2 avr. 2014

Le pouvoir de la pédale.

Le pouvoir de la pédale est le troisième livre d’Olivier Razemon, journaliste au quotidien Le Monde, auteur du blog l’interconnexion n’est plus assurée et spécialiste de la mobilité. Cet ouvrage est paru aux éditions de la rue de l'échiquier. L’auteur nous présente en un peu moins de 200 pages sa vision du développement du vélo basée sur de nombreux exemples glanés lors de ses voyages, ou des conférences qu’il anime ou auxquelles il assiste. 

Dès les premières pages et à de nombreuse reprises, Strasbourg, en tant que ville la moins en retard dans le développement du vélo en France, est citée. L’auteur connait bien la capitale alsacienne pour y avoir étudié durant quelques années et a toujours plaisir à y faire escale.

Après un prologue qui rappellera sans doute des souvenirs de discussions à de nombreux cyclistes, le journaliste retrace brièvement l’histoire du vélo. Pour cela, il s'appuie notamment une série de croquis de Jean-Jacques Sempé :"chaque vignette, illustrant une époque différente, représente un « bourgeois » et un « prolétaire », peut être le patron et son ouvrier, quittant son domicile, un hôtel particulier doté d’un superbe portail en fer forgé pour l’un, une modeste masure pour l’autre. Sur la première image, le prolétaire marche l’air résigné, et le bourgeois est juché sur un grand-bi. La deuxième vignette montre le riche au volant d’une conduite intérieure tandis que le pauvre circule à vélo. Puis, on voit le patron conduire un modèle américain, que l’on devine puissant tandis que son ouvrier a droit à une mobylette. Sur le dernier croquis, le pauvre a enfin pu s’offrir une voiture, mais la route est désormais bien embouteillée. Le riche, quant à lui, se déplace…. à vélo ».



Olivier Razemon tord ensuite le cou aux fausses images du vélo (voiture du pauvre, sport du dimanche, loisir, talisman écologique, lubie de bobo, objet ridicule et/ou dangereux). Il insiste sur ce dernier point en expliquant pourquoi faire du vélo n’est pas dangereux et qu’au contraire c’est de ne pas faire de vélo qui l’est.

L’auteur consacre une importante partie de son livre au pouvoir du vélo en démystifiant une fois pour toute l’automobile. Il prouve par de nombreux exemples que l’économie du cycle est importante et en plein développement même si les lobbys automobiles tentent de la récupérer, de la cantonner à un rôle de sport, de loisir ou de l’affaiblir.

Pour contrer ces positions dogmatiques et conservatrices, le dernier chapitre est consacré à la transition cyclable que le journaliste décrit comme « le choix politique de convaincre – quitte à passer par la contrainte- les usagers de la voirie à effectuer certains trajets à vélo ». Pour cela, il propose trois grands axes que sont la nécessité de répondre par des solutions réalistes et prouvées aux grands défits énergétiques et environnementaux, un développement urbain basé sur la densité et la mixité favorisant l’usage du vélo et enfin la valorisation des cyclistes.

A ce titre, il met en avant le mouvement Cycle Chic et notamment sa déclinaison strasbourgeoise où « l’on peut admirer de belles images de quidams, en selle ou poussant leur bicyclettes à la main. Vêtus avec soin, l’air sérieux et détaché à la fois, ces cyclistes surpris dans leur élan ressemblent à des mannequins défilant sur un podium ». Le vélo c'est sexy comme le dit Olivier Razemon dans sa dédicace.



Après un carnet pratique pour que la pédale vous gagne, Olivier Razemon, conclut son ouvrage sur une vision apocalyptique (sauf peut être les 25 % de cyclistes à Strasbourg en 2025…) d’un futur où la transition cyclable aurait crevé en route puis aurait été abandonnée sur le bas côté d’une piste cyclable faute de dépannage…

Entre la sortie du plan actions des mobilités actives et les élections municipales où la mobilité et notamment la place du vélo était un des enjeux principaux dans de nombreuses villes, le pouvoir de la pédale aidera de nombreuses personnes à mieux comprendre comment le vélo transforme nos sociétés cabossées.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire