26 janv. 2017

Hausse contrastée de l’usage du vélo à Strasbourg en 2016 !

Il y a au moins une raison de se réjouir de l’année 2016. En effet, 2 141 000 cyclistes soit plus de 100 000 supplémentaires ont été comptabilisés l’année passée par le compteur dynamique installé en 2013 place Dauphine devant la cité de la danse et de la musique. Ce totem affichait au 31 décembre 2014 et au 31 décembre 2015 respectivement 1 885 000 et 2 037 000 cyclistes. Cette donnée « brute » et «localisée» doit maintenant être complétée par les chiffres de la trentaine d’autres boucles de comptages permanentes.
 
Réparties sur l’ensemble de la ville de Strasbourg, elles permettent d’avoir une vision globale et continue de l’évolution du trafic cycliste. Depuis sa mise en service en 2008, ce système montre une évolution annuelle de 2 à 5 % du trafic cycliste. Il n’y a pas de raisons pour que cette tendance ne se soit pas poursuivie en 2016. On peut donc annoncer sans trop prendre de risques que l’usage du vélo à Strasbourg a été plus important en 2016 que les années précédentes.
Cependant en analysant plus profondément les données disponibles des différentes enquêtes on se rend compte que le nombre de personnes ne faisant pas de vélo à Strasbourg reste le même. Il était de 49 % en 2009 dans l'Enquête ménage déplacements et reste le même dans l'enquête réalisée fin 2015 par l'Eurométropole. Il semblerait donc que l'évolution du trafic cycliste à Strasbourg ne soit pas principalement le fait de nouveaux cyclistes et donc d'un report modal, mais plutôt d'un nombre de déplacements à vélo plus importants réalisé par des personnes le pratiquant déjà. Il n'y aurait donc pas beaucoup de nouveaux cyclistes à Strasbourg mais les personnes utilisant ce mode de déplacement se déplaceraient plus ce qui expliquerait l'augmentation du trafic cycliste. Ce qui est quand même une bonne nouvelle et qui prouve l'efficacité du vélo.
Les données du dernier recensement publiées récemment pas l'INSEE, qui classent Strasbourg comme première ville de France avec 16 % d'usage du vélo pour les déplacements ayant pour motif le travail, ne permettent pas non plus d'analyser plus profondément l'évolution de la pratique du vélo dans la capitale alsacienne. En effet celles-ci ont été collectées pour la première fois. Il est donc impossible d'en sortir des tendances. De plus, elles ne concernent que les déplacements domicile-travail. Les collégiens, lycéens ou étudiants ainsi que les autres motifs de déplacements comme les achats, les démarches ou les loisirs ne sont pas pris en compte par le recensement.
Au-delà du territoire communal strasbourgeois, la situation dans la première et la seconde couronne de l'agglomération est beaucoup plus floue. En effet, le trafic cycliste quotidien n’y est que très peu renseigné. Seules quatre stations de comptages permanents existent*. La pratique du vélo y suit-elle la même tendance que dans la ville centre ? Stagne-t-elle ou au pire diminue-t-elle ? Il est très difficile de pouvoir répondre à cette question. C’est pourtant dans ces secteurs que doivent désormais se tourner les principaux efforts pour y développer massivement l’usage du vélo et arriver ainsi à l’objectif de doubler sa part modale pour la porter à l’horizon 2025 à 16 % des déplacements !

*Celles ci sont localisées rue du 23 novembre à Illkirch, rue de l’ile des Pêcheurs à Ostwald, rue Bugatti à Ostwald, sur la passerelle d’Hausbergen à Schiltigheim.

18 janv. 2017

Doc bike, quand le docteur vient soigner votre vélo à domicile !

Lors d’un souci mécanique ou quand votre vélo a besoin d’une révision, il y a plusieurs solutions. La première et la plus triviale, consiste à le réparer vous-même. Si vous n’avez pas le temps, l’envie, l'outillage ou les connaissances suffisantes, la seconde consiste à le confier à un professionnel. Il est également possible, si l’envie d’apprendre à réparer votre vélo à moindre coût vous intéresse, de bénéficier, moyennant une cotisation modeste, des services d’un des nombreux ateliers d’auto réparation qui se sont fortement développés à Strasbourg et dans toute la France ces dernières années (plus d’informations sur le site www.heureux-cyclage.org).

En parallèle, dans une société en pleine évolution où le temps est compté et où l’on s’attache à faire de plus en plus de choses à domicile (télétravail, livraisons de restaurants…), la réparation de vélo à domicile se développe également fortement. Ainsi, Strasbourg compte trois réparateurs de vélos à domicile. Le plus ancien est Marco Vélo qui officie depuis plusieurs années, le plus récent est Cyclofix, entreprise parisienne qui débute aujourd'hui même son activité à Strasbourg. Depuis mars 2016, Alexandre Manceau, 32 ans, alias Doc’Bike répare également les vélos à domicile. 

Passionné de VTT et notamment de cross country, ce docteur des vélos a profité d’un licenciement économique pour monter son EURL (Entreprise Unipersonelle à Responsabilités Limitées) et partager ses compétences de mécanicien. Pour devenir docteur, Alexandre a repris le chemin de l’école et plus précisément du CNP (Centre National Professionnel pour la commercialisation des articles de sport et loisir) afin de réaliser une formation de réparateur de cycles. Il a obtenu son certificat de qualifications professionnelles en cycles, qu’il a définitivement validé après plusieurs mois de pratique au sein de l’équipe d’une grande enseigne spécialisée dans le cycle.


Pour se faire connaître, il a commencé par distribuer de nombreux flyers dans les commerces de proximité qui lui ont ramené ses premiers clients. Il a également démarché des communes ne bénéficiant pas de vélocistes pour s’installer sur leurs marchés. Il consulte ainsi le mercredi sur le marché d’Illkirch-Graffenstaden et le samedi sur celui d’Eckbolsheim. Le bouche à oreille lui a fait venir de nouveaux patients, plus nombreux lors de la belle saison, qui sont aussi bien des étudiants que des actifs ou des retraités. 

Il intervient également parfois en appui de son collègue Marco vélo dans différentes entreprises strasbourgeoises comme le Crédit Mutuel. Il peut réparer tous les éléments d’un vélo et quand il ne dispose pas de la pièce, fait un devis au client ou conseil des sites pour acheter les pièces et propose leurs installations. Sa camionnette lui permet de ramener un vélo dans son atelier, de le réparer lors de la réception de la pièce et de le ramener la semaine suivante.

Les tarifs du docteur sont fonction de la distance de déplacement et de l'intervention. Ils sont disponibles sur son site internet. Malheureusement ils ne sont pas (encore...?) remboursés par la sécurité sociale… Alexandre se donne deux ans pour réussir à vivre de cette activité et vu le développement croissant de son activité, ne se fait pas trop de soucis sur sa pérennité. Il y a beaucoup de patients à soigner à Strasbourg...

11 janv. 2017

Un Vélib à Strasbourg !

L’année 2017 commence fort avec une exclusivité! Il y a quelques jours, mon œil a repéré un vélo aux couleurs étranges mais au style pourtant connu. Il était parqué à Schiltigheim, seconde commune la plus peuplée de l’agglomération strasbourgeoise. Quelle ne fut pas ma surprise quand en me rapprochant, je reconnu, grâce à son garde boue différent des autres systèmes Cyclocity similaires de JC Decaux, un Vélib semblant être tout droit sorti de l’émission américaine de modifications d’automobiles « Pimp my ride ».

Pour rappel, voici à quoi ressemble un Vélib officiel. Source : blog.velib.paris.fr
Inauguré en 2007, le service de vélo en libre-service parisien subit, depuis son lancement et malgré sa robustesse et le renforcement des dispositifs antivols, de nombreuses dégradations et vols. Selon l’Atelier Parisien de l’urbanisme (APUR), en 2014,  19 000 Vélibs ont été volés, ce qui représente la quasi-totalité du parc de vélos. 1800 de ces vélos ne sont pas retrouvés et parmi ceux qui ne disparaissent pas, 4600 sont détruits car non réparables*
Certains Vélibs auraient été aperçu en Roumanie, en Afrique ou encore à Lyon, d’autres repeints continuent à circuler à Paris. Le phénomène est désormais arrivé dans l’agglomération strasbourgeoise. Comment? Cela restera un mystère, mais force est de constater que ce Vélib initialement gris clair est difficilement identifiable pour un novice, seule son appendice servant à le bloquer dans une borne d’attache de station, pourrait trahir son origine… 
Il arbore tout d’abord une nouvelle livrée vert et or. Tous les éléments du vélo ont été peints avec ces couleurs. Les rayons, les jantes, le tube de selle, les garde boues, les manivelles, le carter, le guidon… La personnalisation ou devrais-je plutôt dire le maquillage, est allé jusqu’à retravailler le garde boue arrière pour lui donner un effet dentelé et à découper le carénage du guidon pour y insérer un compteur et deux boutons.
Il a été baptisé « Green Hornet », ce qui dans la langue de Shakespeare se traduit par frelon vert et qui semble inspiré du film de Michel Gondry. Il arbore également, marqué au pochoir, le numéro 67 du département du Bas-Rhin dans lequel il circule…

Aussi surprenante que puisse être cette histoire, il n’en reste pas moins que ce vélo, bien public, est volé et détourné de son utilisation première qui se veut collective. Même s’il se sent peut être mieux dans la capitale française du vélo au milieu de nombreux de ses « semblables », sa place est dans la ville lumière qui en a grandement besoin! Peut être qu’un des agents dédiés à la recherche des Vélibs abandonnés ou volés va découvrir cet article et venir en pèlerinage à Strasbourg pour le récupérer...



*Etude d’opportunité d’un Vélib métropolitain, APUR, décembre 2015, page 12.