21 févr. 2017

Le Maquis, nouveau bastion de la culture vélo à Strasbourg.

C'est l'histoire de deux personnes. La première, Vincent Schlosser, grand passionné de vélo anciens, de voyages à vélo et de thé, a œuvré pendant quelques années comme réparateur à Décathlon avant d'ouvrir, en 2006, la réputée enseigne strasbourgeoise Esprit Cycles qui dispose aujourd'hui de trois magasins à Strasbourg.

La seconde, Ivan Ivry, passionné de VTT, ancien négociateur de tapis persan pendant plus de 10 ans, a souhaité réorienter sa vie professionnelle vers le vélo. Pour cela, il a passé un certificat de qualification professionnelle de mécanicien de cycles qu'il a validé par un stage chez Esprit Cycles sous la direction de Vincent. Il y découvre l'importante histoire et héritage de la bicyclette française, véritable objet d'art à ses yeux. L'idée d'un lieu mêlant art, bicyclette et café commence à germer dans la tête des deux nouveaux compères. Ils ont ainsi quitté leurs affaires respectives et ont concrétisé leur nouveau projet, avec l'ouverture, il y a une semaine, du Maquis, le premier café vélo de Strasbourg.



L'équipe du Maquis avec de gauche à droite, Bastien le mécanicien, Vincent et Yvan.
Pour mieux définir leur concept,  les deux associés sont allés voir ce qui se faisait ailleurs. Ils sont revenus avec de très bonnes vibrations de Lola Bikes & Coffee à la Haye aux Pays-Bas et de tous les cafés vélos de Londres. Ils ont ensuite rapidement trouvé un petit local dont personne ne voulait, situé place d'Austerlitz, le long de la piste cyclable la plus fréquentée de Strasbourg, emplacement idéal pour un vélo café.



Bien acerbes pour tout ce qui touche au vélo, les deux maquisards étaient néophytes dans le domaine du café. Cependant, voulant bien faire les choses, proposer des produits uniques et de qualité, ils ont  décidé de travailler avec le torréfacteur parisien Lomi qui leur a dispensé différentes formations sur cette graine, de ses origines à ses variétés en passant par l'étape clé de sa torréfaction et son service.


Au Maquis, dans une décoration mettant en avant le vélo vintage, vous pourrez déguster un bon café ou un thé (en provenance du Thé des Muses), accompagné d'une délicieuse pâtisserie tranquillement installé dans sa mezzanine cosy. Vous pourrez vous y détendre ou travailler, grâce à la bonne connexion wi-fi,  tout en observant votre vélo se faire réparer à travers la partie de sol vitrée donnant sur le petit atelier de réparation. Dans celui-ci toutes les réparations quotidiennes sont possibles (crevaisons, révision des freins ou des lumières...). Vous pourrez également profiter du petit coin bibliothèque où vous trouverez des ouvrages et magazines sur le vélo (dont Cargologie) mais également sur le café.






Le vélo café propose également des accessoires allant des premiers prix à du haut de gamme comme les selles et sacoches Berthoux ou des rustines originales. Il y sera également bientôt possible de louer des vélos (dont des biporteurs) et d'acheter des vélos d'occasion retapés par les mains expertes des deux nouveaux baristas. Des animations et des nouveautés devraient également bientôt être proposées sur la carte (petite restauration à midi, bières, smoothies....). Des réparations plus importantes ou des personnalisations poussées sont également réalisables dans l'atelier du Maquis situé au Neudorf.




L’appellation « le Maquis » a été proposée par Vincent en souvenir de ces voyages au Bénin où tous les petits bars de brousses, principaux lieux d’échanges, de rencontres et de discussions, se nomment ainsi. Il a également séduit Yvan pour son rapport à la résistance et au monde végétal. Établissement unique, agréable et qui manquait dans la capitale française du vélo, Le Maquis s'adresse bien sûr aux cyclistes mais a également vocation à toucher un public plus large et familial venu pour l'ambiance chaleureuse du lieu et les bons produits qu'il propose. En espérant qu’un jour ou l’autre, les clients ne venant pas à vélo, soient séduits par ce mode de transport et se mettent à pédaler... dopés par la caféine du Maquis !

15 févr. 2017

A la découverte des vrais arceaux vélos de Strasbourg...

Dans le cadre de son second schéma directeur vélo voté en 1994 et qui s'intitulait « Strasbourg, un vélo d'avance », la Communauté urbaine de Strasbourg a commencé à développer un véritable système vélo. Partant du constat que la réalisation d'aménagements n’était plus suffisante à augmenter la pratique du vélo, elle a développer différents services et des actions de communication pour (ré)installer le vélo dans la ville. Une de ces actions a consisté à installer des arceaux qui reprenaient la forme d'un vélo peint en vert. 





Quatre des ces sculptures sont toujours visibles et régulièrement utilisées par les cyclistes strasbourgeois pour attacher leurs montures. Saurez-vous me dire où se localisent-elles ?

9 févr. 2017

Svajerløb, la course de vélo cargo à ne pas manquer !

Des courses de vélos cargo ont eu lieu à Paris depuis le début des années 1900 jusqu'à la fin des années 1930. Au Danemark, à Copenhague, la première course de vélos cargo s'est déroulée en 1942. Elle a été organisée par un prêtre nommé Kristian Skjerring qui a décidé d'honorer les nombreux livreurs à vélo de la capitale danoise. Ils étaient surnommés Svajere en danois - ou Swayers (balancement en anglais), en raison du mouvement que faisaient leurs vélos quand ils étaient lourdement chargés.
Départ d'une course. Source : www.copenhagenize.eu
Cette course, baptisée Svajerløb proposait des modestes sommes d'argent aux vainqueurs qui leur permettait ainsi de s'offrir quelques jours des vacances en été. Elle est devenue progressivement très populaire et de nombreux spectateurs venaient assister à cette épreuve qui couronnait le « Roi de Copenhague ». Le transport par vélo cargo étant progressivement remplacé par des véhicules motorisés à Copenhague, comme dans les autres villes européennes, le dernier Svajerløb s'est disputé en 1960.
Affiche de l'édition 2012.
C'était sans compter sur une poignée de passionnés de vélos cargo qui a décidé en 2009 de faire revivre ces moments passés où les coursiers à vélo venaient s'affronter. L'épreuve ouverte à tous les usagers de vélo cargo, se déroule chaque année, depuis 2010, au sein de la brasserie Carlsberg, sise à quelques kilomètres du centre de Copenhague dans le quartier de Vesterbro. 


Le principe est toujours le même, franchir le premier la ligne d'arrivée après quatre tours. Le premier s'effectue sans chargement. Les trois suivants avec du chargement (pneu de voiture, caisse de bière, paquets de journaux…). Le version moderne s’est toutefois adaptée à l’évolution des vélos cargo et propose trois catégories de courses mixtes (biporteurs, triporteurs et un relai composé d’une équipe de quatre cyclistes). Elle se déroulera cette année, l’après-midi du 26 août.





De nombreux participants viennent de toute l’Europe pour cet évènement. Des français et des amis berlinois ont déjà participés à cette course, qui n’a de course que le nom car il s’agit plutôt d’une après-midi de convivialité autour du vélo cargo qui se termine par un barbecue. Y-a-t-il des strasbourgeois ou des français intéressés ? 

Article réalisé à partir d'informations trouvées sur www.copenhagenize.eu

1 févr. 2017

« Des vélos dans la ville », le livre qui illustre comment guérir nos cités…

Le docteur qui photographie les vélos... C'est comme cela que l'on pourrait surnommer Laurent Chambaud, l'auteur du livre « Des vélos dans la ville » paru en Septembre 2016 aux éditions des Presses de l'EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique). Derrière ce titre simple se cache un livre qui illustre par de nombreuses photographies, la présence du vélo dans l’espace urbain et la relation entre ces deux éléments par le prisme de différentes thématiques. 


Bien qu'il ne le pratique qu'occasionellemnt, ce mode de transport a séduit l'auteur, parce qu'il est « un objet particulier, qui nous suit depuis notre enfance. Il est simple, fait partie à la fois de notre quotidien et de notre imaginaire. Il se fond dans le décor. Il est transformable, souvent "customisé" en fonction de la personne qui le possède. Et surtout, c'est une manière d'appréhender notre environnement, nos villes ».

En introduction, l’auteur nous explique comment il a débuté sa quête photographique, s'est pris à son jeu et comment elle lui a fait regarder la ville et le vélo d'une autre manière. Les photos présentées dans cet ouvrage se sont imposées à l'auteur. Il recherche l'originalité, des situations « cocasses, particulières ou représentatives » de la ville qu'il visite et tente de ne pas reproduire les clichés qu'il a déjà pris. A l’instar des photographies qui illustrent cet article et qui sont issues de ma collection personnelle, les plans, souvent larges, intègrent une partie importante du décor urbain dans lequel se trouve le vélo. Parfois le photographe intègre des personnes dans ses clichés ou préfère se focaliser sur un détail qui a attiré son œil…


Pour son ouvrage, il a choisi une sélection qui promène le lecteur du Mexique au Cambodge, de Montréal à Varsovie, en passant par de nombreuses capitales européennes et villes françaises dont Strasbourg et qui permet de goûter à la diversité du vélo dans différentes villes. Cette diversité se traduit dans l'ouvrage par sept chapitres présentant chacun une thématique. Ces chapitres sont introduits par des textes de personnalités plus ou moins connues œuvrant pour le développement du vélo à différentes échelles (Isabelle Lesens, Pierre Serne, Frédéric Heran, Olivier Razemon…).




L'auteur souhaitait une « approche plurielle » (sociologie, urbanisme, journalisme, politique...) et a été très honoré que tous ces activistes acceptent d'écrire quelques lignes pour cet ouvrage. Chacun avait pour mission d'introduire un chapitre et d'écrire en fonction de son thème. Ainsi Isabelle Lesens parle de stationnement, Frédéric Heran traite de l'apprentissage du vélo et des souvenirs d'enfant qu'il provoque. Olivier Razemon s’intéresse à l’usage et à la personnalisation du vélo tandis que Pierre Serne nous prépare à une escapade à vélo


Prenant des photos de vélos depuis de nombreuses années, l'auteur a pu mesurer la pratique différente dans les villes et pense que l'adaptation des villes au vélo est en cours. Il s’est progressivement pris de passion pour cette transformation au point de la partager dans un livre dont un des objectifs est de « diversifier les publications des Presses de l'EHESP et de montrer que la santé publique peut rimer avec un objet (ce livre) qui a également sinon une prétention, du moins une tentative artistique ».






Pour l'auteur ce livre développe également « deux prismes qui participent à une vision large de la santé publique : les questions d'urbanisme et de santé d'une part, les questions de mobilité active et de lutte contre les effets néfastes de la sédentarité d'autre part ». Il poursuit en insistant sur l’intérêt de promouvoir les mobilités actives régulièrement rappelé par l'actualité. « Quand ce n'est pas la pollution, ce peut être la lutte contre le surpoids ou l'obésité, mais c'est aussi la promotion de modes plus conviviaux dans le vivre ensemble. On est je crois, beaucoup moins agressif à vélo qu'en auto, plus ouvert à regarder et participer à son environnement. Et le bien être fait partie de la définition de la santé ! ».



Complétant son propos sur les impacts sanitaire du vélo, il juge la loi de modernisation du système de santé français votée en 2016, comme « un premier pas intéressant  permettant la prescription par le médecin d'un exercice physique adapté en cas de maladie chronique ». Cependant, il ne souhaite pas parler de l'usage du vélo comme un médicament car « les médicaments sont en général des substances toxiques qui peuvent, à des doses bien précises, être bénéfiques ».




Le vélo, et plus globalement l'activité physique, sont à son sens « un facteur de bien être qui  participe à un meilleur équilibre et à une bonne santé mentale. » et regrette que ce lien ne soit pas plus exploré scientifiquement. Depuis la sortie de son livre, Laurent Chambaud a reçu plusieurs photos de vélos insolites venant d'autres personnes. Il souhaiterait développer une « communauté de personnes qui regardent la ville (ou la campagne !) avec ce prisme à deux roues ! ». Bientôt le lancement d'un nouveau blog photographique consacré au vélo ?