31 oct. 2018

Les principales marques de vélos cargo circulant à Amsterdam.

Impossible, même lors d'un court passage à Amsterdam, de ne pas remarquer les nombreux vélos cargo qui circulent quotidiennement dans cette ville. Trois principales marques (hollandaises bien sur) se partagent la quasi totalité du marché. Il s'agit de Bakfiets, Babboe et Urban Arrow. La première, qui a vu le jour en 1999, se démarque avec de nombreuses options, accessoires et coloris. La seconde commercialise depuis 2007, une large gamme qui peut être équipée de deux systèmes d'assistance (moteur dans le moyeu arrière ou pédalier). La dernière fondée en 2010, ne propose que des modèles équipés d'une assistance Bosch. Ils sont composés de matériaux plus légers mais tout aussi résistants (cadre en aluminium et caisse en polypropylène expansé).

  




 






A Strasbourg et en France ces trois marques sont également les plus courantes. Elles permettent aisément de trouver le vélo cargo adapté à ses besoins, qu'il soit sur deux ou trois roues, avec ou sans moteur ou destiné au transport d'enfants ou de marchandises. Et si jamais, ces fabricants ne répondent pas à vos besoins, d'autres entreprises danoises, allemandes voire françaises sauront à coups sur vous faire oublier votre voiture ou votre camionnette.

24 mai 2018

Car Go ! Bike Boom, le livre pour comprendre comment le vélo cargo a révolutionné la mobilité.

Deux allemands, Eric Poscher, vélocosmopolite dans la quarantaine et Jürgen Ghebrezgiabiher, poète, mécanicien vélo de 55 ans, ont publié au début du printemps un livre sur le vélo cargo. Eric est convaincu depuis près d’une décennie que le vélo cargo est plus efficace que les voitures. « J’ai commencé par fabriquer quelques vélos cargo, puis à participer à l’ouverture d’un magasin spécialisé. J’ai également initié le système de vélos cargo partagé Fairvelo » explique Eric. De son côté, Jürgen a toujours utilisé le vélo pour se déplacer. « Le vélo et plus précisément le vélo cargo est une véritable opportunité pour repenser la mobilité en ville. Il offre de formidables capacités de transport et permet de démontrer que l’on n’a pas besoin d’essence pour se déplacer en ville avec des enfants, pour faire des courses ou pour transporter des marchandises ».

Les auteurs ont lancé fin 2015 une campagne de crowdfunding pour présenter leur projet et récolter le budget nécessaire pour le réaliser. L’intérêt pour le livre s’est rapidement manifesté puisque la campagne a dépassé les besoins financiers escomptés pour sa publication. Le duo a choisi d’intituler son ouvrage Car Go ! Bike Boom en référence à l’essor récent du vélo cargo. « Nous voulions également trouver un titre brin provocateur. C’est pour cela que nous avons choisi Car Go ! et non Cargo qui donne un double sens au titre que l’on pourrait traduire par : Vas-t-en voiture, le vélo explose ».


« Notre objectif était d'offrir un condensé d’informations sur le vélo cargo ». Tout au long de ses 224 pages, l’ouvrage, sous-titré « Comment les vélos cargo ont révolutionné notre mobilité », s’équilibre entre des passages permettant aux novices de découvrir la thématique et d’autres plus approfondis et techniques qui raviront les initiés. « Nous souhaitions également aller au-delà des informations que les gens peuvent trouver sur internet » ajoutent les auteurs. En complément, de nombreuses photos, schémas ou dessins agrémentent leurs propos.

Eric à gauche et Jürgen au centre lors de la présentation du livre durant l'International Cargo Bike Festival qui s'est tenu en Avril 2018 à Berlin.

« Car Go ! Bike Boom » débute par un inventaire des différents modèles. Il présente ensuite un historique du développement des vélos cargo de la fin du XIXème siècle jusqu’à aujourd’hui. L’ouvrage, publié par Maxime, une maison d’édition allemande spécialisée dans le vélo, aborde ensuite les nombreuses utilisations possibles du vélo cargo (transport d’enfants ou de marchandises, service de vélos cargo partagés, vélo taxi, vélo cargo « faits maison », sound system…). Il propose également quelques escapades à la découverte du sujet en Europe notamment à Copenhague, la ville aux 40 000 vélos cargo et Amsterdam avec une interview de Marteen von Andel, fondateur de Bakfiets.nl. En fin de livre de nombreux liens permettent de prolonger la révolution de la mobilité sur internet.

« Nous avons essayé de couvrir à peu près tous les aspects du vélo cargo d'un point de vue technologique et sociologique», précise Eric. Son collègue Jurgen poursuit, « le vélo cargo est un moyen d’améliorer son quotidien et nous voulions retranscrire cette évolution dans notre projet. Ainsi, le livre aborde autant la vie que les usagers développent grâce au vélo cargo que ce véhicule en lui-même ». Cette double approche permet au livre de s’adresser à un public large qu’il soit professionnel de l'industrie du vélo (cargo), urbaniste, utilisateur familial ou professionnel recherchant des conseils, avis ou idées. « Il intéressera également les geeks de vélo et de technologie », complète Eric. Disponible uniquement dans la langue de Goethe et pour 27 €, Car Go ! Bike Boom a tout pour devenir rapidement l’ouvrage de référence sur le vélo cargo.

18 avr. 2018

Vers une ZAD à Strasbourg au pied des institutions européennes ?



Strasbourg a beau être la capitale française du vélo, elle n’en reste pas moins une ville où le vélo doit toujours être défendu pour faire valoir ses droits et ne pas servir de variable d’ajustement. Il y a parfois des choses qui passent pratiquement inaperçue comme la suppression des bandes cyclables de la rue Sengenwald au profit d’un couloir bus ou la disparition totale du marquage de la bande cyclable du quai Sturm entre la place de la République et la rue du Général Frère et d’autres qui, même si elles sont préparées dans le plus grand secret, éclatent soudainement au grand jour et provoquent la colère et l’incompréhension des cyclistes locaux. 

C’est le cas du projet de fermeture à la circulation des piétons et des cyclistes des berges de l’Ill à proximité des institutions européennes. Piloté par ses dernières et autorisé par l’Etat sans consultation de la ville de Strasbourg, ces travaux ont pour objectif de sécuriser le Conseil de l’Europe et le Parlement européen de potentielles attaques terroristes. C’est l’ADIR (association de défense des intérêts de la Robertsau) qui a découvert l’annonce des travaux début octobre 2017.

Le collectif s’est empressé de déposer un recours gracieux (demande de réexamen du dossier par le porteur de projet), contre la fermeture des berges. En complément, il a également organisé, avec l’appui d’associations cyclistes, piétonnes et de citoyens, une première manifestation le 12 octobre pour défendre l’accès pérenne des cyclistes et des piétons à cet itinéraire. Ceci d’autant plus, que l’alternative par l’avenue de l’Europe et le boulevard Paul Déroulède, n’est pas bien aménagée et sécurisée. 

Rapidement après cette première manifestation, la ville de Strasbourg a publié un communiqué expliquant qu’elle était « sensibilisée au projet de fermeture aux cyclistes et aux piétons des berges de l’Ill au niveau des institutions européennes » que « L’Etat, le Parlement et la collectivité doivent très rapidement rediscuter des modalités de cette fermeture » et qu’elle « souhaitait que ces berges demeurent naturellement ouvertes et accessibles, et que d'éventuelles fermetures pour raisons de sécurité soient parfaitement exceptionnelles et motivées ». Une seconde manifestation a eu lieu le 26 février 2018. Pour faire pression sur les autorités qui restent sourdes aux demandes des associations, une troisième manifestation sur l’itinéraire a été organisée lundi dernier.


Elle a rassemblé près de 300 participants dont quelques élus strasbourgeois engagés pour le vélo et la députée européenne Karima Delli (EELV), présidente de la commission des transports et du tourisme du Parlement européen. 



En parallèle une pétition en ligne a également été lancée. Elle a encore besoin de signatures afin de pouvoir être présentée directement au Conseil Municipal selon le nouveau pacte de démocratie lancé l’année dernière par la Ville. L’ADIR insiste également sur le fait que selon elle, ce projet ne respecte pas l’article L 2131-2 du Code général de la propriété des personnes publiques. Celui-ci stipule notamment que les propriétaires d’un cours d’eau domanial, c’est-à-dire qui navigable et qui appartient à l’Etat, comme c’est le cas de l’Ill à Strasbourg, ne peuvent  clore les berges qu'à une distance de 3,25m des rives, dite servitude de marchepied. Cette dernière étant à l'usage du gestionnaire de ce cours d'eau des pêcheurs ou des piétons.

Les contraintes de sécurisation des sites sensibles sont compréhensibles dans le contexte de menaces terroristes actuel, mais elles ne doivent pas se faire au détriment des citoyens et respecter les principes de perméabilité et de proximité des institutions européennes et le site où elles ont été bâties… Il y a quelques années, les cyclistes amstellodamois se sont battus pour conserver le droit de circuler sur une piste cyclable qui passait dans le Rijksmuseum (sans doute l’une des plus belle piste cyclable au monde…). Après la ZAD du Moulin à Kolbsheim contre le projet d’autoroute de contournement de l’agglomération strasbourgeoise, une nouvelle ZAD contre le projet de fermeture à la circulation des piétons et des cyclistes des berges de l’Ill dans le secteur des institutions européennes est-il en train de naître dans la capitale du vélo et de l’Europe ?

22 nov. 2017

Plus que quelques jours pour participer au premier baromêtre cyclable national !



Après sa campagne de sensibilisation des élus durant les élections présidentielles et législatives du printemps dernier, la FUB continu son travail de sensibilisation et de lobbying avec la première enquête nationale d’ampleur auprès des usagers du vélo. Intitulé, « baromètre des villes cyclables », ce questionnaire en ligne, a pour objectif d’évaluer la « cyclabilité » de votre ville et de partager votre expérience de cycliste. Librement inspiré de l’enquête de l’enquête Fahhradklima-Test initiée par la fédération allemande du vélo (ADFC) en 1988 et réalisée 7 fois depuis, le questionnaire aborde différentes thématiques comme le confort du réseau cyclable, la sécurité à vélo, l’importance des actions effectuées par les villes ou encore les critères importants pour développer le vélo.


Les résultats seront rendus publics en Mars 2018 et permettront de mieux cerner les attentes des citoyens qui souhaitent se déplacer à vélo. Ils viendront également alimenter les réflexions des Assises Nationales de la Mobilité. Lancées en septembre 2017 par Elisabeth Borne, ministre chargée des transports, cette consultation qui s'adresse à tous les acteurs du territoire se déroulera jusqu'en décembre 2017. Elle permettra de préparer la Loi d'orientation des mobilités, qui sera présentée au premier semestre 2018 aux députés.  

Plus de 83 000 retours ont déjà été comptabilisés et des villes de toutes tailles et de toutes les régions ont montré un fort engouement pour cette enquête. A Strasbourg, près de 1300 réponses ont déjà été enregistrées ce qui correspond presque à l’objectif affiché par la FUB de 5 réponses pour 1000 habitants. Cependant, d’autres métropoles comme Grenoble, Rennes, Nantes ou Bordeaux affichent un taux de participation plus important et étant donné la pratique importante du vélo dans la capitale alsacienne, ce nombre semble relativement faible. Dans le reste de l’Eurométropole, le questionnaire a été renseigné au moins une fois pour 12 des 33 communes de l’intercommunalité.

Le fait que le vélo soit globalement bien intégré dans les politiques de l’Eurométropole de Strasbourg et du Conseil Départemental du Bas-Rhin depuis près de 40 ans peut expliquer ce faible taux de réponse. En effet, contrairement à d’autres villes françaises, de nombreux strasbourgeois ont grandi avec le vélo et il est souvent très facile, rapide et sûr de se déplacer à vélo dans l’agglomération strasbourgeoise. Si bien que le vélo est devenu naturellement et progressivement un « acquis social » pour lequel ils n’ont pas eu à se battre. De ce fait, la quasi-totalité des cyclistes strasbourgeois ne sont pas des « militants vélo » mais uniquement des personnes qui choisissent d’utiliser ce mode de transport car il bénéficie d’aménagements qui l’ont rendu plus efficace que l’automobile ou les transports en commun. 


Cependant, il est erroné et dangereux de penser que dans la capitale alsacienne, le vélo a retrouvé durablement sa place et qu’elle est respectée de tous. Les automobilistes stationnés sur les aménagements cyclables le rappellent tous les jours. De même, le lobby automobile local est, comme ailleurs, toujours très actif et puissant, surtout quand il s’agit de défendre des places de stationnement, d’en réclamer plus ou de nouvelles routes et autoroutes de contournement…

Parce qu’il reste de nombreuses choses à faire pour le vélo à Strasbourg et plus globalement en France, n’hésitez pas, avant le 30 novembre, date de clôture de l’enquête, à consacrer 5 minutes à cette démarche de la FUB.

15 nov. 2017

Premier rôle pour le Bullitt au cinéma !

Depuis la rentrée, de nombreux articles dans la presse ont été consacré aux vélos cargo. Plusieurs chaînes nationales ont même réaliser des reportages sur leur développement. Force est de constater qu'en France, deux ans après la sortie du livre « Cargologie, le vélo cargo comme alternative à la voiture en ville », les vélos cargo passent progressivement de l'ombre à la lumière. Ces modes de transports que personne ne connaissait il y a 10 ans sont en train de voler la vedette aux voitures « propres et/ou autonomes» vainement attendues depuis plusieurs décennies pour solutionner les problèmes de congestion et de pollution des villes. Si bien que depuis peu, le modèle de biporteur le plus populaire, le Bullitt, est désormais le personnage principal d'un film.

Ce moyen métrage intitulé « The Bullit Burden » a été réalisé par Chase Carlsen Bauer, coursier à Chicago. Il est progressivement tombé éperdument amoureux de son outil de travail, le Bullitt, et de sa communauté. Souvent lorsqu'il arrivait chez des clients, il voyait leurs yeux s'illuminer devant la simplicité et la capacité de transport de son vélo. Cette reconnaissance ne lui suffisait plus et Chase, également photographe et vidéaste, a décidé en 2015 d'aller plus loin et de dédier un film au Bullitt. A travers « The Bullitt Burden », il démontre que ce biporteur est plus qu'un simple vélo cargo et qu'il est devenu un véritable culte pour de nombreuses personnes et pas uniquement des coursiers.


Pour cela, Chase a interviewé de nombreuses personnes qui utilisent quotidiennement un Bullitt et qui aiment profondément et la liberté qu’il leur procure. Le film tourné entre Chicago, la Californie, la côte Ouest du Danemark, Copenhague, Aarhus et Paris, s'organise autour de différentes histoires. Vous pourrez ainsi découvrir une famille danoise dont les parents et les deux adolescents possèdent chacun un Bullitt. Ils se définissent comme des « cargo bikes crazy » au point de préparer des gâteaux à son effigie.. 

Hans, l'un des deux fondateur de Larry vs Harry, l'entreprise danoise qui produit et exporte le Bullitt dans le monde entier intervient à plusieurs reprises. Entre une séance de jardinage, une victoire aux championnats d'Europe 2016 des coursiers à vélo et une interview plus personnelle, il dévoile sa vision sur la vie, le vélo, la société, les affaires et évoque pourquoi la localisation de son magasin est si symbolique pour lui. « Je pourrais l'écouter parler pendant des heures... », affirme le réalisateur, âgé de 28 ans. 

Un français, Brice Bedos, coursier durant une quinzaine d'années à Londres et qui a créé il y a 6 ans son entreprise de coursiers en Bullitt, Velopak, à Aarhus, seconde ville la plus peuplée du Danemark, est également présent dans le film. Fumant une cigarette et buvant un café, il livre une vision rude de son métier, qualifié par de nombreuses personnes, même au Danemark, royaume du vélo, de « not real job ». 

Enfin, Chase a choisi de dévoiler l'histoire à l'origine de la commercialisation d'une série spéciale de 30 Bullitts en 2016 pour le championnat du monde des coursiers à vélo à Paris. Vous apprendrez ainsi pourquoi le surnom de “Beezy” est inscrit sur le cadre de cette livrée spécifique et la raison pour laquelle deux exemplaires ont été commandé par une famille d’une petite ville de Californie.



« The Bullit Burden » qui s'ouvre sur un magnifique plan présentant les deux extrêmes de la mobilité, est disponible en vidéo à la demande. Chase souhaiterait organiser des projections en France*. Ce film en anglais et non sous-titré est le premier à ma connaissance sur les vélos cargo. Il expose magnifiquement l'impact positif et profond que le Bullitt et plus généralement le vélo peut avoir sur la vie et la société même parfois, dans la tristesse et la douleur...


* Si vous souhaitez organiser une projection de "The Bullitt Burden", vous pouvez joindre la productrice de Chase alexandria[at]weatherfield.us

8 nov. 2017

Le tour du monde à vélo en 14 ans...

Bien qu’ayant actuellement le vent en poupe, le cyclotourisme n’est pas une activité ou un loisir récent. Il s’est développé parallèlement au vélo dès la fin du XIX ème siècle et il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les premiers cyclistes aventuriers partent à la conquête des contrées les plus éloignées du globe. Même à la fin des années 1970, alors que l’usage du vélo est devenu pratiquement nul, des personnes se sont lancées dans des voyages à vélo pour différentes raisons.

Ce fut le cas de Françoise étudiante en décoration d’intérieur de 21 ans et Claude, technicien orthopédiste de 25 ans. Cette décision ne s’est pas prise sur un coup de tête. Elle a été longuement mûrie et est le fruit d’un long cheminement. «Peu à peu s’est développé en nous le désir d’une nouvelle conception de vie. Briser le chemin rectiligne qui se profilait à l’horizon et qui représentait notre destin: un métier, une maison, une famille et refuser la société de consommation».

Le déclic se provoqua en 1978, suite à la lecture d’un article de journal sur un français qui venait de boucler un tour du monde à bicyclette en trois ans. Ce projet alliait le goût pour la nature et le sport qu’ont Françoise et Claude. Ils décident donc de s’équiper avec des vélos réalisés sur mesures et des différentes sacoches nécessaires. Puis, le couple commence à tester ses vélos dans les monts du lyonnais et progressivement lors de randonnées de plusieurs semaines dans les Alpes ou d’autres régions françaises. En parallèle, ils ont pris des cours  d’anglais et ont commencé à définir un itinéraire.

Ainsi, Françoise et Claude quittèrent Lyon à vélo le 1er avril 1980 avec toutes leurs économies qu'ils pensèrent suffisantes pour pouvoir voyager pendant trois ans. « Nous partons à la recherche d’un autre mode de vie, d’une philosophie ou l’argent, les apparences, le luxe ne seront plus des valeurs essentielles. Nous refusons la hiérarchie, la bassesse, la peur, la haine. Nous voulons respirer, non pas nous essouffler, marcher non pas courir. Il nous faut réapprendre à écouter, à comprendre, à aimer. Redécouvrir le respect, l’entraide, le sourire. Nous avons besoin d’un dépaysement total, de côtoyer chaque jour des gens différents, d’être en phase avec toutes les réalités de l’existence. Nous rêvons d’amitiés, de valeurs telles que la confiance, la tolérance. Nous partons aussi à la découverte de nous-même ».

Ils rentreront dans la capitale des Gaules 14 ans plus tard après un peu plus de 150 000 km, 35 000 photos, 503 crevaisons, 66 pays visités, en ayant utilisés 89 pneus, 40 chambre à air, 2 fourches, 54 rayons, 6 selles, 12 dérailleurs, 54 patins de frein, 97 câbles, 7 jantes et 19 béquilles. Des statistiques qui doivent effrayer plus d’un cycliste quotidien, d’autant plus lorsque l’on sait que Françoise et Hervé n’avaient jamais pratiqué le vélo avant leur départ et qu'ils ont donné naissance, en 1988, en Nouvelle-Zélande, à leur fille Manon qui a partagé avec ses parents les 6 dernières années de ce voyage à vélo autour du monde.







 






Ce livre, paru en1995, aux éditions du cherche midi relate leurs 14 années passées au guidon de leurs vélos et les expériences souvent bonnes et parfois moins qu’ont vécu le couple puis cette famille de cyclo nomades. Résumer 14 années passées à pédaler autour du monde et à rencontrer de nombreuses et diverses personnes en 283 pages n'est pas un exercice facile. Certaines parties du voyage sont décrites avec plus de détails que d'autres ce qui permet de se focaliser sur les temps forts et de donner un rythme soutenu au livre. Le lecteur est ainsi aisément embarqué dans cette aventure et participe aux joies, rencontres, déceptions aux difficultés ou risques rencontrés par cette famille.

A propos de ces derniers les auteurs précisent : « Le plus grand danger est tout simplement la route, où nous sommes constamment à la merci de conducteurs inconscients et irrespectueux des cyclistes. Que ce soit au Canada, en France ou Brésil, au Maroc ou en Corée du Sud, nous avons toujours rencontrés des chauffeurs de camions, de voitures, de cars ou de taxis prêts à nous écraser, tout bonnement parce qu’appuyer sur la pédale de frein et attendre quelques instants, leur demandaient un effort beaucoup trop important. Pensez donc ! Perdre quelques secondes, quelle guigne ! Certains pensent aussi que cela les dévaloriserait. Il y a donc ceux qui n’aiment pas les cyclistes, les flemmards, les méprisants et les pressés, ceux qui ne prennent jamais le temps et nous aperçoivent à peine ».

Près de 25 ans après sa parution, ce livre avec le développement du vélo est plus que jamais d’actualité. Françoise et Claude Hervé ont eu le courage de se lancer dans cette aventure qui a véritablement changé leur vie. Sa lecture peut donner envie de tout plaquer et de partir avec ceux que l’on aime à la découverte du Monde à vélo ou au moins d’y rêver…



Les photos illustrant cet article ont été scannées du livre et ont été réalisées par Claude Hervé

18 oct. 2017

L'Eroica, l'évenement qui fait perdurer l’esprit d’aventure des courses cyclistes d’antan...

Cheveux gominés, coiffés en arrière, peau mate, regard porté loin devant et maillot Telnago jaune, il me dépasse. L’air est frais, le jour hésite et l’humidité piège des gouttelettes sur ma barbe. Les courbes s’enchaînent et la vitesse augmente. Un groupe devant. Maillots des années soixante et cinquante. Vélos italiens. Il me vient cette impression étrange d’être dans une faille temporelle. Où dans cette scène de Porco Rosso où le héros voit tous ses compagnons disparus voler autour de lui.

Mais mon voisin n’est pas le fantôme de Gino le Pieux même si nous sommes qu’à quelques encablures de Florence. Je ne suis pas non plus une ancienne gloire du Tour de France bien que je pédale sur des « routes blanches » au milieu de milliers de femmes et d’hommes épris comme moi de bicyclette. Ensemble, et chacun à notre façon, nous allons vivre une uchronie : faire du vélo au XXI ème siècle avec des machines en métal du XX ème siècle. Comme si le carbone, les vitesses indexées, les moteurs cachés et les petites combines n’existaient pas. Ni même les plateaux à onze vitesses, les cintres « oversized », les pédales automatiques, la guidoline rembourrée et les routes asphaltées.

Ils étaient à peine une poignée en 1997 à partir d’un petit village italien à l’aube. Leur idée première, en dehors de s’amuser entre copains à vélo, était avant tout de valoriser un des éléments clés du paysage du Chianti. Les routes blanches, « strade bianchi ». Calcaire pulvérulent, graviers, ornières, nids de poules et authentiques voies irriguant les champs, vignes et hameaux. Vingt-deux ans plus tard, les inscriptions à l’Eroica partent en quelques heures malgré les 7000 dossards disponibles. En plus du parcours historique de 209 kilomètres, entré dans le patrimoine local et fléché de manière permanente, cinq autres variantes sont proposées ce dimanche 1er octobre 2017. Le départ et l’arrivée se font dans un petit village qui voit tripler sa population le temps de ce week-end. Gaiole-In-Chianti est ainsi durant ce premier week end d’octobre le centre du monde vélocipédique. Soixante nationalités se côtoient et parlent une même langue : le vélo. Mais pas n’importe lequel, celui, pour prendre les mots de Giancarlo Brocci, un de fondateur du l’Eroica, « de l’effort véritable ».

J’ai réalisé ma première Eroica, en couple, en 2011. Ma compagne montait un Peugeot PF 65, moi un PSV 10s également de la marque au Lion. Cette première Eroica, sur le parcours de 75km et sous un soleil splendide fut une très belle aventure. Depuis, il y a eu trois Anjou Vélo Vintage (avec trois Peugeot différents) et la création de Mo&bius, ma marque de vélo basée sur la restauration et la modernisation de cadres aciers. C’est avec deux amis que nous avons fomenté notre participation à la 21ème édition de l’Eroica cette année. J’ai peut-être dû lancer le sujet, mais je n’ai pas eu beaucoup d’efforts à faire pour les convaincre de participer. La première épreuve à consister à s’assurer de pouvoir s’inscrire. Cela passe par une pré-inscription, puis un tirage au sort à l’inscription. Gaiole in Chianti étant situé à 50 km au sud-est de Florence, nous avons opté pour le voyage en voiture. Un aller-retour de plus de 1500 km. Déraisonnable ? Non, c’est pour faire du vélo !

Le règlement de l’événement stipule que les vélos doivent obligatoirement dater d’avant 1987, avoir des leviers de vitesses non indexés fixés au tube oblique, disposer de câbles de freins sortant par le haut des poignées et avoir des sangles et des cales pieds aux pédales. Nous avons participé à cette édition de l’Eroica sur des Peugeot, des PY 10, le modèle emblématique! Le vélo d’Alexis date de 1979, robe blanche, groupe Simplex, freins Mafac et œillets pour rouler avec des gardes-boue l’hiver. Il avait fait le choix de rester en boyaux, chaussant une paire neuve de Challenge Paris-Roubaix en 27mm. Christophe a trouvé in extremis un Perthus noir de 1985 dans un état proche du neuf avec les pattes arrières chromées comme ce fut le cas des PY dès la fin des années soixante-dix. Il était équipé d’un dérailleur Mavic 801 et Spidel et de pneus Lithion Reinforced de Michelin en 23mm. Ma monture est sortie d’usine en 1982. Elle est équipée tout en Spidel. Blanc nacré avec, comme tout vieux combattant, pas mal de cicatrices de ces années à rouler. Il a été rénové par la « famiglia » parisienne de La Bicyclette. Pour l’occasion, j’ai opté pour une paire de roues Mavic de 1986 équipée en pneus Panaracer Gravel King en 28mm et surtout pour une cassette 12-26 car celle d’origine ne monte qu’à 24, ce qui s’avéra fort utile.

Le règlement est moins catégorique pour ce qui est des tenues. Il est toutefois indispensable de faire de son mieux pour rouler avec des vêtements correspondant à l’époque de son vélo. La préparation a été minimale. Nous avons fait un petit tour de chauffe dans le Kochersberg trois semaines plus tôt. Les vélos répondaient présents, les cyclistes étaient remontés à 8 bars. Nous étions prêts à défier ces strade bianchi. J’ai ajouté un « stress test » sur les pistes gravillonnées des berges du Rhin quelques jours avant de prendre le départ pour vérifier que tout était bien arrimé et réglé.

Le samedi précédent la course, nous chargeons à l’aube blêmissante la voiture avant de rouler vers le Chianti via la Suisse. A peine avions-nous posé nos valises dans notre hébergement que nous avons filé à Gaiole pour récupérer nos dossards. Le village est tout en longueur, niché sur les deux versants d’un vallon boisé. La rue principale longe une petite rivière canalisée. Pierres chaudes pour les murs, église comprise. Tuiles et fers forgés. Des cyprès partout. Tout heureux dans ce paysage de carte postale, nous redescendons brutalement sur terre. Il nous manque nos certificats médicaux pour retirer les dossards. La nécessité de ce document avait fini par nous échapper au fils des quinze messages électroniques reçus depuis la pré-inscription. Fort heureusement, un médecin ami, arraché le malheureux à son apéro, nous dépanne sur le fil en scandant et en envoyant par email à l’organisation les précieux sésames.

Grâce à la résignation mêlée d’amusement d’une bénévole, nous récupérons, une heure après la clôture des inscriptions nos dossards, plaques de cadre, entrées pour la pasta party du soir et surtout une magnifique boîte reprenant l’affiche de cette 21ème édition. Elle contenait une bouteille de Chianti, une boîte de café, un sachet d’orge perlé et une musette Santini, qui produit la collection textile signée Eroica. Pas mal non ?Nous avons raté l’essentiel des animations du jour, mais le village grouille encore de monde. Nous trouvons de quoi se sustenter sur le pouce puis avant de dormir, préparons le matériel et les tenues pour la course. Cette anticipation a permis à l’un d’entre nous de s’apercevoir qu’il avait oublié son cuissard. Fort heureusement, j’en possède un de rechange.

Il fait encore nuit noir lorsque nous émergeons le dimanche matin. Les départs des deux parcours longs, 209 et 135km, commencent à 5h du matin. Puis après 7h ce seront les participants des 115, 75 et 46km qui s’élancent. Nous avions opté pour un départ à 7h pour réaliser le parcours de 209 km pour ne pas débuter l’épreuve dans l’obscurité.
Il ne faut pas penser que c’est la distance qui est le plus important. Le dénivelé jour son rôle. Le parcours historique propose 3700 m de dénivelé cumulé positif. Celui de 115 km en affiche 2986 m contre 2100 m pour celui de 135 km, le 75 km, 1700 m et même le modeste parcours de 46 Km en prend pour 700 m. Le tout sans jamais dépasser les 520 mètres d’altitude. Les parcours sont des sortes de montagnes russes permanentes…

Les poches bourrées de matériel, les bidons pleins, nous partons faire tamponner notre carnet de route afin de se mettre sur la ligne de départ. Voilà, on y est. On cale le pied gauche, on lance la roue vers l’avant, l’équilibre se fait, on cale le pied droit, on tourne une fois, puis deux, puis la ritournelle s’élève dans l’air chargé de rosée. Il fait 10°, le soleil naît derrière le clocher de Gaiole, le village s’éveille aux sons des roues libres et de freins cacochymes. La route nous entraîne vers le château de Brolio appartenant à la famille du baron Ricasoli dont l’ancêtre, Bettino, est à l’origine de l’assemblage du Chianti en 1872.

Nous attaquons la première section « blanche » dédiée à Luciano Berrutti, héros aux moustaches qui a fait la légende de l’Eroica. Disparu au début de l’année, Luciano Berutti fut de toutes les éditions et semblait toujours sortir du peloton du Tour de France de 1903. Comme lui, beaucoup portent leurs boyaux autour des épaules. Les crevaisons s'enchaînent, je dépanne un groupe de suisses dont la pompe vintage vient de casser (une pompe pour six, les suisses !). Mais j’aurais tort de me gausser. Lors de ma première participation le câble de frein arrière avait cassé au niveau de la poignée à la première portion blanche. J’ai dû rouler avec un seul frein pendant 70km avant de me faire dépanner en moins de trois minutes par un mécano virtuose au dernier ravito…


Pour l’instant tout va bien pour nous. On ne peut s’empêcher de faire des arrêts fréquents pour prendre quelques photos. On accélère à l’occasion l'allure et on défie quelques participants pour le plaisir de faire monter le cardio. On effleure les faubourgs de Sienne dont on voit entre deux virages la Torre de Mangia qui domine la piazza del campo où se déroulent les spectaculaires courses à cheval des Palii delle Contrade. Les dérailleurs jouent de la fourchette, les cassettes maltraitent les chaînes, on déraille à l’occasion avant de trouver le geste juste, tout en nuance pour caresser la chaîne et lui faire sauter en douceur les plateaux. 

Les trois strasbourgeois héroïques


Et c’est le premier ravitaillement qui arrive après 50 km à Radi. Il faut alors s’imaginer un nuage de sauterelles s’abattant sur un champ de blé. Des vélos se reposent un peu partout, on peine à trouver de la place pour les nôtres. C’est un festival de merveilles italiennes, suisses, françaises, anglaises ou exotiques : Colnago, Pinarello, Bianchi, CBT Italia, Willier, Stelbel, Ciöcc, Gios, Peugeot, Gitane, Motobécane, Raleigh, Claude Butler, Alcyon, Gazelle, Merckx… on en sait plus quoi et où regarder. Il en est de même pour les cyclistes et leurs tenues qui se composent de maillots bicolores en laine aux motifs brodés de la première moitié du XX ème siècle, de maillots synthétiques des années 70 et 80. Les stands offrent salé et sucré. J’opte pour la crostata di marmelleta, pâte sablée et généreuse couche de confiture de myrtilles avec en prime quelques morceaux d'un fromage qui ressemble à du Cantal. Je ne remplis pas mon bidon de Chianti, mais d’eau. Nous nous offrons un expresso dans le troquet à proximité. Devant nous, un participant demande une grappa et un doppio puis nous explique que c’est sa ration pour tenir. Forçat !

Le ciel toscan s’est maintenant drapé d’une couverture grise. Les portions de routes blanches se font plus exigeantes. Il devient parfois impossible de franchir les pentes. Quand ce n’est pas ton dérailleur qui fait des siennes, c'est un concurrent moins en jambe qui te bloque le passage sur la petite portion ferme que tu avais repéré. Une roue trop à droite ou trop à gauche et te voilà dans les graviers la jante ensevelie. Et là, mieux vaut être bon en déchaussage rapide et gestion de la pose du pied en situation critique. J’en ai vu plus d’un rater son coup. Ils repartent toujours sans de gros bobos. Dans la descente c’est autre chose. C’est également une histoire de trajectoire mais aussi de gestion du risque et des autres concurrents devant toi. La chute peut vite arriver.


Maudit soit à nouveau mon frein arrière. Il ne rompt pas mais répond mal aux sollicitations. Mes équipiers plus expérimentés, adeptes du VTT, gèrent avec brio et célérité ces passages où je serre tout ce que je peux, il faut bien le dire. Depuis la dernière section blanche, Alexis s’inquiète de son levier de frein droit qui commence à se dévisser inexorablement. Il nous faudrait une clé à pipe de 10. Le genre d’outil qu’on ne pense pas à prendre avec soi mais qui devait sans aucun doute se trouver dans les petites trousses à outils fixé à l’arrière des selles d’antan. Pour tous, les tronçons de routes blanches sont une épreuve et pour nos vélos, ils tournent au supplice mécanique. Certaines portions offrent un relief de tôle ondulée très éprouvant et l’inévitable se produit, la manette de frein d'Alexis lâche. Fort heureusement nous arrivons immédiatement après dans le hameau de Ponte d’Aria où un habitant a ouvert un atelier du dimanche. Il arrive à point. Il nous procure un boulon de rechange et l’outil adéquat. On laisse un petit billet et on repart. Grazie !

Alexis Amet sur une voiture suiveuse d'époque
A l’issue d’une portion roulante nous arrivons pour le ravito principal à Asciano. Pittoresque village pavoisé. Là, nous attend un bol de succulente Ribollita, soupe typique et les douceurs habituelles. La pluie légère nous inquiète mais reste discrète. Nous repartons confiants. Mais nous sommes cueillis à froid par la plus longue des portions blanches. Plus de dix kilomètres de toboggans et des pentes ou ma cassette refuse de jouer le jeu et où je dois la jouer façon cyclocross en poussant la machine. Hagards nous émergeons enfin sur l’asphalte pour un coup de rein nous conduisant à Castelnuovo Bereradenga. La pluie continue de s’en mêler sans tourner au déluge, c’est déjà ça. Je discute avec un italien en maillot helvétique et au vélo de même origine. Il travaille en Suisse et en est à sa cinquième participation. Il me confie qu’il chute toujours dans la portion que nous venons de tracer et que chaque année, il se promet de changer de parcours, mais que chaque année il revient sur le même. Les cyclistes sont des Sisyphes aux Danaïdes!

On entame alors la boucle de retour vers Gaiole. Une pente régulière avec de nombreux tournants. La route est rendue glissante par la pluie fine. Je joue la prudence dans ces enchaînements de courbes. Puis, dans un virage serré à droite, je vois un de mes coéquipiers dans le fossé. Il vient de faire une sorte de route. Choqué, la tête ayant un peu porté sur la chaussée, il a subit plusieurs contusions dans sa glissade. Sa roue avant s’est dérobée, c’est imparable. Le vélo n’a pas trop souffert de la chute. Moins que le cycliste qui vaillamment décide d’aller au bout. Il nous reste vingt kilomètres. On les roulera sans autres mauvaises surprises. La remontée vers Gaiole voit converger les coureurs des différents parcours. La délivrance est proche. Et voilà, le village, la foule et une arrivée sans fanfare ni trompette. Tous les trois, couverts de poussière, heureux et comblés.

Les trois cyclistes après leur arrivée.
Comme nous, tu iras au moins une fois sur les routes de Toscane, un dimanche d’octobre si tu aimes ces machines d’acier ou d’aluminium dites d’un autre temps. Tu iras si, le temps d’un week-end tu veux vivre à pleins poumons un moment d’exception fait de cambouis, de tartines de Nutella et de Chianti au ravitaillement. Tu iras pour t'enivrer de ces paysages uniques, où la main de l’homme a su accompagner et magnifier une nature généreuse. Tu iras, car l’Eroica t'appellera… et ne te lâchera pas…



Article et photos réalisés par Alexis Amet.Pour le moment il n’a que sept vélos dans son garage dont trois vintage. Tous des Peugeot. Il a remporté en Septembre 2017, avec son concept de bar, restauration et atelier vélo intitulé « Saperlipopette à bicyclette ! », l'appel d'offre de la Ville de Strasbourg pour la réouverture du Bar de la Laiterie. Rendez-vous en 2018 pour son inauguration.