22 nov. 2017

Plus que quelques jours pour participer au premier baromêtre cyclable national !



Après sa campagne de sensibilisation des élus durant les élections présidentielles et législatives du printemps dernier, la FUB continu son travail de sensibilisation et de lobbying avec la première enquête nationale d’ampleur auprès des usagers du vélo. Intitulé, « baromètre des villes cyclables », ce questionnaire en ligne, a pour objectif d’évaluer la « cyclabilité » de votre ville et de partager votre expérience de cycliste. Librement inspiré de l’enquête de l’enquête Fahhradklima-Test initiée par la fédération allemande du vélo (ADFC) en 1988 et réalisée 7 fois depuis, le questionnaire aborde différentes thématiques comme le confort du réseau cyclable, la sécurité à vélo, l’importance des actions effectuées par les villes ou encore les critères importants pour développer le vélo.


Les résultats seront rendus publics en Mars 2018 et permettront de mieux cerner les attentes des citoyens qui souhaitent se déplacer à vélo. Ils viendront également alimenter les réflexions des Assises Nationales de la Mobilité. Lancées en septembre 2017 par Elisabeth Borne, ministre chargée des transports, cette consultation qui s'adresse à tous les acteurs du territoire se déroulera jusqu'en décembre 2017. Elle permettra de préparer la Loi d'orientation des mobilités, qui sera présentée au premier semestre 2018 aux députés.  

Plus de 83 000 retours ont déjà été comptabilisés et des villes de toutes tailles et de toutes les régions ont montré un fort engouement pour cette enquête. A Strasbourg, près de 1300 réponses ont déjà été enregistrées ce qui correspond presque à l’objectif affiché par la FUB de 5 réponses pour 1000 habitants. Cependant, d’autres métropoles comme Grenoble, Rennes, Nantes ou Bordeaux affichent un taux de participation plus important et étant donné la pratique importante du vélo dans la capitale alsacienne, ce nombre semble relativement faible. Dans le reste de l’Eurométropole, le questionnaire a été renseigné au moins une fois pour 12 des 33 communes de l’intercommunalité.

Le fait que le vélo soit globalement bien intégré dans les politiques de l’Eurométropole de Strasbourg et du Conseil Départemental du Bas-Rhin depuis près de 40 ans peut expliquer ce faible taux de réponse. En effet, contrairement à d’autres villes françaises, de nombreux strasbourgeois ont grandi avec le vélo et il est souvent très facile, rapide et sûr de se déplacer à vélo dans l’agglomération strasbourgeoise. Si bien que le vélo est devenu naturellement et progressivement un « acquis social » pour lequel ils n’ont pas eu à se battre. De ce fait, la quasi-totalité des cyclistes strasbourgeois ne sont pas des « militants vélo » mais uniquement des personnes qui choisissent d’utiliser ce mode de transport car il bénéficie d’aménagements qui l’ont rendu plus efficace que l’automobile ou les transports en commun. 


Cependant, il est erroné et dangereux de penser que dans la capitale alsacienne, le vélo a retrouvé durablement sa place et qu’elle est respectée de tous. Les automobilistes stationnés sur les aménagements cyclables le rappellent tous les jours. De même, le lobby automobile local est, comme ailleurs, toujours très actif et puissant, surtout quand il s’agit de défendre des places de stationnement, d’en réclamer plus ou de nouvelles routes et autoroutes de contournement…

Parce qu’il reste de nombreuses choses à faire pour le vélo à Strasbourg et plus globalement en France, n’hésitez pas, avant le 30 novembre, date de clôture de l’enquête, à consacrer 5 minutes à cette démarche de la FUB.

15 nov. 2017

Premier rôle pour le Bullitt au cinéma !

Depuis la rentrée, de nombreux articles dans la presse ont été consacré aux vélos cargo. Plusieurs chaînes nationales ont même réaliser des reportages sur leur développement. Force est de constater qu'en France, deux ans après la sortie du livre « Cargologie, le vélo cargo comme alternative à la voiture en ville », les vélos cargo passent progressivement de l'ombre à la lumière. Ces modes de transports que personne ne connaissait il y a 10 ans sont en train de voler la vedette aux voitures « propres et/ou autonomes» vainement attendues depuis plusieurs décennies pour solutionner les problèmes de congestion et de pollution des villes. Si bien que depuis peu, le modèle de biporteur le plus populaire, le Bullitt, est désormais le personnage principal d'un film.

Ce moyen métrage intitulé « The Bullit Burden » a été réalisé par Chase Carlsen Bauer, coursier à Chicago. Il est progressivement tombé éperdument amoureux de son outil de travail, le Bullitt, et de sa communauté. Souvent lorsqu'il arrivait chez des clients, il voyait leurs yeux s'illuminer devant la simplicité et la capacité de transport de son vélo. Cette reconnaissance ne lui suffisait plus et Chase, également photographe et vidéaste, a décidé en 2015 d'aller plus loin et de dédier un film au Bullitt. A travers « The Bullitt Burden », il démontre que ce biporteur est plus qu'un simple vélo cargo et qu'il est devenu un véritable culte pour de nombreuses personnes et pas uniquement des coursiers.


Pour cela, Chase a interviewé de nombreuses personnes qui utilisent quotidiennement un Bullitt et qui aiment profondément et la liberté qu’il leur procure. Le film tourné entre Chicago, la Californie, la côte Ouest du Danemark, Copenhague, Aarhus et Paris, s'organise autour de différentes histoires. Vous pourrez ainsi découvrir une famille danoise dont les parents et les deux adolescents possèdent chacun un Bullitt. Ils se définissent comme des « cargo bikes crazy » au point de préparer des gâteaux à son effigie.. 

Hans, l'un des deux fondateur de Larry vs Harry, l'entreprise danoise qui produit et exporte le Bullitt dans le monde entier intervient à plusieurs reprises. Entre une séance de jardinage, une victoire aux championnats d'Europe 2016 des coursiers à vélo et une interview plus personnelle, il dévoile sa vision sur la vie, le vélo, la société, les affaires et évoque pourquoi la localisation de son magasin est si symbolique pour lui. « Je pourrais l'écouter parler pendant des heures... », affirme le réalisateur, âgé de 28 ans. 

Un français, Brice Bedos, coursier durant une quinzaine d'années à Londres et qui a créé il y a 6 ans son entreprise de coursiers en Bullitt, Velopak, à Aarhus, seconde ville la plus peuplée du Danemark, est également présent dans le film. Fumant une cigarette et buvant un café, il livre une vision rude de son métier, qualifié par de nombreuses personnes, même au Danemark, royaume du vélo, de « not real job ». 

Enfin, Chase a choisi de dévoiler l'histoire à l'origine de la commercialisation d'une série spéciale de 30 Bullitts en 2016 pour le championnat du monde des coursiers à vélo à Paris. Vous apprendrez ainsi pourquoi le surnom de “Beezy” est inscrit sur le cadre de cette livrée spécifique et la raison pour laquelle deux exemplaires ont été commandé par une famille d’une petite ville de Californie.



« The Bullit Burden » qui s'ouvre sur un magnifique plan présentant les deux extrêmes de la mobilité, est disponible en vidéo à la demande. Chase souhaiterait organiser des projections en France*. Ce film en anglais et non sous-titré est le premier à ma connaissance sur les vélos cargo. Il expose magnifiquement l'impact positif et profond que le Bullitt et plus généralement le vélo peut avoir sur la vie et la société même parfois, dans la tristesse et la douleur...


* Si vous souhaitez organiser une projection de "The Bullitt Burden", vous pouvez joindre la productrice de Chase alexandria[at]weatherfield.us

8 nov. 2017

Le tour du monde à vélo en 14 ans...

Bien qu’ayant actuellement le vent en poupe, le cyclotourisme n’est pas une activité ou un loisir récent. Il s’est développé parallèlement au vélo dès la fin du XIX ème siècle et il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les premiers cyclistes aventuriers partent à la conquête des contrées les plus éloignées du globe. Même à la fin des années 1970, alors que l’usage du vélo est devenu pratiquement nul, des personnes se sont lancées dans des voyages à vélo pour différentes raisons.

Ce fut le cas de Françoise étudiante en décoration d’intérieur de 21 ans et Claude, technicien orthopédiste de 25 ans. Cette décision ne s’est pas prise sur un coup de tête. Elle a été longuement mûrie et est le fruit d’un long cheminement. «Peu à peu s’est développé en nous le désir d’une nouvelle conception de vie. Briser le chemin rectiligne qui se profilait à l’horizon et qui représentait notre destin: un métier, une maison, une famille et refuser la société de consommation».

Le déclic se provoqua en 1978, suite à la lecture d’un article de journal sur un français qui venait de boucler un tour du monde à bicyclette en trois ans. Ce projet alliait le goût pour la nature et le sport qu’ont Françoise et Claude. Ils décident donc de s’équiper avec des vélos réalisés sur mesures et des différentes sacoches nécessaires. Puis, le couple commence à tester ses vélos dans les monts du lyonnais et progressivement lors de randonnées de plusieurs semaines dans les Alpes ou d’autres régions françaises. En parallèle, ils ont pris des cours  d’anglais et ont commencé à définir un itinéraire.

Ainsi, Françoise et Claude quittèrent Lyon à vélo le 1er avril 1980 avec toutes leurs économies qu'ils pensèrent suffisantes pour pouvoir voyager pendant trois ans. « Nous partons à la recherche d’un autre mode de vie, d’une philosophie ou l’argent, les apparences, le luxe ne seront plus des valeurs essentielles. Nous refusons la hiérarchie, la bassesse, la peur, la haine. Nous voulons respirer, non pas nous essouffler, marcher non pas courir. Il nous faut réapprendre à écouter, à comprendre, à aimer. Redécouvrir le respect, l’entraide, le sourire. Nous avons besoin d’un dépaysement total, de côtoyer chaque jour des gens différents, d’être en phase avec toutes les réalités de l’existence. Nous rêvons d’amitiés, de valeurs telles que la confiance, la tolérance. Nous partons aussi à la découverte de nous-même ».

Ils rentreront dans la capitale des Gaules 14 ans plus tard après un peu plus de 150 000 km, 35 000 photos, 503 crevaisons, 66 pays visités, en ayant utilisés 89 pneus, 40 chambre à air, 2 fourches, 54 rayons, 6 selles, 12 dérailleurs, 54 patins de frein, 97 câbles, 7 jantes et 19 béquilles. Des statistiques qui doivent effrayer plus d’un cycliste quotidien, d’autant plus lorsque l’on sait que Françoise et Hervé n’avaient jamais pratiqué le vélo avant leur départ et qu'ils ont donné naissance, en 1988, en Nouvelle-Zélande, à leur fille Manon qui a partagé avec ses parents les 6 dernières années de ce voyage à vélo autour du monde.







 






Ce livre, paru en1995, aux éditions du cherche midi relate leurs 14 années passées au guidon de leurs vélos et les expériences souvent bonnes et parfois moins qu’ont vécu le couple puis cette famille de cyclo nomades. Résumer 14 années passées à pédaler autour du monde et à rencontrer de nombreuses et diverses personnes en 283 pages n'est pas un exercice facile. Certaines parties du voyage sont décrites avec plus de détails que d'autres ce qui permet de se focaliser sur les temps forts et de donner un rythme soutenu au livre. Le lecteur est ainsi aisément embarqué dans cette aventure et participe aux joies, rencontres, déceptions aux difficultés ou risques rencontrés par cette famille.

A propos de ces derniers les auteurs précisent : « Le plus grand danger est tout simplement la route, où nous sommes constamment à la merci de conducteurs inconscients et irrespectueux des cyclistes. Que ce soit au Canada, en France ou Brésil, au Maroc ou en Corée du Sud, nous avons toujours rencontrés des chauffeurs de camions, de voitures, de cars ou de taxis prêts à nous écraser, tout bonnement parce qu’appuyer sur la pédale de frein et attendre quelques instants, leur demandaient un effort beaucoup trop important. Pensez donc ! Perdre quelques secondes, quelle guigne ! Certains pensent aussi que cela les dévaloriserait. Il y a donc ceux qui n’aiment pas les cyclistes, les flemmards, les méprisants et les pressés, ceux qui ne prennent jamais le temps et nous aperçoivent à peine ».

Près de 25 ans après sa parution, ce livre avec le développement du vélo est plus que jamais d’actualité. Françoise et Claude Hervé ont eu le courage de se lancer dans cette aventure qui a véritablement changé leur vie. Sa lecture peut donner envie de tout plaquer et de partir avec ceux que l’on aime à la découverte du Monde à vélo ou au moins d’y rêver…



Les photos illustrant cet article ont été scannées du livre et ont été réalisées par Claude Hervé