21 mai 2017

Vel.Art' expose le vélo dans tout son art !

L’événement de Vendredi soir à Strasbourg, ce n'était pas le match de football du Racing qui a permis la remontée du club alsacien en ligue 1, mais le vernissage de l'exposition Vél-Art' ! L'idée de cette exposition a germé début 2017, suite à la rencontre entre Véronique Bertrand, créatrice des Filles à vélo, les dirigeants de l'association d'insertion Libre Objet et Stéphanie de Re-cycle-on. Ensemble, ils ont souhaité créer un événement autour du vélo, permettant de présenter la diversité de l'art et de l'artisanat de quelques amoureux du vélo strasbourgeois.



Outre les nombreuses Jart'elles des Filles à vélo et les panta'stics des gars à vélo, les visiteurs peuvent également découvrir les créations de Mina Letham. Cette artiste utilise la technique du « finger painting » depuis une quinzaine d'années pour composer ses toiles et ses créations auxquelles elle intègre parfois des objets de vélos récupérés.


Stéphanie de Re-cycl-on expose une partie de ses productions (ceintures, porte clés, lampes, horloges...) réalisées à partir d'éléments de récupération, notamment des pneus et chaînes de vélos, trop usés pour continuer à être utilisés sans danger. 


Jonathan Sarago, photographe s’intéressant à la pratique du pignon fixe, expose une dizaine de photos de sa série « Fixed Gear » qui permettent de mieux connaître ou découvrir l'univers du pignon fixe à Paris et Strasbourg.


Enfin, Lionel Finck, qui a ouvert au début de l'année son atelier de restauration de vélo « Stras et Clavettes », expose l'une de ses premières réalisations, un magnifique pignon fixe d'inspiration néo rétro. A coté de ce vélo, un cadre dont des parties sont serties de quelques pièces de dentelle de Calais vous prouvera que le vélo peut être facilement glamour...



En complément vous pourrez également découvrir le Vélorex, banc qui reprend une esthétique industrielle grâce à son armature réalisée en cadre de vélo et différentes productions réalisées par les personnes en contrat aidé suivies par Libre Objet. Ces dernières, réalisent en petite série, des objets conçus par des artistes et fabriqués sur place grâce à l'aide d'un encadrant. Pour l'occasion, différents objets en rapport avec le vélo sont exposés comme un jeu d'échec, la lampe Lumici crée par Geoffrey Weibel, ancien Président de Bretz'selle ou des sacoches à vélo réalisées à partir d'anciennes affiches publicitaires.

Cette première édition de Vel-Art' qui se déroule jusqu’au mercredi 24 Mai dans les locaux de l'association Libre Objet à Koenigshoffen, propose une approche originale du vélo. Elle est représentative de la diversité et de la richesse de la culture vélo à Strasbourg. Il vous reste quelques jours pour découvrir ou redécouvrir que le vélo est un véritable art de vivre...

Vel.Art'
Ateliers Libre Objet
91 route des Romains
67000 Strasbourg



16 mai 2017

Strasbourg continue à innover pour le vélo en inaugurant la première vélorue de France !



Cédez le passage cyclistes aux carrefours, sas cyclables sans couloir d’approches, amendes adaptées, signalisation lumineuse mixte piétons/cyclistes, espaces mixtes, décompteurpiéton, la ville de Strasbourg est, depuis longtemps, un véritable laboratoire pour l’évolution de la réglementation pour les cyclistes et les piétons. Ces expérimentations permettent de tester sur l’espace public ses mesures et de juger de leur efficacité. Certaines aux effets largement positifs ont ensuite étaient retranscrites dans le code de la route afin de pouvoir être déployées à l’échelle nationale. Elles sont réalisées dans le cadre d’un partenariat avec la DSR (Délégation à la Sécurité Routière) et le CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement). Ces deux services de l’Etat, assurent avec ceux de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, un suivi et une analyse spécifique de ses projets. 

C’est dans ce contexte que vendredi dernier, la capitale française du vélo, a inauguré une nouvelle expérimentation, la vélorue.  Ce nouvel aménagement, en vigueur depuis de nombreuses années en Allemagne (Fahrardstrasse), en Hollande et en Belgique (Fietsstraat) est une mesure du PAMA (Plan d’action pour les mobilités actives) publié début 2014 et qui parmi 6 différents axes proposait de « partager l’espace public et de sécuriser les modes actifs ».  La vélorue permet aux cyclistes de circuler au milieu d’une voie de circulation automobile et donne la priorité à ses derniers sur les automobilistes qui n’ont pas le droit de les doubler. 


 

Pour cela, il a fallu modifier par décret l’article R 412-9 du code de la route qui stipulait qu’« en marche normale, tout conducteur doit maintenir son véhicule près du bord droit de la chaussée, autant que le lui permet l'état ou le profil de celle-ci ». Un nouvel alinéa a été ajouté à cet article. Il précise qu’«un conducteur de cycle peut s'éloigner du bord droit de la chaussée lorsqu'une trajectoire matérialisée pour les cycles, signalisée en application des dispositions de l'article R. 411-25, le permet ». Ainsi les vélorues arborent une signalisation au sol spécifique composée du pictogramme vélo placé au centre de la voie de circulation, surplombé de chevrons qui indiquent le sens de circulation.


Strasbourg a choisi de mettre en service sa première vélorue sur les 300 mètres de la rue de la Division Leclerc jusqu’au pont St Nicolas. L’expérimentation a pour objectif d’inciter les cyclistes sortant du centre-ville et descendant cet axe à emprunter la chaussée et donc à éviter l’un des fameux espaces mixtes pour lesquels la ville a été condamnée en janvier 2013. Le but est ainsi d’apaiser les relations entre les piétons et les cyclistes. Dans l’autre sens de circulation, la situation reste inchangée pour les cyclistes.   

Afin de tester le dispositif dans d’autres configurations, fin Juin, deux autres vélorues seront aménagées. La seconde sera matérialisée sur le quai Brulig, zone 30 de l’itinéraire Vélostras qui part du centre-ville vers l’ouest, et rejoint le canal de la Bruche. La circulation automobile étant à double sens, les deux voies seront séparées par une ligne blanche et les chevrons et logos seront matérialisés au centre de chacune d’entre elle. Elle aura pour but de renforcer la présence des cyclistes sur ce tronçon, le reste de l’itinéraire étant intégralement aménagé en piste cyclable ou voie verte.  La troisième vélorue se localisera sur la Rue du Faubourg de Saverne dans le sens de circulation vers le centre-ville. Elle aura pour objectif d’inciter les cyclistes à rester sur la chaussée afin de diminuer les conflits avec les piétons. La piste cyclable tracée sur le trottoir étant souvent fréquentée par les piétons du fait de leurs flux importants.

Le lancement de cette première en France a été accompagné d’une campagne de communication avec de nombreux panneaux présentant le principe de la vélorue, implantés tout au long de son cheminement. En complément, deux vélos cargo proposaient sur le site, un clip qui expliquait le fonctionnement de la vélorue. D’autres modèles, biporteurs ou triporteurs étaient disponibles pour tester ce nouvel aménagement. 




Cette expérimentation fera l’objet d’une prochaine analyse par les services de l’Etat et de l’Eurométropole afin de pouvoir juger de son intérêt avant d’être développée, si les résultats sont positifs, sur d’autres sites strasbourgeois et français. Après les véloroutes, les vélorues parviendront-elles à s'imposer en France ?

11 mai 2017

Entre Strasbourg et Kehl, les transports alternatifs à l’automobile effacent la frontière franco-allemande.



L’Eurométropole de Strasbourg a inauguré fin Avril l’extension de la ligne D de son réseau de tramway. D’une longueur de 2,7 kilomètres, elle relie l’ancien terminus Aristide Briand situé à Neudorf à la ville allemande de Kehl peuplée de près de 35 000 habitants via le quartier du Port du Rhin. Cette extension marque une importante étape dans le développement du réseau de tramway de l’agglomération. Transfrontalière et ayant nécessité deux nouveaux ponts dédiés au tramway et aux modes actifs dont un sur le Rhin, ce prolongement d’un montant de 108 millions d’Euros (montant global du projet jusqu’au centre-ville de Kehl), dessert plusieurs secteurs en pleine mutation urbaine et dont l’organisation et les espaces publics seront complétement recomposés autour de cet axe. 

Vue du pont du Rhin et de Kehl, prise du côté français. Lithographie d'Henri Muller vers 1840. Source : Strasbourg, cent quarante gravures et dessins anciens, Paul Ahne, Ville de Strasbourg, 1971.
Vue de synthèse de l'extension de la ligne D et des urbanisations planifiées dans le secteurs. Source : Eurométropole de Strasbourg
Ce nouveau tronçon de la ligne D est accompagné comme toutes les lignes de tramway strasbourgeoises d’un aménagement cyclable de grande qualité qui représente la branche du réseau Vélostras vers Kehl. En partant d’Aristide Briand, la piste cyclable bidirectionnelle se dirige vers le nouveau pont qui traverse le bassin Vauban. D’une longueur de 160 m, sans pile intermédiaire et d’un cout de 10 millions d’euros, cet ouvrage d’art est constitué d'un arc métallique qui culmine à 40 mètres au-dessus du bassin. Il enjambe et supporte grâce à des haubans un tablier courbe qui se compose d’un trottoir, des deux voies de circulation du tram et d’une voie verte d’une largeur de 4 m.








Image de synthèse du bassin Dusuzeau à long terme. Source: Eurométropole de Strasbourg
Après avoir franchi la route du Petit-Rhin, l’itinéraire cyclable continue à suivre la ligne de tramway. Il prend la direction du quartier du port du Rhin à travers d’anciennes zones industrielles en friche ou en transition qui deviendront à moyen/long terme des logements ou des bureaux. Il passe ensuite sous les voies ferroviaires du port et de la ligne Strasbourg/Kehl et tangente la route du Rhin. Puis, il traverse le quartier du port du Rhin, à partir duquel vous pouvez apercevoir les arches de l’ouvrage d’art majeur de l’itinéraire qui permet de franchir le Rhin, ancienne frontière entre la France et l’Allemagne. 





La transformation du pont routier de l'Europe ayant été estimée trop onéreuse et permettant de faire circuler le tramway que sur une voie unique, il a été décidé de réaliser un nouveau pont sur le Rhin. Il mesure 275 m de long et a nécessité la construction d’une nouvelle pile au milieu du Rhin. Ce pont, d’un montant de 24,3 millions d’Euros, se compose de deux doubles arcs à haubans d’une hauteur de 20 mètres. Ils séparent les espaces de circulations dédiés au tramway et aux modes actifs qui se partagent une généreuse voie verte. Le pont, baptisé Beatus Rhénanus en hommage à ce grand humaniste alsacien du XVIème siècle, débouche directement sur la gare de Kehl, et permet de se connecter au réseau cyclable local. Le tramway y effectue provisoirement son terminus, avant de poursuivre en 2018 son trajet sur deux stations vers le centre-ville de la cité allemande. 


Traverser la frontière franco-allemande à vélo est un jeu d'enfant à Strasbourg !




Il était déjà possible de circuler entre Strasbourg et Kehl à vélo dans de bonnes conditions grâce à la passerelle des deux rives inaugurée en 2004. Plus direct, déconnecté du réseau viaire et faisant découvrir de nouveaux secteurs de la ville, ce nouvel aménagement, dont les connexions avec le réseau cyclable seront encore améliorées dans les années à venir (prolongement de la voie verte du quai du bassin Dusuzeau, passerelle vers la Citadelle…), est déjà emprunté par de nombreux cyclistes et piétons. Au-delà, de la symbolique géopolitique, il représente certainement l’un de plus beaux itinéraires cyclables de l’agglomération strasbourgeoise.

4 mai 2017

Découvrez l'histoire des transports publics de l'agglomération strasbourgeoise.



Le vélo et les transports publics partagent la même histoire. Ils sont nés dans le courant du XIXème siècle et ont connu leur apogée entre les deux guerres mondiales avant d’être délaissés par les pouvoirs publics au profit de l’automobile durant les trente glorieuses. Depuis la fin du XXème siècle, le vélo et les transports publics reviennent plus ou moins fortement dans les villes françaises à la faveur de politiques de mobilités moins focalisées sur la voiture et d’investissements importants. C’est particulièrement, le cas à Strasbourg et dans son agglomération où depuis 1989 les différents Maires et Présidents ont développé et diversifié ces deux modes de transports. 

Ainsi, après l’exposition sur le vélo intitulée « Du vélocipède au Velhop » qui s’est tenue en 2013, les archives municipales de la ville et de l’Eurométropole de Strasbourg mettent à nouveau la mobilité à l’honneur. A l’occasion de la mise en service de l’extension de la ligne de tram D à Kehl, les archives exposent jusqu’à fin juin, l’histoire des 140 ans de la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS)



Les premiers fiacres stationnent sur les grandes places de Strasbourg à partir de 1848. Ils sont épaulés vers 1860 par des omnibus simples ou à l’impériale permettant de transporter des passagers sur deux niveaux. En 1870, suite à l’annexion à l’empire allemand, Strasbourg et sa population se développent rapidement. Cette évolution spatiale et démographique nécessite un système de transports en commun rapide et confortable. Le tramway semble être la meilleure alternative aux omnibus, lents peu confortable et capacitaires.


C’est en 1877 qu’est créé la Strassburger Pferde-Eisenbahn Gesellschaft (Compagnie strasbourgeoise des chemins de fer à chevaux). Elle mettra en service le 22 juillet 1878 la première ligne de tramway hippomobile et sera renommée en 1888 Strassburger Strassenbahn-Gesellschaft (Compagnie des tramways strasbourgeois). En 1919, au lendemain de la première guerre mondiale et du retour de l’Alsace-Moselle sous le giron français que l'entreprise prendra le nom de Compagnie des tramways strasbourgeois. Elle deviendra dans les années 1960, après le démantèlement de la dernière ligne de tramway, la Compagnie des Transports Strasbourgeois.
 

 

L’exposition présente, grâce à près de 170 documents et objets, l’évolution de la CTS et de la ville à travers l’histoire mouvementée entre la France et l’Allemagne et les évolutions sociétales qui ont modifiées les pratiques de déplacements. De la traction hippomobile à l’électrification en passant par la vapeur, de l’âge d’or des transports publics et du transport de marchandises à leurs déclins, des interrogations entre le métro et le tramway, au retour du tramway strasbourgeois à Kehl, l’exposition s’organise en différentes parties et vous proposera gratuitement un voyage dans le temps et dans l’histoire de l’agglomération strasbourgeoise. Vous pourrez notamment y découvrir une photo du triporteur graisseur de rails que la CTS utilisait dans les années 1930.

Carte du réseau CTS en 1953
La couleur bleu des bus est abandonnée en 1965 au profit  du rouge (orange ?) et blanc, couleurs de Strasbourg
 

Aujourd’hui, la CTS se revendique comme une compagnie « citoyenne et innovante » qui au-delà du transport de personnes entend répondre aux défis énergétiques actuels et futurs. Elle  place l’intermodalité au cœur des enjeux majeurs de son réseau et s’adapte aux nouveaux usages de consommation pour simplifier et augmenter l’attractivité des transports en commun grâce aux nouvelles technologies. 

Depuis 2011, la CTS a souhaité rompre avec l’uniformité caractéristique de son matériel roulant. Ainsi chaque année, la CTS crée une nouvelle livrée de bus soit en hommage de grands noms de l’art à Strasbourg ou la confie à des artistes contemporains locaux choisis par les usagers à l’issu d’un concours. Certains trams sont également recouverts d’une livrée spéciale comme celui ressemblant à une chenille imaginé par Luc Schuiten, architecte belge, pour le passage à Strasbourg de son exposition « Cités végétales » en 2015. Encore un petit effort et bientôt, les transports publics circuleront dans la capitale européenne même le premier mai…