4 juil. 2017

L'Union Cycliste Internationale commence à faire la promotion du vélo pour tous !

L’Union Cycliste Internationale (UCI) est l’instance faîtière du sport cycliste dans le monde. Fondée en 1900 à Paris, son but est de développer et promouvoir le vélo sous ses différentes pratiques qu’elles soient sportives, de loisir ou utilitaire. Ses actions sont surtout connues dans le domaine sportif puisque l’UCI, qui organise les divers championnats du monde de cyclisme, édicte les règlements des disciplines du cyclisme (notamment sur le plan du matériel), organise des programmes de formation et lutte contre le dopage.

Le Siège de l'UCI à Aigle en Suisse. Photo : www.uci.ch
En complément l’Union Cycliste Internationale considère que “sa mission dépasse la seule gestion du sport d’élite. Elle doit aussi nouer des partenariats avec ceux qui militent en faveur de meilleures conditions pour les cyclistes, afin d’encourager davantage de personnes à rouler à vélo quelle que soit leur optique”. Ainsi, depuis 2014, l’UCI s’est lancée dans un programme appelé “Le vélo pour tous” dont l'objectif est d'assurer la promotion du vélo comme mode de déplacement. Le Manifeste Vélo pour Tous de l’UCI, publié début avril 2017, définit l’objectif, le rôle et ses principales activités afin de soutenir le cyclisme sous toutes ses formes à travers le monde. Il s’organise autour de trois axes qui sont actuellement en phase de développement ou d’implémentation.  

Ce programme a tout d'abord l'objectif d’assurer la promotion du cyclisme en tant que moyen de transport polyvalent, économique et écologique et comme composante d’un mode de vie sain accessible à tous. Pour cela, l’UCI s’est lancée dans la promotion d’actions avec d'ambassadeurs, qui doivent grâce à l’heure influence encourager la pratique du vélo auprès de la population. L’organisation commence également à développer des campagnes de promotion du cyclisme auprès des jeunes, ainsi que le respect entre les cyclistes et automobilistes. En complément, elle a intégré la commission de mobilité de la ville d’Aigle (qui abrite le siège de l’UCI en Suisse) afin d'apporter son soutien et sa voix aux stratégies de promotion du vélo au sein de cette ville. Enfin, avec le label UCI Bike City, l'UCI récompense les villes qui investissent à la fois dans l’organisation d’épreuves cyclistes de haut niveau et dans le cyclisme au quotidien et les infrastructures cyclables.

Le second axe du Manifeste vise à collaborer avec d’autres entités et organisations pour militer et parler d’une seule voix au nom du cyclisme. L’UCI rencontra ainsi fréquemment différentes organisations qui travaillent pour la promotion du vélo, comme l’ECF, People For Bikes, ProVelo (Suisse et Lausanne), Dutch Cycling Embassy, Cycling Embassy of Denmark, l’ONU (via la UNECE,le programme PEP et le suivi des objectifs de développement durable), World Bicycle Relief, ainsi que diverses villes de suisses romandes pour établir la meilleure manière dont l’UCI pourrait les soutenir dans leurs démarches. L’UCI a part ailleurs récemment contribué au développement et à la promotion de la « EU Cycling Strategy » menée par l’ECF, qui sera très bientôt présentée à la commission européenne.

Enfin, l’UCI souhaite aider les fédérations nationales afin qu’elles aient le pouvoir de promouvoir et de soutenir des activités promotionnelles et puissent partager les meilleures pratiques en la matière. Elle a commencé à développer des stratégies de soutien avec différentes fédérations nationales qui cherchent à améliorer les infrastructures, les programmes de promotion et la perception du vélo dans leurs pays, afin de les soutenir dans leurs démarches. L'UCI est également en train de créer une base de données de meilleures pratiques qui pourront être partagées avec l'ensemble des fédérations nationales. Son objectif est qu’au moins 75 % de ses 186 fédérations nationales aient des programmes encourageant la pratique du vélo et une plus grande sécurité routière en vigueur d’ici 2020.

La frontière entre le sport cycliste et la pratique du vélo pour se déplacer au quotidien est encore très importante, surtout en France. Pourtant, qu’ils utilisent le vélo pour gravir des cols ou pour aller au travail, les cyclistes ne demandent qu’une seule et même chose être reconnus et pouvoir pédaler en toute sécurité. Il est donc plus qu'intéressant que l’UCI se soit lancée dans un programme qui a pour objectif de défendre l’usage du vélo au quotidien et qu'elle consacre des ressources humaines et financières à cette thématique. En espérant que ce programme franchisse aisément les nombreux cols hors catégorie qui se dressent devant lui et qu’il ne finisse pas dans la voiture balais…

29 juin 2017

Après le transport d'enfants, Bakfiets se lance dans le transport de marchandises.

Bakfiets est sans doute la marque de vélo cargo la plus connue. Elle a construit sa renommée sur un biporteur de qualité, disponible en deux longueurs. Permettant de transporter jusqu'à quatre enfants dans sa version longue, ce biporteur représente le modèle le plus fréquemment rencontré. La marque hollandaise propose également depuis quelques années un triporteur, un biporteur plus léger avec un cadre et une boite en aluminium et des versions équipées d'assistances électriques. Tous les vélos de la marque sont construits aux Pays-Bas dans l'usine de Hoovegen située à 120 km au Nord Est d'Amsterdam. Ils sont principalement assemblés à la main par une cinquantaine d'employés dont une grande partie souffre d'un handicap.

Afin de développer des solutions de mobilité en vélos cargo adaptées au transport de marchandises, Bakfiets a, il y a quelques années, lancé un biporteur équipé d'une plateforme permettant le chargement de colis. Cette année de nouveaux modèles « Business » sont venu compléter l'offre de vélos cargo destinée à la logistique. Ceux-ci reprennent la base, désormais célèbre et éprouvée, du biporteur sauf que la caisse dédiée au transport des enfants a été remplacée par une « flight case ». La gamme de biporteur « Business » existe en deux versions, une longue et une extra longue.

Bakfiets "Business" en version longue;

Les dimensions de la « flight case » de la version longue sont de 65cm de profondeur pour 70 cm de large. Le fond mesure également 70 cm tandis que le couvercle mesure 100 cm. Les dimensions de la « flight case » de la version extra longue sont identiques en profondeur et largeur. Seule la largeur diffère avec une base de 100 cm et un couvercle de 130 cm. Ce dernier est maintenu par un puissant vérin qui permet de rouler le couvercle ouvert afin d'augmenter les capacités de chargement. La « flight case » est équipée d'une serrure permettant de sécuriser son contenu lors du stationnement. Malgré son apparence massive, la « flight case » est relativement légère à vide et le biporteur, comme tous les Bakfiets, se conduit facilement même lorsque celui-ci est chargé comme un mulet. 


Les deux modèles « Business » sont proposés en version avec ou sans assistance et avec différents système de vitesses dont pour les versions électriques, le fameux système Shimano Di2 qui permet de changer de vitesse en pressant uniquement sur un bouton installé sur le guidon. Une option permet également au moteur de sélectionner le rapport le plus adéquat selon votre vitesse.Vu les capacités de chargement de ces deux modèles, l'assistance électrique apporte un réel confort lorsqu'ils sont lourdement chargés.Le prix des Bakfiets Business varie grandement selon le système de vitesse choisi, le besoin ou non d'une assistance. Il commence à un peu plus de 2500 € et peut grimper jusqu'à un peu plus 5000 € pour un modèle équipé d'une motorisation et du système de vitesses le plus sophistiqué.


Avec ces deux modèles, disponibles dans la nouvelle boutique d'Esprit Cycles dédiée aux cargos à Strasbourg, Bakfiets étoffe sa gamme et propose des solutions de vélogistique qui intéresseront de nombreuses entreprises. La firme de Hoovegen a même pensé aux entreprises qui ont besoin de transporter des denrées surgelés.En effet, une version avec une caisse isotherme baptisée « Ice cream box », complète la gamme Business. Les entreprises n'ont désormais plus aucunes excuses pour ne pas se convertir à la Cargologie..

21 juin 2017

Babboe Carve, le nouveau triporteur qui vous fera pencher vers la Cargologie.

Lancé en 2007, Babboe (prononcez Babou) est devenue en dix ans l’un des principaux constructeurs de vélo cargo. La marque hollandaise a tout d’abord commercialisé un triporteur simple et robuste, le Babboe Big. Il a été décliné dans une version avec assistance électrique en 2009. En 2010, Babboe a complété sa gamme avec le Babboe City, biporteur qui connaitra rapidement un grand succès. Babboe est ensuite retourné vers ses premiers amours, les triporteurs, en lançant le Curve, version modernisée et améliorée du Big. Il permet de transporter quatre enfants et la version Mountain propose une assistance électrique instalée sur le pédalier. La firme d’Amerfoort, ville située à une quarantaine de kilomètres au sud est d'Amsterdam, continue à innover et a sorti il y a quelques semaines un nouveau triporteur, le Babboe Carve. 

Le Babboe Carve propose deux nouveautés. Tout d’abord, ce triporteur est équipé de roues avant directrices. Ainsi lorsque vous tournez le guidon, la caisse reste dans l’axe du cadre et ne tourne pas. Contrairement à la quasi-totalité des triporteurs (à l’exception de ceux de la marque NIHOLA), seules les roues avant sont solidaires du guidon. Ce système procure au triporteur une meilleure stabilité dans les virages et améliore grandement le confort de conduite pour le conducteur ou les passagers dans les courbes.

En plus des roues directrices, le Babboe Carve dispose également d’un système pendulaire. Celui-ci permet à la caisse de s’incliner dans le sens des virages et accompagne ainsi le mouvement naturel du triporteur et du cycliste. Les virages peuvent donc se prendre plus aisément avec un rayon plus petit et à plus grande vitesse qu’avec un triporteur classique sans risquer de perdre le contrôle de sa monture. 


La combinaison des roues directionnelles et du système pendulaire assure une tenue de route parfaite et très nerveuse au triporteur. Cependant le fait que le triporteur se penche dans les virages peut être au départ déstabilisant et demande un peu d’entrainement. Il faut apprendre à connaitre les réactions du triporteur et accompagner son mouvement dans les virages. 

C’est pourquoi, Babboe à intelligemment équipé le Carve d’un système permettant d’activer ou désactiver rapidement le système pendulaire. Une manette facilement accessible est installée au dos du caisson sous le guidon. Pour éviter toute mauvaise surprise, il est conseillé d’actionner la manette à l’arrêt et de s’assurer que la caisse ne soit pas inclinée.

La manette qui permet d'activer le système pendulaire
Une fois le système pendulaire appréhendé, le plaisir de conduite, largement augmenté par l‘assistance électrique Yamaha (250W, 36V) installée sur le pédalier et une transmission Nu Vinci, est au rendez-vous. On se prend rapidement et facilement à vouloir slalomer sur les pistes cyclables et les enfants embarqués dans la caisse ont l’impression d’être dans un manège de fête foraine… 

La totalité de la caisse est nouvelle sur le Carve. Concue en bois de hêtre estampillé PEFC, ses dimensions et son design ont été adaptés afin de pouvoir y greffer les systèmes pendulaires et de roues directionnelles. La batterie (Lithium-Ion 400Wh 36V 11A) est installée sous le banc. Elle est facilement accessible et détachable. Les ingénieurs de Babboe planchent actuellement pour intégrer un second banc à la caisse et une protection contre la pluie. Ces équipements devraient être disponibles avant la fin de l’année. 





En plus de la version présentée dans cet article dont le tarif est de 4700 €, Babboe commercialise une autre version du Carve équipée d’un moteur dans le moyeu de la roue arrière et d’une transmission classique par dérailleur 7 vitesses, au tarif de 3700 €. Le reste de l’équipement est identique sur les deux versions (freins à disques, pneus, éclairage…). 


Le Babboe Carve était annoncé comme la grande nouveauté de l’année dans le monde des vélos cargo. En effet, il vient étoffer la gamme Babboe et concurrencer le danois MKE-1 de Butchers & Bicycle qui était à ma connaissance le seul triporteur pendulaire à assistance électrique. Une grande partie des modèles de Babboe, dont le Carve, et d’autres fabricants (Bakfiets, Douze…) sera exposée et gratuitement testable samedi 24 Juin de 10h à 18h lors de l’inauguration de la nouvelle boutique Esprit Cycles dédiée aux vélos cargo située, 138 route de Colmar à Strasbourg-Meinau. 

Pour fêter cette belle journée, Esprit Cycles proposera diverses animations dont un tirage au sort pour gagner un vélo cargo. I Bike Strasbourg sera également présent durant l’évènement et proposera une exposition d’une trentaine de photos de vélos cargo réalisées à Strasbourg et dans différents villes européennes. L’ouvrage Cargologie sera également en vente au tarif spécial de 30 €. Venez nombreux découvrir ou redécouvrir le monde merveilleux de la Cargologie!

14 juin 2017

« Au boulot à vélo !», le challenge qui incite les entreprises strasbourgeoises à devenir véloptimistes et à le rester !

Comme chaque année depuis 8 ans, le CADR 67 organise son désormais fameux et incontournable challenge « Au boulot à vélo !». Très largement appuyé par l’Eurométropole de Strasbourg, cet évènement se déroulera cette année du 19 Juin au 2 Juillet. Il a pour objectif d’encourager les salariés des entreprises publiques et privées des 33 communes de l’agglomération et notamment ceux qui ne sont pas encore cyclistes à utiliser le vélo pour aller travailler et de les faire devenir « Véloptimiste ». Cet adjectif invariable est un caractère distinctif des habitants de Strasbourg à se sentir heureux, en bonne santé et confiant dans l’avenir grâce à la pratique quotidienne du vélo. 


Pour cela, la formule est désormais bien rodée. Elle se base sur deux semaines de challenge avant les congés estivaux, plusieurs opérations préalables de préparation technique ou de conseils, la participation de Velhop qui fournit gratuitement de nombreux vélos aux personnes n’en ayant pas, une cérémonie de remise des prix conviviale et intéressante, ainsi que sur une importante campagne de communication.

Bus Velhop lors d'un parc d'assistance. Source : page Facebook Au Boulot à vélo !
Cette année le challenge propose quelques nouveautés. La formule de calcul des scores des participants évolue tout d’abord afin de prendre davantage en compte la régularité et le nombre de participants. Ensuite, après de nombreuses demandes et devant le développement de la Cargologie à Strasbourg, cette formule intègre enfin un bonus vélo cargo pour les déplacements effectués au guidon d’un biporteur ou d’un triporteur. Un bonus sera également attribué pour chaque catégorie, à l’entreprise qui obtiendra le plus de « like » pour un selfie publié sur la page Facebook du challenge.



Exemples de communication pour le challenge. Source : page Facebook Au boulot à vélo !
Cette année, les organisateurs décerneront également pour la première fois, le Pédalier d’Or. Ce trophée récompensera les employeurs qui mettent en œuvre les meilleures pratiques pour inciter leurs collaborateurs à venir à vélo sur leur lieu de travail et à l’utiliser durant leurs déplacements professionnels. Sur la base d’un dossier, un jury formé de représentants du CADR 67 et de l’Eurométropole de Strasbourg se réunira pour décerner le premier trophée du Pédalier d’Or. Cette s’intègre pleinement à la stratégie de promotion des plans de mobilité de l’Eurométropole, qui deviendront, conformément à l’article 51 de la Loi surla Transition Energétique pour la Croissance Verte, obligatoires à partir de janvier 2018, pour les entreprises regroupant plus de 100 salariés sur un même site et localisées dans le périmètre d’un plan de déplacements urbains.

A quelques jours du début du challenge, le nombre d'entreprises inscrites pour cette édition est en passe de dépasser celui de l'année précédente qui était de 159. Même s'il ne dure que deux semaines à la belle saison, « Au boulot à vélo ! » est certainement l'une des raisons qui fait que d'après l'INSEE, Strasbourg est la ville de France où le vélo est le plus utilisé pour les déplacements domicile-travail. Quelles seront les entreprises strasbourgeoises les plus véloptimistes cette année? Les lauréates de l'année précedente arriveront-elles à conserver leurs titres ? La réponse va se décider, comme chaque année, sur les pistes cyclables de l'agglomération...

7 juin 2017

En 2017, le vélo fête ses 200 ans !

De nombreux événements se sont déroulés ce week-end end dans toute la France, pour, comme chaque année, durant le premier week end de Juin, fêter le vélo. Cette édition 2017 marquait pour beaucoup le 200ème anniversaire de l'invention du vélo. Il existe cependant de nombreuses hypothèses plus ou moins fantaisistes sur les débuts de l'histoire de la bicyclette.

Certains datent son invention des milliers d'années avant Jésus-Christ en Chine ou en Egypte. D'autres accordent sa paternité à Léonard de Vinci suite à la découverte, en 1974, d'un croquis présentant un cadre, deux roues de même grandeur et une transmission par chaîne actionnée par un mécanisme à pédale. Toutefois, les historiens ne sont pas tous convaincus. En effet, ce document, issu d'un recueil de notes et de dessin de l'inventeur, n'a pas pu être certifié comme réalisé par Léonard de Vinci. Un certain doute demeure donc autour de ce postulat.

Pour de nombreux historiens, le véritable ancêtre de la bicyclette apparaît il y a 200 ans, en 1817, quand l'officier prussien Karl Friedrich Christian Ludwig Drais Von Sauerbronn, construit une sorte de célérifère équipé d'un guidon qui permet d'orienter la roue avant. Son poids, avoisinant les 40 kilos et sa longueur, proche de 2,4 mètres rendent délicat son utilisation. Sa popularité est principalement issue des dangers que la « Draisienne » du nom de son inventeur, fait courir à ses usagers. Malgré certaines améliorations comme des modèles en fer, plus légers et confortables et quelques compétitions, les déplacements en draisiennes ne procurent pas réellement d'avantages par rapport à la marche.

Draisienne : source internet.
Une vingtaine d'année plus tard, un forgeron écossais, Kirkpatrick MacMilan fabrique un premier véhicule sur lequel, il et possible de se déplacer en équilibre sans prendre appui sur le sol avec les pieds. Le système de propulsion est composé d'un système de leviers et de manivelles actionnées par les pieds. Celui-ci entraîne la roue arrière. La roue avant est directionnelle. Cette évolution de la draisienne, qui dispose de roues d'inégales grandeurs, est moins lourde et plus rapide que son ancêtre. Elle ne connaîtra cependant pas un grand succès car lors de sa première démonstration publique en 1842, un enfant est renversé et l'inventeur est contraint de payer une indemnisation.

Draisienne équipée du système de levier de Kirkpatrick MacMilan. Source : internet.
 C'est vers 1860 que deux français, Pierre Michaux et son fils Ernest, inventent les pédales. Elles sont alors installées sur le moyeu de la roue avant des draisiennes et permettent en appuyant dessus de faire avancer la roue. Dès 1865, ils produisent près de 400 unités de leur véhicule, surnommé « Bicycle ». Il pèse 30 kilos et mesure 1,80 m de longueur et a été très rapidement équipé d'un frein sur la roue arrière.

Vélocipède de Michaux équipé de pédales sur la roue avant. Sources : internet.
Surnommé « Bones shaker » (secoueur d'os), a cause des secousses que les pavés provoquent sur ses roues en bois cerclées de fer, le bicycle commence a être amélioré pour devenir plus confortable moins lourd et surtout plus rapide. Pour cela, puisqu'un tour de pédale fait avancer le bicycle de la circonférence de la roue sur laquelle les pédales sont installées, les bicycles vont progressivement être équipés de roues de diamètre de plus en plus grands et être appelés grand-bi. C'est un anglais du nom de James Starley, qui fait breveter en 1870 le premier grand-bi. Les chutes sont fréquentes et peuvent être dangereuses. Malgré diverses évolutions, le grand-bi ne sert qu'à des exhibitions, des courses ou comme mode de distinction des classes aisées. Il ne représente pas une alternative durable à la marche ou au cheval. 

Grand bi Peugeot de 1881. Source : www.ibikestrasbourg.com
Il faudra attendre les années 1880 pour que la vitesse du bicycle ne soit plus tributaire de la circonférence de la roue. Cette évolution est rendue possible par la mise au point d'un système de transmission par chaîne, actionné par les pédales, relié à la roue arrière. Quelques années plus tard, l'irlandais John Boyd Dunlop est le premier à entourer les jantes en bois de tubes de caoutchouc vulcanisés et rend, ce qui s'appelle désormais une bicyclette, plus confortable à conduire. 

Safety bicyle. Source : internet.
Dès lors, la bicyclette, surnommée « safety bicycle », beaucoup plus sûre que les modèles précédents, commence à ressembler à ce que l'on connaît aujourd'hui, et à se démocratiser. Au tournant du XX ème siècle, une série d'innovations techniques, la production massive des premières grandes usines et l'organisation des premières compétitions cyclistes vont faire progressivement évoluer la bicyclette vers un mode de transports quotidien adopté par toutes les classes sociales. Elle sera malheureusement progressivement délaissé au cours des tentes glorieuses au profit de l'automobile devenue, alors, un symbole de modernité, de richesse et de vitesse. 

Aujourd'hui, la bicyclette que l'on appelle désormais plus usuellement, le vélo, ressemble toujours énormément aux modèles de la fin du XIXème siècle. Il est très généralement constitué d'un cadre équipé de deux roues de même diamètres, d'une selle, d'un guidon et d'une transmission entraînant la roue arrière. De nombreuses évolutions mécaniques et technologiques continuent depuis le début du XXème siècle à améliorer le vélo. Il a recommencé à être utilisé plus ou moins massivement dans certaines villes européennes. Aujourd'hui, le véritable développement serait qu'il redevienne majoritaire dans les déplacements quotidiens dans de nombreuses villes de nombreux pays...

30 mai 2017

Imaginons une France cyclable !



Comme le démontrent les photos présentées dans cet article, les élu(e)s se déplaçant à vélo ne sont pas rares à Strasbourg (et il en manque quelques uns comme Mathieu Cahn, Pernelle Richardot, Paul Meyer, Laurence Vaton ou Jean-Philippe Vetter...), mais semblent l'être beaucoup moins dans d'autres villes ou territoires français. 

Jean-Baptiste Gernet (PS), conseiller Eurométropolitain en charge des modes actifs et des nouvelles pratiques de déplacement.
Alexandre Feltz (Société civile), Adjoint au Maire de Strasbourg en charge de la santé publique et environnementale.
Abdelkarim Ramdane (EELV), conseiller municipal, en charge de la lutte contre les discriminations dans le cadre de l’insertion sociale et professionnelle.
Alain Jund (EELV), adjoint au Maire en charge de la transition énergétique et économie d’énergie et du PLU intercommunal pour Strasbourg.
Eric Schultz (EELV), adjoint au Maire de Strasbourg en charge de l'Etat civil et de la mission des temps.
Fabienne Keller (LR), conseillère municipale, ancienne Maire (2002/2008), Sénatrice du Bas-Rhin.
Marie-Dominique Dreyssé (EELV), adjointe au Maire de Strasbourg en charge des solidarités.
Alain Fontanel (PS), Premier adjoint au Maire.
Syamak Agha Babaei (PS), conseiller municipal.
Pour tenter d’inverser cette tendance, la FUB qui regroupe plus de 200 associations cyclistes françaises totalisant plus de 31 500 membres, a envoyé durant la dernière campagne des élections présidentielles, un questionnaire aux onze candidats. Ce document, leur demandait leurs pratiques du vélo ainsi que les engagements qu’ils prendraient pour son développement s’ils étaient élus. Sept candidats ont répondu et certains ont rajouté des commentaires libres en rapport ou non avec la thématique.

Dans ses réponses, on apprend notamment, que la pratique du vélo du nouveau Président de la République, Emmanuel Macron, est tournée vers le loisir mais qu’il « est convaincu que le vélo est un moyen de déplacement qui peut se développer en ville comme à la campagne, dans la mesure où un certain nombre d'aménagements sont réalisés pour le favoriser. C'est bénéfique pour la collectivité, notamment d'un point de vue écologique mais aussi pour chacune et chacun pour réduire ses coûts de déplacements et être en bonne santé notamment ». Il y affirme également qu’il s’engagera durant son quinquennat à mettre en place un fonds national qui permettra de développer le vélo.

Durant la campagne des élections législatives qui se dérouleront les 11 et 18 Juin, la FUB continue son travail de sensibilisation au vélo des candidats. Pour cela, la fédération interpelle directement les candidats dans une lettre présentant son action spécifique pour ces élections et un questionnaire à destination descandidats. En complément, elle a édité un supplément de 16 pages à son magazine Velocité, intitulé « Parlons vélo ! Imaginons une Francecyclable ». Dans ce numéro hors série, disponible gratuitement ici, nous apprenons que « la France pointe à la 20ème place sur 28 pays européens pour l'usage du vélo au quotidien juste devant la Bulgarie et le Royaume Uni » et que l'Hexagone « fait partie de la moitié des pays européens qui n'ont pas de stratégie nationale pour le développement du vélo ».


Forte de ce constat et dans la lignée du livre blanc pour une stratégie cycliste européenne*, la FUB interroge à travers cette publication, le rôle de l’État dans la promotion du vélo comme mode de déplacement quotidien. Elle propose ainsi trois axes d'actions qui s'articulent autour dix revendications élaborées en partenariat avec tous les acteurs du vélo français.

La FUB demande tout d'abord des moyens financiers pour le vélo. Elle propose de consacrer 100 millions d'euros à « cyclabiliser » 10 territoires de référence choisi dans le cadre d'un appel à projets.  Ce budget serait alimenté par une contribution prélevée sur la publicité automobile. Il permettrait d'aider les collectivités locales qui font des efforts pour établir un réseau cyclable cohérent et structuré et de poursuivre le schéma national des véloroutes et voies vertes. En plus des moyens financiers, la FUB attend également des moyens humains avec la création d'une délégation interministérielle à l'usage de la marche et du vélo et d'un réseau de Maisons du vélo regroupant tous les moyens de s'informer et de se former à la pratique des modes actifs.

La Fédération milite également pour créer une culture vélo dès le plus jeune âge. Elle considère l'apprentissage de la mobilité à vélo dans les écoles comme la véritable révolution dans la sécurité des déplacements à vélo. En complément, elle suggère de généraliser la vitesse maximale de 30 km/h en ville, d'agir sur la visibilité des cyclistes ainsi que l'éclairage des vélos et pose comme objectif de diminuer par deux le nombre de cyclistes tués ou gravement blessés.

Le dernier axe de progrès détaillé par la FUB propose d’inciter la pratique du vélo par une fiscalité adaptée. Pour cela, elle souhaite une revalorisation de l'indemnité kilométrique vélo (au moins au niveau des transports en commun), qu'elle soit intégrée au barème fiscal, qu'elle s'adresse à tous les actifs et enfin qu'elle soit obligatoire pour les employeurs. La FUB propose également l’obligation d'établir des plans de mobilités d'établissements intégrant une meilleure prise en compte du stationnement vélo et d’accélérer la création de locaux vélos sécurisés. Elle conclut ce chapitre en proposant une aide financière aux entreprises innovantes dans le domaine du vélo et aux ateliers d'autoréparation.

En parallèle, la FUB a lancé une recherche de financement afin de l’aider à déployer la campagne sur tout le territoire français. Les fonds collectés permettront d’interroger un maximum de candidates et candidats sur les propositions vélo et de communiquer leurs réponses aux électrices et électeurs. Début Juin, une nouvelle version du site permettra de faire une recherche pour comparer les réponses des différents candidats, circonscription par circonscription.

L’ensemble des propositions de la FUB est ambitieux mais réaliste. Il a pour objectif de sensibiliser les candidats et futurs députés au vélo. Ce mode de déplacement ne doit plus être le parent pauvre de la politique de mobilité de l’Etat. Il est urgent, pour que la France cyclable ne reste pas un imaginaire, mais devienne une réalité, que l’Etat s'engage dans le développement volontariste du vélo. Il le fait depuis de nombreuses années pour les transports en commun qui sont également de la compétence des collectivités locales. Alors, la République va-t-elle (enfin) se mettre à vélo ?



* Ce livre qui définit des objectifs et recommande des actions de la compétence de l'Union Européenne, sera publié par l'ECF (European Cyclists Federation), dont la FUB est membre, à l'occasion de la conférence mondiale Vélocity 2017, qui se tiendra en juin en Hollande. Il sera ensuite soumis à l’Union Européenne en guise d'inspiration pour ses actions futures.

21 mai 2017

Vel.Art' expose le vélo dans tout son art !

L’événement de Vendredi soir à Strasbourg, ce n'était pas le match de football du Racing qui a permis la remontée du club alsacien en ligue 1, mais le vernissage de l'exposition Vél-Art' ! L'idée de cette exposition a germé début 2017, suite à la rencontre entre Véronique Bertrand, créatrice des Filles à vélo, les dirigeants de l'association d'insertion Libre Objet et Stéphanie de Re-cycle-on. Ensemble, ils ont souhaité créer un événement autour du vélo, permettant de présenter la diversité de l'art et de l'artisanat de quelques amoureux du vélo strasbourgeois.



Outre les nombreuses Jart'elles des Filles à vélo et les panta'stics des gars à vélo, les visiteurs peuvent également découvrir les créations de Mina Letham. Cette artiste utilise la technique du « finger painting » depuis une quinzaine d'années pour composer ses toiles et ses créations auxquelles elle intègre parfois des objets de vélos récupérés.


Stéphanie de Re-cycl-on expose une partie de ses productions (ceintures, porte clés, lampes, horloges...) réalisées à partir d'éléments de récupération, notamment des pneus et chaînes de vélos, trop usés pour continuer à être utilisés sans danger. 


Jonathan Sarago, photographe s’intéressant à la pratique du pignon fixe, expose une dizaine de photos de sa série « Fixed Gear » qui permettent de mieux connaître ou découvrir l'univers du pignon fixe à Paris et Strasbourg.


Enfin, Lionel Finck, qui a ouvert au début de l'année son atelier de restauration de vélo « Stras et Clavettes », expose l'une de ses premières réalisations, un magnifique pignon fixe d'inspiration néo rétro. A coté de ce vélo, un cadre dont des parties sont serties de quelques pièces de dentelle de Calais vous prouvera que le vélo peut être facilement glamour...



En complément vous pourrez également découvrir le Vélorex, banc qui reprend une esthétique industrielle grâce à son armature réalisée en cadre de vélo et différentes productions réalisées par les personnes en contrat aidé suivies par Libre Objet. Ces dernières, réalisent en petite série, des objets conçus par des artistes et fabriqués sur place grâce à l'aide d'un encadrant. Pour l'occasion, différents objets en rapport avec le vélo sont exposés comme un jeu d'échec, la lampe Lumici crée par Geoffrey Weibel, ancien Président de Bretz'selle ou des sacoches à vélo réalisées à partir d'anciennes affiches publicitaires.

Cette première édition de Vel-Art' qui se déroule jusqu’au mercredi 24 Mai dans les locaux de l'association Libre Objet à Koenigshoffen, propose une approche originale du vélo. Elle est représentative de la diversité et de la richesse de la culture vélo à Strasbourg. Il vous reste quelques jours pour découvrir ou redécouvrir que le vélo est un véritable art de vivre...

Vel.Art'
Ateliers Libre Objet
91 route des Romains
67000 Strasbourg