont en cours pour que le livre puisse également être distribué dans d'autres villes françaises et étrangères. En attendant, il reste en vente en ligne au prix d’un peu plus de 40 € avec les frais de port. Rendez-vous en 2016 pour d’autres projets de développement du vélo et du vélo cargo et d’ici là, passez de bonnes fêtes de fin d’année.