23 juil. 2013

Les cyclistes moins exposés que les automobilistes à la pollution atmosphérique !

Dans le cadre de la conférence intitulé «Vélo, air et santé» qui se déroulait le 18 juin à Strasbourg, I Bike Strasbourg revient aujourd'hui grâce à Michaël Bertin* qui était présent, sur une présentation réalisée par Cyril Pallarès de l'ASPA (Association pour la Surveillance et l'étude de la Pollution Atmosphérique en Alsace).


Après avoir rappelé quelques généralités (un adulte inhale 15000 litre d'air par jour, l'exposition à la pollution atmosphérique dépend de la concentration et de la nature du polluant, c'est lors des déplacements que l'on est le plus exposé à la pollution atmosphérique...), l'orateur a présenté les résultats d'une campagne de mesure effectuée dans l'agglomération de mulhousienne.

Elle avait pour objectif de quantifier les expositions d'un automobiliste et d'un cycliste lors de déplacements "types". La campagne a été réalisé avec un tricycle qui permettait d'embarquer le matériel de mesure (prêté par Air Parif qui a réalisé une étude similaire) qui ne pouvait se "faufiler" comme un vélo normal. Cela tend à considérer les résultats comme maximisant.
                 
Source : Airparif
Source : Airparif

Il ne s'agit pas d'une comparaison directe sur un même trajet mais d'une comparaison entre deux trajets urbains pour le cycliste (un nord/sud et un est/ouest) et deux trajets pour l'automobiliste (un extra-urbain puis urbain et un autre dans le centre de Mulhouse).

Voici les grandes conclusions et principaux enseignements:
  • Le cycliste reste moins exposé qu'un automobiliste d'un facteur 2 à 3 aux particules et aux oxydes d'azote (NOx).
  • En prenant en compte la surventilation liée à l'effort (1,2 à 2 fois plus d'air inhalé), les résultats restent toujours favorables au cycliste qui reste moins exposé ou à des niveaux comparables.
  • Quelques mètres suffisent pour baisser rapidement l'exposition du cycliste : cela tend à encourager les aménagements cyclables séparés de la chaussée.
  • Les niveaux moyens enregistrés sont au delà des stations de mesures présentes sur l'agglomération qui sont représentatives du "fond de pollution urbaine"
  • Les "points noirs" de l'exposition des cyclistes sur ces trajets sont les endroits où les voitures redémarrent : feux, carrefours, embouteillages...
  • Le cycliste semble bien plus en mesure d'optimiser son exposition (notamment en choisissant son trajet) que l'automobiliste bien plus dépendant des conditions extérieures et notamment de la densité du trafic.
  • Suivre un poids lourd, un bus, une voiture de grosse cylindrée ou un excité de l'accélérateur ascendant Sébastien Loeb entraîne un pic d'exposition que l'on soit à vélo ou en auto.
  • L'habitacle d'une voiture ne protège en rien de la pollution. Les niveaux moyens d'exposition sont identiques que l'on roule fenêtres fermées ou ouvertes.
Pour ceux qui voudraient en savoir plus, les détails de l'étude de l'ASPA sont disponibles ici (partie 1 et partie 2). Les conclusions de cette étude sur l'agglomération mulhousienne qui corroborent celles de l'étude similaire réalisée à Paris par Airparif en 2008, mettent donc clairement en avant le fait, qu'en plus de ne pas rejeter de polluants, les cyclistes sont moins exposés à la pollution atmosphérique que les automobilistes.



* Michaël Bertin est chargé de la qualité de l'air et de l'adaptation au changement climatique pour l'Etat au sein de la DREAL Alsace (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) où il travaille à la révision du Plan de Protection de l'Atmosphère de l'agglomération de Strasbourg.

5 commentaires:

  1. Ah ben tient !

    Je l'ai partagé directe avec mes collegues automobilistes :)

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  2. Sur Toulouse, étude similaires et mêmes conclusions...
    http://www.oramip.org/oramip/attachments/ORAMIP_transports.pdf

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    1. Merci Sébastien pour ces infos complémentaires. Par contre, le lien semble inactif...

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  3. En dépit de ces résultats certainement faussés par les conditions bien peu réalistes des relevés réalisés (en particulier dans le cas de l'étude faite par Airparif), à Paris, la pollution que respirent les cyclistes est bel et bien le principal risque pour leur santé, largement devant le risque d'accident de la circulation. C'est la conclusion d'une étude de l'ORS ile de france reéalisée en 2012. Ce résultat établit clairement le fait que les cyclistes sont bel et bien exposé à un fort risque sanitaire du fait de la pollution, contrairement à ce que voudraient nous faire croire les études qui s'évertuent à montrer que les automobilistes sont plus exposés.
    http://www.ors-idf.org/index.php/component/content/article/642-les-benefices-et-les-risques-de-la-pratique-du-velo-evaluation-en-ile-de-france
    Evidemment la situation n'est pas la même à Strasbourg. Paris présente certainement des niveaux de pollution plus élevés, en particulier en ce qui concerne les particules fines.

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    1. C'est intéressant de mettre des liens encore faut-il lire jusqu'au bout... L'étude de l'ORS (très intéressante au passage) montre effectivement que le premier facteur de risque pour la santé des cyclistes est bien la pollution loin devant les accidents mais ne fait aucune comparaison avec les automobilistes.

      Extrait du lien de l'ORS:
      "Les résultats montrent :
      - Des bénéfices sur la santé de la pratique du vélo largement supérieurs aux risques[...]
      - Enfin, un risque d’exposition à la pollution atmosphérique des cyclistes plus élevé que le risque d’accidentologie. Ces résultats sont dus à un niveau de pollution particulièrement important en Île-de-France. Cependant, l’exposition du cycliste diminue à mesure que la place du vélo dans la ville s’écarte de la circulation."

      Bref il n'est pas question ici de minimiser l'exposition à la pollution atmosphérique en ville mais force est de constater qu'en ville (Paris, Toulouse et Strasbourg pour les études dispos), on reste moins exposé à cette pollution en vélo qu'en voiture. Après chacun s'arrange avec sa conscience mais je vois pas l'intérêt de venir tenter de discréditer des études juste parce que le résultat n'est pas celui qu'on aimerait.

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