12 mars 2014

Le développement du vélo à Toulouse.

Les différentes majorités de gauche comme de droite aux commandes depuis les années 2000 de l'agglomération toulousaine ont progressivement réintroduit le vélo dans la ville rose. Pour cela, elles se sont servis d'outils réglementaires (double sens cyclables, zones 30, cédez le passage aux carrefours à feux...) ou qui vont bientôt le devenir comme le sas cycliste sans couloir d'approche et d'un système de vélos en libre service baptisé Vélo Toulouse inauguré en 2007 dont on reparlera demain.

L'utilité du sas vélo et son respect par les automobilistes
Comme à Lyon ou Paris, l'apparition soudaine et massive de nombreux vélos en libre service dans une ville où les infrastructures cyclables sont discontinues et pas suffisamment nombreuses a posé quelques problèmes. Pour remédier à cela, l'agglomération s'est lancé depuis plusieurs années dans un grand programme d'aménagements cyclables suite à l'adoption de son plan vélo 2011/2020. Ainsi depuis 2011, Toulouse Métropole consacre un budget annuel de 11 millions d'euros (2,35 millions en 2007 et 6,7 en 2010) pour supprimer les discontinuités de son réseau cyclable, le mettre aux normes et développer des services autres que Vélo Toulouse.

En complément le long de la première ligne de tram, de nouveaux aménagements cyclables qualitatifs comme sur le Pont Saint Michel, l'allée Jules Guesde ou le passage du tram et des cyclistes sous la voie ferrée de Coulomiers sur l'Avenue Déodat de Séverac offrent dorénavant une très belle place aux piétons et cyclistes 
Redistribution de l'espace public en faveur du tramway, des cyclistes et des piétons sur le pont St Michel
Passage dénivelé des cyclistes et du tramway sous la voie ferrée de Coulomiers sur l'avenue Déodat de Séverac
Cependant, quelques centaines de mètres plus loin sur l'avenue de Muret, les élus ont préféré maintenir du stationnement automobile et envoyer les cyclistes avec les piétons sur la voie verte des berges de la Garonne ce qui entraine des problèmes de cohabitation...

Sans aménagements cyclables sur l'avenue de Muret, la cohabitation entre les piétons et cyclistes risque d'être plus problématique malgré ce rappel.
Pour défendre et mettre en avant le vélo dans l'agglomération, les cyclistes toulousains peuvent compter sur le travail de l'association Deux Pieds Deux Roues. Bien qu'elle ne soit pas subventionnée par Toulouse Métropole et qu'elle ne bénéficie pas de salariés, ses bénévoles effectuent un travail remarquable pour le développement du vélo et de la marche à Toulouse. Le débat organisé avec les candidats aux élections municipales (dont vous pouvez trouver ma présentation introductive sur Strasbourg ici), les différentes actions menées contre le stationnement illicite ou encore l'initiative de son président, Sébastien Bosvieux de créer et d'alimenter régulièrement le blog Toulouse Cycle Chic en sont quelques exemples.

Enfin, il convient de citer la Maison du vélo qui propose de nombreux services aux cyclistes (gravage, atelier de réparation, informations, location de longue durée, vélo école...) et la Vélorution toulousaine qui organisait fin février les 6ème rencontres nationales de l'Heureux cyclage.

Vélo en location de longue durée par la Maison du vélo.
Vous pouvez trouver un aperçu exhaustif du développement du vélo à Toulouse sur le blog de Philippe Goirand élu communautaire en charge de la politique cyclable durant la mandature qui s'achève.  Bien qu'uniquement 2% des déplacements étaient réalisés à vélo dans l'agglomération en 2004, la ville rose est sur le bon chemin pour devenir une ville cyclable. La Métropole a été récompensée par le prix des nouvelles mobilités 2013 du magazine Ville, rails et transport pour sa politique cyclable volontaire. L'application Vélobs qui permet de signaler les dysfonctionnements du réseau cyclable a été récompensée par le talent du vélo 2013 dans la catégorie innovation par le Club des villes et territoires cyclables.

J'ai senti durant mon séjour un véritable potentiel cyclable qui repose sur les bases d'une culture vélo partagée (élus et associations motivés, projets qualitatifs et innovants, budgets conséquents, nombre de cyclistes en hausse...). L'objectif du nouveau PDU (Plan de Déplacements Urbain) est d'atteindre 8 à 10 % de cyclistes en 2020. Pour atteindre ce but, Toulouse doit continuer ses efforts pour le développement du vélo ainsi que sa politique de reconquête de l'espace public notamment par le tramway dont profite également grandement le vélo et la marche. Un objectif ambitieux mais qui n'est pas illusoire...

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