31 oct. 2018

Les principales marques de vélos cargo circulant à Amsterdam.

Impossible, même lors d'un court passage à Amsterdam, de ne pas remarquer les nombreux vélos cargo qui circulent quotidiennement dans cette ville. Trois principales marques (hollandaises bien sur) se partagent la quasi totalité du marché. Il s'agit de Bakfiets, Babboe et Urban Arrow. La première, qui a vu le jour en 1999, se démarque avec de nombreuses options, accessoires et coloris. La seconde commercialise depuis 2007, une large gamme qui peut être équipée de deux systèmes d'assistance (moteur dans le moyeu arrière ou pédalier). La dernière fondée en 2010, ne propose que des modèles équipés d'une assistance Bosch. Ils sont composés de matériaux plus légers mais tout aussi résistants (cadre en aluminium et caisse en polypropylène expansé).

  




 






A Strasbourg et en France ces trois marques sont également les plus courantes. Elles permettent aisément de trouver le vélo cargo adapté à ses besoins, qu'il soit sur deux ou trois roues, avec ou sans moteur ou destiné au transport d'enfants ou de marchandises. Et si jamais, ces fabricants ne répondent pas à vos besoins, d'autres entreprises danoises, allemandes voire françaises sauront à coups sur vous faire oublier votre voiture ou votre camionnette.

24 mai 2018

Car Go ! Bike Boom, le livre pour comprendre comment le vélo cargo a révolutionné la mobilité.

Deux allemands, Eric Poscher, vélocosmopolite dans la quarantaine et Jürgen Ghebrezgiabiher, poète, mécanicien vélo de 55 ans, ont publié au début du printemps un livre sur le vélo cargo. Eric est convaincu depuis près d’une décennie que le vélo cargo est plus efficace que les voitures. « J’ai commencé par fabriquer quelques vélos cargo, puis à participer à l’ouverture d’un magasin spécialisé. J’ai également initié le système de vélos cargo partagé Fairvelo » explique Eric. De son côté, Jürgen a toujours utilisé le vélo pour se déplacer. « Le vélo et plus précisément le vélo cargo est une véritable opportunité pour repenser la mobilité en ville. Il offre de formidables capacités de transport et permet de démontrer que l’on n’a pas besoin d’essence pour se déplacer en ville avec des enfants, pour faire des courses ou pour transporter des marchandises ».

Les auteurs ont lancé fin 2015 une campagne de crowdfunding pour présenter leur projet et récolter le budget nécessaire pour le réaliser. L’intérêt pour le livre s’est rapidement manifesté puisque la campagne a dépassé les besoins financiers escomptés pour sa publication. Le duo a choisi d’intituler son ouvrage Car Go ! Bike Boom en référence à l’essor récent du vélo cargo. « Nous voulions également trouver un titre brin provocateur. C’est pour cela que nous avons choisi Car Go ! et non Cargo qui donne un double sens au titre que l’on pourrait traduire par : Vas-t-en voiture, le vélo explose ».


« Notre objectif était d'offrir un condensé d’informations sur le vélo cargo ». Tout au long de ses 224 pages, l’ouvrage, sous-titré « Comment les vélos cargo ont révolutionné notre mobilité », s’équilibre entre des passages permettant aux novices de découvrir la thématique et d’autres plus approfondis et techniques qui raviront les initiés. « Nous souhaitions également aller au-delà des informations que les gens peuvent trouver sur internet » ajoutent les auteurs. En complément, de nombreuses photos, schémas ou dessins agrémentent leurs propos.

Eric à gauche et Jürgen au centre lors de la présentation du livre durant l'International Cargo Bike Festival qui s'est tenu en Avril 2018 à Berlin.

« Car Go ! Bike Boom » débute par un inventaire des différents modèles. Il présente ensuite un historique du développement des vélos cargo de la fin du XIXème siècle jusqu’à aujourd’hui. L’ouvrage, publié par Maxime, une maison d’édition allemande spécialisée dans le vélo, aborde ensuite les nombreuses utilisations possibles du vélo cargo (transport d’enfants ou de marchandises, service de vélos cargo partagés, vélo taxi, vélo cargo « faits maison », sound system…). Il propose également quelques escapades à la découverte du sujet en Europe notamment à Copenhague, la ville aux 40 000 vélos cargo et Amsterdam avec une interview de Marteen von Andel, fondateur de Bakfiets.nl. En fin de livre de nombreux liens permettent de prolonger la révolution de la mobilité sur internet.

« Nous avons essayé de couvrir à peu près tous les aspects du vélo cargo d'un point de vue technologique et sociologique», précise Eric. Son collègue Jurgen poursuit, « le vélo cargo est un moyen d’améliorer son quotidien et nous voulions retranscrire cette évolution dans notre projet. Ainsi, le livre aborde autant la vie que les usagers développent grâce au vélo cargo que ce véhicule en lui-même ». Cette double approche permet au livre de s’adresser à un public large qu’il soit professionnel de l'industrie du vélo (cargo), urbaniste, utilisateur familial ou professionnel recherchant des conseils, avis ou idées. « Il intéressera également les geeks de vélo et de technologie », complète Eric. Disponible uniquement dans la langue de Goethe et pour 27 €, Car Go ! Bike Boom a tout pour devenir rapidement l’ouvrage de référence sur le vélo cargo.

18 avr. 2018

Vers une ZAD à Strasbourg au pied des institutions européennes ?



Strasbourg a beau être la capitale française du vélo, elle n’en reste pas moins une ville où le vélo doit toujours être défendu pour faire valoir ses droits et ne pas servir de variable d’ajustement. Il y a parfois des choses qui passent pratiquement inaperçue comme la suppression des bandes cyclables de la rue Sengenwald au profit d’un couloir bus ou la disparition totale du marquage de la bande cyclable du quai Sturm entre la place de la République et la rue du Général Frère et d’autres qui, même si elles sont préparées dans le plus grand secret, éclatent soudainement au grand jour et provoquent la colère et l’incompréhension des cyclistes locaux. 

C’est le cas du projet de fermeture à la circulation des piétons et des cyclistes des berges de l’Ill à proximité des institutions européennes. Piloté par ses dernières et autorisé par l’Etat sans consultation de la ville de Strasbourg, ces travaux ont pour objectif de sécuriser le Conseil de l’Europe et le Parlement européen de potentielles attaques terroristes. C’est l’ADIR (association de défense des intérêts de la Robertsau) qui a découvert l’annonce des travaux début octobre 2017.

Le collectif s’est empressé de déposer un recours gracieux (demande de réexamen du dossier par le porteur de projet), contre la fermeture des berges. En complément, il a également organisé, avec l’appui d’associations cyclistes, piétonnes et de citoyens, une première manifestation le 12 octobre pour défendre l’accès pérenne des cyclistes et des piétons à cet itinéraire. Ceci d’autant plus, que l’alternative par l’avenue de l’Europe et le boulevard Paul Déroulède, n’est pas bien aménagée et sécurisée. 

Rapidement après cette première manifestation, la ville de Strasbourg a publié un communiqué expliquant qu’elle était « sensibilisée au projet de fermeture aux cyclistes et aux piétons des berges de l’Ill au niveau des institutions européennes » que « L’Etat, le Parlement et la collectivité doivent très rapidement rediscuter des modalités de cette fermeture » et qu’elle « souhaitait que ces berges demeurent naturellement ouvertes et accessibles, et que d'éventuelles fermetures pour raisons de sécurité soient parfaitement exceptionnelles et motivées ». Une seconde manifestation a eu lieu le 26 février 2018. Pour faire pression sur les autorités qui restent sourdes aux demandes des associations, une troisième manifestation sur l’itinéraire a été organisée lundi dernier.


Elle a rassemblé près de 300 participants dont quelques élus strasbourgeois engagés pour le vélo et la députée européenne Karima Delli (EELV), présidente de la commission des transports et du tourisme du Parlement européen. 



En parallèle une pétition en ligne a également été lancée. Elle a encore besoin de signatures afin de pouvoir être présentée directement au Conseil Municipal selon le nouveau pacte de démocratie lancé l’année dernière par la Ville. L’ADIR insiste également sur le fait que selon elle, ce projet ne respecte pas l’article L 2131-2 du Code général de la propriété des personnes publiques. Celui-ci stipule notamment que les propriétaires d’un cours d’eau domanial, c’est-à-dire qui navigable et qui appartient à l’Etat, comme c’est le cas de l’Ill à Strasbourg, ne peuvent  clore les berges qu'à une distance de 3,25m des rives, dite servitude de marchepied. Cette dernière étant à l'usage du gestionnaire de ce cours d'eau des pêcheurs ou des piétons.

Les contraintes de sécurisation des sites sensibles sont compréhensibles dans le contexte de menaces terroristes actuel, mais elles ne doivent pas se faire au détriment des citoyens et respecter les principes de perméabilité et de proximité des institutions européennes et le site où elles ont été bâties… Il y a quelques années, les cyclistes amstellodamois se sont battus pour conserver le droit de circuler sur une piste cyclable qui passait dans le Rijksmuseum (sans doute l’une des plus belle piste cyclable au monde…). Après la ZAD du Moulin à Kolbsheim contre le projet d’autoroute de contournement de l’agglomération strasbourgeoise, une nouvelle ZAD contre le projet de fermeture à la circulation des piétons et des cyclistes des berges de l’Ill dans le secteur des institutions européennes est-il en train de naître dans la capitale du vélo et de l’Europe ?