29 mars 2017

Le Packster, nouveau biporteur polyvalent de Riese und Müller...



La marque allemande Riese und Müller, qui proposait déjà le fameux Load, a sorti fin 2016 un tout nouveau modèle, le Packster. A part la motorisation et la suspension avant, les deux biporteurs sont complètement différents. En effet, le Packster ne reprend pas la suspension arrière et les couleurs flashy de son grand frère. Il est disponible uniquement en deux couleurs. Son cadre est moins profilé que le Load et il se dégage du Packster une impression massive et capacitaire du fait de la grande roue arrière de 27,5 pouces et de l'absence de barres latérales de la plateforme.


S'il reprend la motorisation Bosch Performance du Load et ses caractéristiques, le Packster corrige les quelques griefs que le Load avait soulevé concernant les barres latérales de la plateforme qui réduisaient sa capacité de chargement. Force est de constater que les ingénieurs de la firme de Darmstadt se sont concentrés, voir focalisés pour ce nouveau modèle sur cette partie du biporteur qui fait toute son utilité.







Le Packster propose tout d'abord deux longueurs de plateforme. Le modèle présenté dans cet article est équipé d’une plateforme de 60 cm de long. Une autre version propose une plateforme de 80 cm. S’ajoutent à ces deux variantes, trois types de configuration à choisir en fonction de l’usage principal que vous ferez de votre biporteur. 

La Basis-Board (101 €) représente l'équipement le plus minimaliste. Elle se compose de plateaux en bois résistants aux intempéries de 30 cm de largeur et permet le chargement d’objet relativement volumineux sans problèmes. La Basis-Box (255 €) est  dotée d'une large plaque de fond et de parois latérales, avant et arrière. Elle possède une largeur de 55,5 cm à l'avant et 64,5 cm à l'arrière. 

Les parois latérales s’imbriquent entre elles, se démontent et se remontent facilement sans outils. Elles sont maintenues par une sangle qui fait le tour de la plate-forme et qui s'insère dans les parois grâce à des orifices spécialement prévus à cet effet. Ce système nécessite un peu d’entraînement pour pouvoir être monté ou démonté facilement et rapidement, mais s'avère très efficace et sécurisé.

 
 
 



Pour le transport des enfants, Riese und Muller propose la Kids-Box (408 €). Cette version spéciale de la Basis-Box est équipée d'un dossier, d'un coussin d'assise et de deux ceintures 5 points. Elle permet de transporter deux enfants de 5 ans. Comme dans le Load, les enfants ne sont pas assis, mais ont les jambes allongés devant eux. Une capote rouge en nylon est disponible pour la Basis et la Kids-Box aux prix respectifs de 101 et 255 € (uniquement pour la version à plateforme courte). La hauteur de la capote peut se régler grâce un système de cordes et de nœuds qui se fixent dans la paroi arrière. Les vitres latérales de la capote peuvent s'ouvrir entièrement pour assurer ainsi une aération maximale de la plateforme.




Le Packster est disponible avec deux moteurs. Le Performance Cruise vous assistera jusqu’à 25 km/h tandis que le Performance Speed vous apportera une aide au pédalage jusqu’à 45km/h. Il propose également tout un équipement haut de gamme afin d’assurer plaisir et sécurité notamment des freins hydrauliques à disques généreusement dimensionnés et le choix entre deux systèmes de transmissions (chaine et dérailleur Shimano Deore à 10 vitesses ou courroie avec moyeu Nu Vinci). 


Le confort de conduite est presque le même que le Load. La tige de selle suspendue fait oublier l'absence de suspension arrière et le guidon réglable en hauteur s'adapte en un instant à tous les gabarits de conducteurs. La suspension avant assure une grande stabilité au biporteur et à son contenu même dans les chemins non carrossés. 

Photo. Hélène Loewenguth.
Il vous faudra débourser entre 4000 et 6000 € selon la motorisation, la transmission, la longueur et la configuration de la plateforme que vous souhaitez, pour pouvoir vous équiper d’un Packster. Dans l'agglomération lausannoise il est disponible chez Tandem. Les produits hauts de gamme proposés par la marque allemande expliquent certainement pourquoi elle est peu présente sur le marché français et beaucoup plus en Allemagne, en Suisse ou en Autriche… Cependant, il est possible de trouver sur le site de Riese & Muller l’adresse du revendeur le plus proche pour tester et sans doute adhérer à la "Deutsche Qualität"



22 mars 2017

La pédale, le vélo café de Lausanne !

Lausanne n’a pas échappé au développement des vélo cafés. Dans une ville, au relief escarpé, où le vélo ne représente que 2 % des déplacements Pierre Dormal et Rémi Tremel ont décidé de créer un leur vélo café baptisé « La Pédale ». Longuement mûri dans la tête des deux compères qui se sont rencontrés lorsqu’ils travaillaient au sein de l’enseigne lausannoise Tandem, le projet localisé sur une avenue passante et plate entre l'ouest de l’agglomération et le centre-ville s’est concrétisé fin mai 2016 et a rapidement trouvé ses habitués. 

 
Les deux compères ont souhaité un lieu unique. Passionnés par les vélos Brompton, fabriqués à la main à Londres depuis les années 1970, ils ont fait le choix de ne commercialiser que cette marque. Ce pari, risqué dans une ville où s’est plutôt le vélo à assistance électrique qui est en développement, le semble moins quand on connaît la qualité de desserte et de fréquence du réseau de transports publics de la région et plus largement de toute la Suisse. En effet, ces vélos ,qui se plient facilement et rapidement, peuvent s’embarquer sans problème et sans suppléments comme un bagage à main dans la plupart des bus, trams, métros et trains suisses. 

Pierre devant le mur de Brompton de la Pédale.
La pédale propose ainsi plus d’une cinquantaine de modèles différents en stock à partir de 1100 CHF. Il y est possible de personnaliser sur place votre Brompton en choisissant son type de cadre (acier, titane), ses couleurs, son guidon, sa selle et divers accessoires, dont des pneus cloutés pour l’hiver… Cette offre attire de nombreux clients venus de toute la Suisse désireux d’être conseillé ou de pouvoir tester et visualiser leurs choix et pouvoir repartir sans attendre une livraison avec leur Brompton sous le bras ! En complément, nos pédaleurs proposent également de nombreux accessoires, dont toute la panoplie Brooks, des sonnettes, des lumières (dont les fameuses bikes balls), des casques (dont le fameux casque air bag Hövding…) et réparent également toutes autres sortes de vélo sous le regard de leurs deux poissons rouges baptisés originalement Brom et Tom !


Pneu clouté pour Brompton
 

C’est dans une atmosphère chaleureuse, faites de vieux meubles chinés , d’objets des années 70 ou 80 (tourne disque, caisse enregistreuse, téléphone...) ou de recyclage, que vous pourrez patienter durant la réparation de votre monture ou discuter de la personnalisation de votre Brompton en buvant un bon café, fraîchement moulu, un chocolat chaud, un sirop artisanal ou une limonade. 

La carte de la Pédale.
L’ambiance café est renforcée par la présence d’un baby foot dont les parties endiablées avec des habitants du quartier entraînent régulièrement une fermeture du vélo café plus tardive que les horaires affichés. Quelques livres ou revues sur le vélo sont également consultables dont un inattendu livre de recettes decuisines pour cyclo-voyageurs. A l’arrière de la pièce principale où s’intègre parfaitement l’atelier de réparation, une seconde pièce plus intimiste est aménagée avec un espace de jeux pour les enfants. Elle sert deux fois par semaine de lieu de distribution de paniers de légumes biologiques aux habitants du quartier. 

Rémi devant l'atelier de la Pédale.

En moins d'une année, La Pédale est devenue plus qu'un vélo café, s'est désormais un véritable lieu de rencontre et d'animation du quartier où les habitués se plient...souvent de rire !

15 mars 2017

Après la Jart'elle, "Les filles à vélo" lancent le pantastic !

Lancée il y a un peu plus d'un an, la marque « Les filles à vélo » s'est fait rapidement connaître grâce à la jart'elle. Cette petite bande de tissu élastique qui se fixe sur la cuisse, astucieusement équipée d'une pince, a pour objectif de permettre aux femmes de pédaler en jupe sans que celle ci ne dévoile leurs dessous. Depuis peu, Véronique Bertrand, créatrice de la jart'elle, propose un nouvel accessoire, le pantastic qui s’intéresse cette fois également aux hommes. Pour l'occasion, elle a lancé la marque « Les gars à vélo ». Cette double actualité représentait une bonne opportunité pour rencontrer Véronique et en savoir un peu plus sur ses créations qui permettent aux cyclistes de pédaler sans problèmes avec élégance dans leurs habits de tous les jours....




I Bike Strasbourg : Bonjour Véronique, qui es-tu et que fais-tu dans la vie?



Véronique Bertrand : Ce que je fais dans la vie, c’est essayer de lui donner du sens et d’être en paix avec moi-même. Le reste importe finalement peu.



IBS : Pourquoi as-tu choisi le vélo pour te déplacer? As-tu des affinités particulières avec ce mode de transport ?



VB : Le vélo permet de concilier une activité physique régulière avec les trajets de la vie. Quand on a un travail statique et un emploi du temps chargé, c’est idéal. Se déplacer à vélo présente de nombreux autres avantages: rapidité des déplacements, respect de l’environnement, accès optimal à n’importe quel point en centre-ville, économies, maintien en bonne santé. Aucun autre mode de transport ne peut rivaliser avec le vélo sur les trajets en ville.



IBS : Comment t’es venue l'idée de créer des accessoires pour les cyclistes?



VB : L’idée initiale a germé parce que je ne trouvais pas d’accessoires sur le marché pour empêcher ma jupe de s’envoler. Petit à petit, j’ai commencé à travailler concrètement à une solution lorsque j’avais un peu de temps. C’était en 2014 et 2015. A cette époque, j’ai constaté l’absence à peu près totale d’accessoires à la fois pratiques et jolis sur le marché et cela a impulsé de nouvelles idées.



IBS : Pourquoi avoir lancé la marque "Les filles à vélo"?



VB : Pendant les années où je travaillais à ce qui est devenu la jart’elle, j’ai beaucoup observé le milieu du vélo et j’ai constaté qu’il était majoritairement masculin et très axé sur la technique et la performance. Je n’ai pas d’affinités avec ce monde de geeks. Je ne suis pas non plus une fashion victime, mais je me promène plus volontiers dans une jolie robe que dans un sac à patates. Ces deux faits établis, je me suis dit que de créer un trait d’union, une interface entre les deux mondes pouvait être intéressant. Forte d’une formation, un peu ancienne mais pas tout à fait oubliée, en gestion d’entreprise, j’ai décidé de créer "Les filles à vélo".



IBS : Peux-tu nous raconter l’histoire de la jart'elle?



VB : L’idée initiale est née il y a plus de 15 ans d’un besoin personnel. Comme je me déplaçais beaucoup à vélo et souvent en robe ou en jupe, j’étais réellement embêtée par le fait que parfois elle s'envolait. Deux de mes jupes se sont prises entre la jante et le frein de ma roue arrière. Il a suffi d’un coup de frein pour qu’elles soient bonnes pour la poubelle. La seconde fois a été décisive. C’était en 2014 et il n’y avait aucune solution satisfaisante sur le marché. Je me suis donc attelée à la tâche, avec d’emblée l’idée d’une bande de tissu qu’on attacherait à la cuisse. Il a fallu quand même plus d’un an pour que je finisse par mettre au point la jart’elle.







IBS : La jart’elle a fait l’objet de nombreux articles de presse locaux ou nationaux. Tu as même intégré le top 20 des personnalités alsacienne de 2016. T’attendais-tu à un tel engouement?



VB : Non, pas du tout. Bien que professionnelle de la communication, je n’avais pas préparé de campagne de communication pour le lancement. Je pensais faire simplement une petite expérimentation à Strasbourg, dans les deux boutiques qui m’ont accueillie : CityZenBike et Rustine & Burette. Mais il y a eu un tweet sur Europtimist.eu le jour du lancement des Filles à vélo en février 2016, suite à une rencontre fortuite avec une personne fort sympathique quelques jours avant. J’ai immédiatement été contactée par les médias locaux. J’étais un peu affolée et en même temps très fière. Et l’année s’est terminée par cet article incroyable de 20 Minutes où je figure auprès du Prix Nobel de chimie ! Ce qui est rigolo, c’est que nous avons un vrai point commun : la couture. Lui coud des molécules et moi des jart’elles !



IBS : Penses-tu que les femmes soient plus réticentes à se déplacer à vélo? Si oui pourquoi?



VB : Oui, je sais qu’il y a plus de réticence de la part des femmes et ça ne tient pas seulement au manque d’accessoires girly sur le marché ! De nombreuses études en identifient les causes (rôle dans la cellule familiale, tenue vestimentaire, sensibilité aux questions de sécurité…) et je ne crois pas être la mieux placée pour en parler, ne voyant moi-même que des points positifs au vélo. 

Véronique et sa jart'elle en action...

IBS : Tu viens de sortir un nouvel accessoire le pantastic, qu’est-ce ? Et pourquoi s'intéresser aux hommes maintenant ?



VB : « Pantastic » est la contraction de « pantalon » et « élastique ». C’est une sorte de pince à vélo élastique qui se revendique plus comme un bijou que comme un accessoire utilitaire. Le pantastic se décline pour le moment en une cinquantaine de modèles destinés aux filles. Je prévois également des modèles masculins, ce qui entraîne la création d’une nouvelle marque « Les gars à vélo », que je viens de déposer à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), début Mars.
Dans les faits, cela fait très longtemps que je m’intéresse aux hommes (depuis l’âge de 15 ans à peu près…), mais l’idée de leur proposer des accessoires vélo est toute récente. Elle est née de réflexions de mon entourage masculin et du constat que, pour eux également, l’offre d’accessoires esthétiques est relativement réduite. Cela dit, je me sens moins inspirée par les accessoires pour hommes et je vais mettre mes amis à contribution pour m’aider car le pantastic nécessite encore quelques adaptions pour être parfaitement masculinisé et fantastique !






IBS : Aujourd’hui dans combien de magasins peut-on trouver des Jart'elles ?



VB : La jart’elle est distribuée dans 10 boutiques dans le Grand Est, en Rhône-Alpes et à Tours. J’espère trouver un point de vente à Paris lors d’une tout prochain voyage, ainsi qu’à Toulouse où je prévois de rendre visite à des amis. On trouve aussi des jart’elles sur deux boutiques en ligne : Elles font du vélo (qui propose également des pantastics) et La trotteuse.



IBS :Comment sélectionnes-tu les produits que tu utilises pour tes accessoires?



VB : Je cherche dans les boutiques de loisirs créatifs en ligne et je fréquente les puces des couturières, les salons du tissu, les merceries, les vides-greniers… J’y achète des bidules et des machins, des breloques, des attaches, des boucles…avec lesquels je fais des essais. Les premiers sont en général très peu concluants en soi, mais ils m’aident à mûrir ma réflexion. En éliminant certaines options, en affinant telle ou telle piste, l’idée se concrétise petit à petit. Lorsque je suis satisfaite du résultat, je cherche des grossistes pour acheter les pièces en grandes quantités. Je privilégie les fournisseurs français, mais j’ai également un fournisseur belge. Ensuite, je fabrique les stocks dans mon petit atelier. Tous mes modèles sont déposés avant d’être mis en vente.



IBS : As-tu d’autres projets d’accessoires?



VB : Je ne fonctionne pas vraiment comme ça. Mon cerveau n’est pas un service de "Recherche et Développement" organisé. Il brasse en permanence un tas d’idées que je laisse vivre ou mourir sans m’y accrocher. A un certain moment, certaines d’entre elles deviennent plus prégnantes et plus concrètes. Alors je les observe virtuellement sous toutes leurs coutures et, si elles me plaisent vraiment, j’essaye de les réaliser. 

L’idée du pantastic, par exemple, a nagé doucement dans les limbes pendant pas mal de temps avant que je l’imagine tel qu’il est, environ 3 semaines avant le premier anniversaire des "Filles à vélo". J’ai alors décidé de le mettre au point très vite pour l’annoncer ce jour là. C’était un peu compliqué mais j’y suis arrivée. Actuellement, j’ai un autre accessoire qui est presque au point mais que je ne peux pas fabriquer moi-même, et quelques idées un peu vague. Comme je suis pour le moment seule à la fabrication (tout en travaillant à temps partiel), je dois freiner mes enthousiasmes.



IBS : Tu as participé à plusieurs salons et expositions, comment le public réagit à tes produits?



VB : Le contact direct est intéressant car il permet justement de recueillir les premières impressions. La plus fréquente à propos de la jart’elle est « Qu’est-ce que c’est ? ». Un certain nombre de visiteurs passent sans s’arrêter et sans avoir compris. D’autres s’arrêtent pour demander ou lire le roll-up que j’installe sur le stand et qui explique, photos à l’appui, que « avec la jart’elle, les jupes ne s’envolent plus». La réaction est alors majoritairement positive de la part des femmes : « Quelle bonne idée », « C’est génial ! ». Une proportion non négligeable d’hommes se déclare contre la jart’elle, parce que « c’est très bien les jupes qui s’envolent ». Un autre intérêt de la rencontre directe est que je peux expliquer, montrer, répondre aux questions en toute connaissance de cause, ce que les revendeurs, presque tous des hommes, ne peuvent guère faire par manque d’expérience pratique.



IBS : As-tu comme objectif de pouvoir travailler à plein temps pour concevoir des accessoires pour cyclistes?



VB : D’un côté, ça me plairait de disposer de plus de temps et d’arrêter de jongler entre deux métiers, deux milieux, car c’est fatigant. D’un autre côté, cette première année d’expérience m’a permis de mieux discerner ce qui me plaît vraiment dans le projet : c’est la partie créative (le fait d’inventer des accessoires, de les mettre au point, puis de concevoir les modèles). C’est d’ailleurs pour cela que je ne fabrique que de très petites séries, voire des pièces uniques. Dépendre entièrement des filles ou des gars à vélo engendrerait des impératifs de rentabilité dont je suis très loin actuellement. Cela changerait significativement la manière dont j’aborde cette activité et je ne suis pas sûre de le vouloir. Alors cette idée là aussi, je la laisse suivre son bonhomme de chemin.



IBS :Tu reverses une partie de tes bénéfices à l'association « Cycles & solidarité ». Peux-tu nous présenter les objectifs de cette association et les raisons qui te poussent à l’aider?



VB : Lorsque je réfléchissais à ce que devait être "Les filles à vélo", je voyais ça comme un projet éthique et loin de la recherche du profit à tout prix. Même si j’espérais en tirer des revenus, ça ne devait pas être au détriment de mes valeurs ; donc, pour caricaturer, pas de sous-traitance en Chine. Je choisis mes fournisseurs en France, au plus près de moi pour minimiser les transports et éviter des systèmes qui exploitent les gens. Mais cela ne me paraissait pas suffisant. Comme dans ma vie privée, je crois au partage des richesses et je souhaitais que les recettes des Filles à vélo puissent bénéficier en partie à une association humanitaire. Cycles & Solidarité réunit la thématique du vélo et l’engagement humanitaire, et elle est installée à Strasbourg. C’était une évidence ! Je suis donc à la fois adhérente, et participe à ce titre aux actions en tant que bénévole, et donatrice. 
 

Cycles & Solidarité collecte des vélos, les répare et les achemine en Asie du Sud-Est pour les distribuer à des enfants qui pourront grâce à eux se rendre à l’école, souvent située loin de leur maison ou à des familles qui peuvent ainsi développer une activité commerciale pour vivre. En échange de chaque vélo, un arbre doit être planté par le bénéficiaire, ce qui participe à la lutte contre la déforestation. Le prochain container acheminera une centaine de vélos aux Philippines. Ils sont destinés à des étudiants de 16 à 18 ans de l’Ecole d’Entrepreneuriat Social et à la cinquantaine de familles de la communauté villageoise qui habite dans la « Ferme Enchantée » à Bulacan, située à environ 40 km au Nord de Manille.



IBS : Au delà du vélo, tu sembles particulièrement engagée dans la préservation de l'environnement et la solidarité, pourquoi?



VB : Sans doute mon histoire. Je suis née au cœur des Hautes Vosges et la forêt a toujours été un refuge pour moi, où je me sens bien et en sécurité. Je randonne depuis l’âge de 11 ans et j’ai voyagé un peu partout dans le monde. Je constate au fil des années les dégâts causés par de la malveillance, l’indifférence ou la cupidité de l’Homme à la nature et aux êtres qui l’habitent. Je me sens touchée au plus profond par ces souffrances. Quant à la solidarité, la question ne devrait même pas se poser tant il me paraît évident qu’on devrait tous tendre vers cela : plus de solidarité, plus d’égalité, plus de bien-être collectif. Malheureusement, le monde court à l’opposé.



IBS : Penses-tu que le fait que Strasbourg soit la première ville cyclable de France et qu'il s'y passe beaucoup de choses autour du vélo t’ai encouragé ou inspiré dans la concrétisation des "Filles à vélo"?



VB : Sans aucun doute ! Je suis fière de dire que j’habite la première ville cyclable de France et je me sens tenue de saluer et d’accompagner ces efforts collectifs pour une ville plus verte et plus humaine. C’est un sentiment fort. Strasbourg est aussi l’endroit le plus propice, à mon avis, pour lancer une telle entreprise car le nombre de femmes qui circulent quotidiennement à vélo y est particulièrement élevé. Lorsque je suis arrivée à Strasbourg en 1996, je savais que c’était une belle ville pour y être venue une fois, mais je n’avais pas imaginé un tel paradis du vélo. Ce fut la cerise sur le gâteau.





A l'opposé de la tendance actuelle d'équipements et accessoires high tech et ultra connectés du marché et qui ne servent pas à grand chose, Véronique Bertrand propose des produits utiles, élégants et durables qui s'accordent parfaitement à l'usage quotidien du vélo. Après les "Filles à vélo" et "Les gars à vélo", Véronique lancera-t-elle bientôt "Les enfants à vélo" ?

9 mars 2017

L'Autre Salon, l'alternative au salon de l'Automobile de Genève !

Comme chaque année, Genève accueillera du 9 au 19 Mars, l’un des principaux salons de l’automobile du continent, baptisé Geneva International Motor Show. Organisé pour la première fois en 1905, cette 87 ème édition présentera comme à son habitude la grande fête de l’industrie automobile avec son lot de nouveaux modèles « propres », « intelligents » voir « autonomes » des principaux constructeurs, des grosses cylindrées qui n’ont leur place que sur des circuits ou des derniers prototypes délirants que l’on ne verra jamais circuler… 

Tout ce grand raout annuel autour de l’automobile à Genève a donné l’idée en 2009 à quelques personnes non atteintes du virus de l’automobile et se déplaçant pas d’autres moyens de proposer une alternative au salon de l’automobile et d’organiser l’Autre Salon durant la tenue du Salon de l’automobile. 

L’Autre Salon se présente comme un lieu d’échanges et de promotion en faveur de toutes les formes de mobilité dites durables, responsables et actives telles que la marche, le roller, la trottinette et le vélo à l’instar des photos qui illustrent cet article prises à Genève. La manifestation est organisée par de nombreux bénévoles membres d’associations engagées dans la promotion des mobilités durables ou dans la préservation de l’environnement telles que Pro Vélo, ATE, Roue libre, Greenpeace Suisse, Actif trafic, Swiss Folding Society… et soutenue par la Ville de Genève. 


 

L’autre Salon qui s’est doté d’une charte et qui se veut ludique et décalé, organise ainsi chaque année durant le salon de l’auto différentes manifestations, événements, expositions, projections cinématographiques, performances ou conférences gratuites et ouvertes à tous. Les éditions passées ont par exemple éditées un amusant guide intitulé "le salon de l’Otto" à destination des suisses allemands fans de voiture et qui viennent une fois par an à Genève assouvir leur passion motorisée. Dans le même genre, l’Autre salon a également parodié et adapté le concept de Vélib aux piétons.
 
Ainsi ce soir, après l’ouverture officielle et les discours des élus présents, un défilé de chaussures sera proposé. Les animations se poursuiveront jusqu’au 19 Mars avec notamment une bourse aux vélos, une balade à trottinettes décorées ou à pied à la découverte de la campagne genevoise, un Challenge Brompton, un apéro dédicace du dernier livre de Claude Marthaler ou encore une conférence de Vincent Kauffmann, chercheur en sociologie urbaine à l’école polytechnique fédérale de Lausanne intitulée « demain des bouchons de voitures autonomes ». A cela s’ajouteront certainement comme chaque année des actions spontanées sur l’espace public. Les différentes animations officielles ou « sauvages » prouveront une fois encore que l’Autre Salon n’est pas un contre-événement, mais bien un événement de contre-culture…

2 mars 2017

L'Etat s’intéresse enfin au vélo... à assistance électrique.

Les VAE existent depuis les années 1930. Ils sont réapparus vers la fin des années 1970 pour connaître depuis l'an 2000 un regain d'intérêt avec l'évolution de la technologies et notamment des batteries. Les ventes de vélos à assistance électriques, en croissance régulière, ont selon l'Union nationale de l'industrie du cycle, pour la première fois dépassé les 100 000 unités en France ne 2015 (sur près de 3 millions de vélos vendus) et on en rencontre de plus en plus sur les pistes cyclables même si, d'après mes observations, ils représentent à Strasbourg moins de 1 % des vélos en circulation. 

 

 

L'offre s'est également beaucoup diversifiée et aujourd'hui toutes les grandes marques proposent différents modèles à assistance. En complément, de nombreuses collectivités proposent, depuis de nombreuses années, des aides à l'achat pour ce type de vélo ou comme c'est le cas à Strasbourg avec les Vélhop à assistance électrique, des locations pour pouvoir tester et se faire un avis avant un éventuel achat.



Suite aux derniers épisodes de « pics de pollution » de l’automne, l'Etat a décidé d'étendre son « bonus écologique » déjà en place pour les véhicules « propres » aux vélos à assistance électrique. Un décret paru le 16 février précise les modalités de cette aide qui représente 20 % du prix d'achat dans une limite de 200 € pour l'achat d'un VAE. Cette mesure fait partie des dispositions prises par le gouvernement pour avantager la mobilité électrique et lutter contre la pollution atmosphérique. Elle est issue d'une action commune de nombreuses associations de protection de l'environnement ou cyclistes comme la FUB ou le Club des villes etterritoires cyclables qui demandaient depuis quelques temps que l'aide à l'électromobilité ne concerne plus uniquement les voitures ou les scooters.






L'apport de l'assistance électrique représente un réel plus sur des longues distances, pour franchir des  dénivelé importants, pour des personnes âgées, ou lors de transport de charges. Il est intéressant de noter à ce titre, que les vélos cargos sont concernés par ce décret puisque il cible égalementles véhicules à moteur à deux ou trois roues. Si l'on ne peut que se réjouir de cette décision, on peut cependant regretter sa timidité pour des vélos dont les prix varient de quelques centaines d'euros pour les modèles d'entrée de gamme à plus de 3000 € pour le haut de gamme ou des vélos cargo. Il est également dommage que cette mesure, contrairement à l'aide pour les voitures ou les scooter électriques, soit limitée au 31 janvier 2018.








Une véritable stratégie nationale de promotion du vélo, dotée de moyens conséquents et développée sur le long terme, comme elle existe aux Pays-Bas, au Danemark, en Allemagne ou en Suisse me semble plus amène de répondre aux défis climatiques et sociétaux de la France. En effet, des actions à court terme prises dans la précipitation d'une fin de mandat pour développer des usages marginaux ne pourront pas apporter de solutions durables à l'amélioration de la qualité de l'air des villes françaises. Les pics de pollution devraient donc à l'avenir continuer à nous attaquer les poumons et continuer à être des problèmes sanitaires auxquels l'Etat n'apporte pas de réponses pertinentes.