18 juin 2013

La culture vélo à Vienne, partie 2, la politique cyclable de la ville.

Autant vous le dire tout de suite, il reste beaucoup de choses à faire pour le vélo à Vienne. Je n'ai franchement pas été séduit par les infrastructures cyclables de la capitale autrichienne. Certes, elles existent mais sont très vieilles et mériteraient une importante mise à niveau.

Sur les grands axes et le Ring les aménagements sont un florilège de pistes bidirectionnelles, bandes cyclables souvent étroites, trottoirs mixtes (autorisés en Autriche...) qui obligent les cyclistes à zigzaguer d'un aménagement à l'autre (est ce un héritage de Hundertwasser qui bannissait la ligne droite de ses constructions?). Malgré un jalonnement cyclable bien présent, cette situation handicap grandement les déplacements à vélo à plus forte raison quand on ne connait pas la ville.

Trottoir mixte sur un axe où il y a largement de la place pour insérer un aménagement cyclable
Quelqu'un peut il m'expliquer pourquoi pour tourner à gauche on se place sur la voie de droite?
Si le double sens cyclable existe il n'est que peu autorisé dans les petites rues du centre ville. Le cédez le passage aux feux est quant à lui absent de la réglementation. Pour stationner votre vélo vous trouverez de nombreux arceaux (très souvent sur le trottoir...) dans la ville et toutes les gares et une grande majorité des stations de métro sont équipées.

Piste cyclable en contresens sur pavés !!!
Stationnement art moderne devant un des nombreux musées de la ville
Si les cyclistes disposent de nombreux feux spécifiques ou partagés avec les piétons (ce que Strasbourg va bientôt expérimenter), le temps de rouge est souvent très (trop...) long pour les modes actifs (ce qui ne favorise pas des temps de déplacements concurrentiels avec la voiture ou les transports en commun). Ce point est particulièrement important car la circulation motorisée reste importante à Vienne, notamment sur les grands et larges axes et dans le centre ville qui propose très peu de zones où le trafic automobile est apaisé (zones de rencontres, zones 30...). 


 




Vienne a diminué la part modale de la voiture de 40 à 31 % entre 1993 et 2010 au bénéfice des transports en commun qui sont passés sur la même période de 29 à 36 % grâce à d'importants investissements notamment dans le ferroviaire (nouvelle gare de Praterstern, nouvelle liaison avec l'aéroport, nouveau matériel roulant plus capacitaire...).

"Les voitures dehors, le métro gratuit" ... quid du vélo ???
Sur la même période, la part modale de la marche stagnait à 28 % tandis que celle du vélo augmentait timidement de 3 à 5 % en entre 2004 et 2010 grâce sans doute à la mise en service 2003 du premier système de vélos en libre service "contemporain" (Plus d'informations à ce sujet demain).

Compteur cycliste et Mikael Colville-Andersen aka Mr. Cycle Chic
Dans ses conditions l'objectif politique affiché de 10 % de déplacements à vélo en 2015 semble hors de portée. Investir massivement dans les transports en commun est, bien sur, une bonne chose, mais ne pas accompagner en parallèle ce développement par une politique d'aménagements de l'espace public plus favorable aux piétons et aux cyclistes est une grave erreur!

Vienne a fait un important travail de communication pour développer le vélo au travers de l'opération Wien RadJahr 2013 (2013, l'année du vélo) dont l'évènement majeur était la conférence Velocity 2013 qui accueillait des participants des quatre coins du monde. La communication si efficace soit elle ne peut pas se charger de tout, de bonnes infrastructures cyclables sont la base d'un développement de la pratique cyclable... à Vienne comme ailleurs.

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