31 oct. 2013

Les Vélhopers d'Octobre 2013

Bien qu'extrêmement doux, l'automne a commencé à raccourcir les jours et à teinter de couleur ocre la végétation. Cette arrivée en douceur convient parfaitement aux vélhopers qui continuent à pédaler en se préparant tranquillement à des températures plus fraiches.




 




Les bonnets, écharpes, gants ou autres capuches ont fait une première courte apparition durant ce mois d'octobre mais ont rapidement bénéficier de quelques semaines de congés estivaux supplémentaires. En attendant l'arrivée réelle de l'automne (ou de l'hiver...), certaines vélhopeuses roulent encore sans collants et en talons hauts....



Le vélhoper de ce mois d'octobre est l'homme frontière, cyclonaute, Claude Marthaler qui lors de son passage à Strasbourg pour la présentation de son premier documentaire « Bike for bread » en a profité pour tester Vélhop et passer une nouvelle frontière à vélo sur la passerelle des deux-rives.


Claude a trouvé Vélhop particulièrement robuste et maniable mais un peu trop petit pour son gabarit et avec les vitesses mal étalonnées pour son coup de pédale universel. Il ne cherchera donc pas un sponsoring de Vélhop pour son prochain tour du monde à vélo...

29 oct. 2013

Critical Mass d'Octobre à Berlin.

Un rapide passage à Berlin en fin de semaine dernière m'a permis de participer à la Critical Mass du mois d'Octobre. Près de 400 cyclistes s'étaient donné rendez-vous vendredi soir pour défiler dans les rues de la capitale allemande.

Loin des Vélorutions strasbourgeoises au parcours déposé en Préfecture et encadrées par la police, l'ambiance est plus survoltée et revendicative dans les Critical mass. En effet, seul le lieu de rendez-vous est connu des services de polices. Le cortège défile à vive allure en bloquant la circulation des automobilistes à chaque carrefour pour que ceux-ci ne viennent pas s'intercaler dans le peloton, ce qui provoque parfois des réactions violentes de certains énervés du volant...


Malgré cela, l'ambiance est festive puisque le cortège proposait deux ambiances musicales. Le premier sound system balançait du bon rap américain (KRS ONE, Wu Tang, EPMD...), le second à l'arrière  distillait une sélection électro au rythme parfait pour suivre l'allure de la masse critique.



De nombreuses cyclistes participent aux Critical mass berlinoises .




Les messagers et les fixies sont également toujours bien représentés dans ce type d’événement et se remarquent aisément par leurs vélos spécifiques... ou par leurs déguisements.




 
Certains n'hésitent pas à participer en doubling !


En dehors des deux sound system, quelques autres vélo cargo dont Hans complétaient le cortège.



Hans sur un de ces nombreux vélo cargos.
Berlin, ses vélo cargos et Hans, on en reparle bientôt sur I Bike Strasbourg...

27 oct. 2013

Culture pub !

Dans la société de consommation où nous vivons, la publicité est très présente que ce soit dans les divers médias ou sur l'espace public. Grâce à ses avantages (moins encombrant, permettant de pénétrer au cœur des villes où les voitures sont prohibées et à la gratuité de son stationnement), le vélo n'échappe pas à ce détournement publicitaire.













Le gabarit des vélos cargos et leur impact visuel assurent une visibilité encore plus importante à la publicité et permet de travailler l'image de marque notamment pour de grandes multinationales...
 




A Strasbourg qu'il soit en vitrine, stationné sur l'espace public ou en circulation, le vélo fait sa pub en s'insérant de manière relativement discrète dans l'environnement urbain.

23 oct. 2013

Piétons et cyclistes ou comment vivre ensemble ?



La ville de Strasbourg  organisait jeudi 17 Octobre un colloque intitulé « Le piéton au cœur de la ville ». Près de 400 personnes de toute la France avaient répondu à l’invitation. Dans le cadre des mes fonctions de chef de projet Vélostras au sein de la Communauté urbaine de Strasbourg, j’ai été invité à animer l’atelier  « Vélo et piétons ou comment vivre ensemble ? » où intervenait :

-Mme Geneviève Laferrère, présidente de la FUB (Fédération des usagers de la bicyclette), fondée en 1980, dont le siège est à Strasbourg et qui forte de 180 associations a pour objectif d’encourager l’utilisation du vélo comme mode de déplacement quotidien.

-Mr. Thomas Jouannot, chargé d’études « Sécurité routière et développement de l’usage du vélo » au CERTU (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques.

-Mr. Daniel Lemoine, chargé d’étude « Sécurité des usagers et déplacements » également du CERTU.



Vous trouverez ci dessous mon propos introductif et conclusif de cet atelier ainsi que quelques unes des photos grand format (de piétons !!!) qui ornaient l’auditorium de la cité de la Musique et de la danse où se déroulait le colloque.

"En liminaire, je tenais tout d’abord à rappeler que la relation parfois difficile entre les piétons et les cyclistes n’est pas nouvelle. Ainsi à Strasbourg, les archives municipales recensent le premier accident entre un piéton et un cycliste, le 26 avril 1869, place Broglie lorsqu’un jeune homme circulant sur un vélocipède renverse un enfant de 3 ans. Son père écrit le lendemain au Maire Humman pour réclamer une réglementation de la circulation pour les vélos. Quelques jours plus tard, le 1er mai, le Maire prend un arrêté qui « interdit désormais la circulation des vélocipèdes sur les trottoirs, les places macadamisés, les ruelles pavées en bitume, l’intérieur des promenades et les contre allées. »

Plus tard vers 1920, l’historien Strasbourgeois, Fritz Kiener parodie Horace avec ces quelques rimes:

"Bicycle, unique objet de mon ressentiment,
Bicycle qui m’a fait tomber si fréquemment,
Bicycle dont la corne affreuse est trop sonore,
Bicycle que je hais parce que l’on t’adore,
Puissent les omnibus, ensemble conjurés,
Ecraser tes guidons d’un pas bien assuré,
Si ce n’est pas assez de cette compagnie,
Que le cocher de fiacre au tramway se rallie,
Et que tous les chauffeurs attirés par nos vœux,
Fassent pleuvoir sur toi leur déluge de feux,
Puissiez-vous, ô vélos, devenir un mélange,
De fer, de caoutchouc écrasé dans la fange,
Puis-je en un chaos voir indistinctement,
Gladiator, Rudge, Humbert, Peugeot, Dunlop, Clément,
Puis-je de mes yeux voir se fonder leurs chaînes,
Voir briser les rayons des cycles anathêmes,
Voir le dernier des pneus à son dernier soupir,
Moi seul en être cause… et mourir de plaisir !"

Par la suite, à cause de la motorisation croissante de notre société après la seconde guerre mondiale et de la diminution des déplacements à pied ou à vélo, les rapports entre les piétons et les vélos ont été très peu étudiés. Il faut attendre 1984 pour qu’une première étude s’intéresse au sujet. Ce travail a été réalisé par l’allemand Duister Hellmut Schubert qui a analysé le trafic cycliste dans différentes zones piétonnes.

Une seconde étude qui fait référence encore aujourd’hui a été menée en 2004 sur plus de 80 sites dans une quinzaine de villes hollandaises. Ce travail confirme les premiers résultats de Schubert et va plus loin en proposant différents niveaux de cohabitation et d’aménagements selon la densité des flux piétons (plus d’informations sur ces études dans le plan piéton de Strasbourg).

Aujourd’hui en France, de nombreuses collectivités travaillent sur cette thématique dont Strasbourg bien sur qui est une des villes qui marche et pédale le plus en France, mais aussi Paris qui a réalisé en 2007 une étude sur les relations entre les cyclistes et les piétons sur 8 sites ou encore plus récemment Toulouse où sur la bien nommée rue d’Alsace Lorraine un radar pédagogique à destination des cyclistes a été installé durant quelques jours fin septembre 2013.

A Strasbourg, les statistiques d’accidentologie depuis 2001 recensent une dizaine d’accidents par an entre les piétons et les cyclistes qui ont rarement des conséquences graves. Ces chiffres faibles et stables ne doivent cependant pas éclipser les « gènes » ressenties par les piétons, probablement plus nombreuses et qui dépendent de la proxémie c'est-à-dire de la distance physique qui s’établit entre des personnes prises dans une interaction. Cette distance peut varier d’une personne à l’autre selon de nombreux facteurs comme l’âge ou les vitesses des sujets. Les personnes âgées ne réagissent pas de la même façon que les adolescents à un dépassement par un cycliste. De même, un piéton sera plus surpris d’un dépassement de cycliste venant de l’arrière que de l’avant. 
 
Ainsi, une des 10 actions du plan piéton de la ville de Strasbourg adopté à l’unanimité par le conseil municipal le 23 janvier 2012, a pour objectif « de désamorcer les conflits piétons/cyclistes ». Ce document de planification, un des premiers sur cette thématique en France, consacre près de 20 pages à ce sujet et propose des premières pistes d’actions basées sur de nombreux exemples hollandais, suisses ou allemands et notamment celui de la ville voisine de Freiburg.

Avant de passer la parole à nos trois intervenants, je vous propose de regarder un court clip réalisé l’année dernière par la Communauté urbaine de Strasbourg et ses partenaires de la sécurité routière (Préfecture, police nationale, et l’association cycliste locale CADR 67 ).

 


 

 

 


Durant cet atelier, j’ai retenu trois actions importantes qui sont à mettre en œuvre pour apaiser les relations entre les piétons et les cyclistes. La première consiste en la réalisation d’aménagements réglementaires, bien réfléchis et pensés pour accorder une bonne place aux piétons et aux cyclistes dans nos villes. La seconde est un travail de prévention et de communication des bonnes pratiques à respecter selon les différents aménagements (trottoirs, aménagements cyclables, zones piétonnes, zone de rencontres, zones 30…). La dernière est le contrôle de cette réglementation pour sanctionner les mauvais utilisateurs qu’ils soient piétons, cyclistes ou automobilistes.

Enfin, je vous propose de ne plus utiliser le terme de conflits car ce mot définit une opposition. Je pense qu’il ne faut pas opposer les piétons et les cyclistes car ce sont les deux catégories les plus fragiles d’utilisateurs de l’espace public et parce qu’ils utilisent des modes de déplacements très économes en espace, en énergie et économiquement avantageux pour eux ainsi que pour les finances publiques. De plus, il y a suffisamment de véritables conflits meurtriers dans notre société et nous n’aurons heureusement pas besoin d’inspecteurs de l’ONU pour « désamorcer le conflit entre les piétons et  les cyclistes ».

Aussi, je vous propose désormais d’utiliser le terme de cohabitation qui peut être bonne, à améliorer ou mauvaise. Ce mot me semble beaucoup plus juste car il introduit une notion de partage de cette valeur commune qu’est l’espace public et c’est ce partage de l’espace public entre les piétons et les cyclistes mais aussi avec les transports en commun et les automobilistes qui est mise en avant dans la démarche du code de la rue.

Merci de votre attention."

Grégory Delattre