6 mars 2014

L'Etat dévoile son plan d'actions des mobilités actives.

La France était jusqu'à hier l'un des derniers pays d'Europe à ne pas avoir de plan stratégique pour le développement du vélo. Initié par l'ancien gouvernement puis suspendu suite à l'alternance politique de mai 2012 puis réamorcé en juin 2013 par M. Frédéric Cuvillier, Ministre des transports, ce document a été présenté hier en fin d'après midi. Prenant en compte également la marche, il se nomme plan d'actions pour les mobilités actives (PAMA) et s'articule autour de 6 grands axes de développement :

  • Développer l'intermodalité entre les transports collectifs et les modes actifs
  • Partager l'espace public et sécuriser les modes actifs
  • Valoriser les enjeux économiques liés à la pratique du vélo
  • Prendre en compte les politiques de mobilité active dans l’urbanisme, le logement et notamment le logement social
  • Développer les itinéraires de loisir et le tourisme à vélo
  • Faire découvrir les bienfaits de la marche et du vélo

Pour atteindre ses 6 objectifs, le PAMA contient 25 propositions dont de nombreuses réglementaires qui sont amenées à faire évoluer rapidement le code de la route. Ainsi, les communes ou collectivités auront bientôt la possibilité de définir la vitesse maximal en deçà de 50 km/h sur leurs voiries (30 ou 20 km/h) et pourront mettre en place de nouveaux aménagements cyclables (vélorue, chaussée à voie centrale banalisée, sas cycliste sans couloir d'approche...).

Une des autres mesures importantes de ce plan est la possibilité pour des entreprises volontaires d'expérimenter dans le cadre de plan de déplacements d'entreprises une indemnisation kilométrique système qui existe depuis 1997 en Belgique) pour ses salariés utilisant quotidiennement le vélo.

Au delà de ses propositions qui ne font que rattraper le retard de la réglementation française, le reste des mesures n'est pas à la hauteur d'un plan ambitieux et voulant durablement ré-installer le vélo comme mode de déplacement non marginal en France. Je regrette, par exemple, l'absence d'objectifs chiffrés permettant de mesurer les impacts des différentes mesures de ce plan. De plus, si le plan concerne les mobilités actives, seules quelques mesures s'adressent aux piétons.

Enfin, le principal reproche à faire à ce plan est l'absence de moyens financiers dégagés par l'Etat pour la mise en œuvre de sa politique cyclable nationale. Une ligne budgétaire pour des projets innovants tels que le développement des autoroutes cyclables ou les plans piétons aurait été un geste important d'engagement financier de l'Etat.

Il semble que malgré ce plan, l'Etat ne considère pas le vélo et la marche au même titre que l'automobile et les transports en commun, mode de transports qui bénéficient depuis longtemps d'importantes subventions (même si elles sont remises en cause depuis la mise en suspend de l'Ecotaxe).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire