11 janv. 2013

Bataille pour l'espace piéton

Article des DNA du 10 janvier 2013

L’association Piétons 67 attaquait, ce mercredi matin, devant le tribunal administratif de Strasbourg, la Communauté urbaine dans sa politique de zones de circulation mixtes piétons/vélos. Le trottoir est pour les premiers, sans partage, analyse l’association, ou alors avec marquage des territoires de chacun.
 
Le rapporteur public est allé dans ce sens et conclut à une nécessité de marquage, là où ce n’est pas fait. La décision du tribunal doit tomber le 23 janvier. Mais elle ne pourra pas concerner les voies où la Ville a obtenu l’autorisation expresse de la mixité contestée… Pour une expérimentation ! Cette expérimentation se déroule avec l’aval de la Délégation à la Sécurité et à la Circulation routière.

En deuxième audience ce mercredi matin au tribunal administratif de Strasbourg, le conflit piétons-cyclistes sur les trottoirs voit camper chacun des protagonistes sur ses positions.

Le code de la route est incontournable, plaide l’association Piétons 67. On ne peut donc décréter de zone mixte sur un trottoir, a fortiori lorsque les espaces alloués aux cyclistes et aux piétons ne sont pas marqués de manière claire. Par conséquent, la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg doivent faire marche arrière sur ces aménagements.

Nécessité « d’une injonction à la CUS »

L’association, dans la procédure qu’elle a entamée auprès du tribunal administratif, a eu l’oreille attentive du rapporteur public. Déjà fin novembre, mais à nouveau hier matin, après un supplément d’instruction, les conclusions dudit rapporteur semblent favorables à la requête de Piétons 67.

« Les trottoirs où circulent ensemble piétons et cycles, sans délimitation, ni matérialisation indiquant les espaces respectifs, posent difficultés, à notre sens », a réitéré la magistrate. La difficulté que le trottoir est, en principe, réservé aux piétons et aux cyclistes de moins de 8 ans. Le rapporteur conclut à la nécessité, selon elle, dans le jugement à rendre, d’une « injonction à la CUS de prendre les mesures nécessaires dans un délai d’un mois » pour matérialiser les zones mixtes. Mais ajoute cependant : « Il faudrait exclure de cette injonction les voies strasbourgeoises concernées par l’expérimentation en cours, autorisée par la Délégation à la sécurité et à la circulation routière ».

Cette expérimentation concerne le fonctionnement mixte de l’espace piétons/vélos sur les ponts de la Bourse et Pasteur, le boulevard de la Victoire, l’avenue du Rhin, l’allée des Comtes et la rue du Landsberg. Alain Jund, adjoint en charge de l’urbanisme, précise : « Ce sont des endroits où la cohabitation nous paraît la plus pertinente des solutions. Elle évite le détour du cycliste et nous paraît de bon sens, même si juridiquement ce n’est pas correct ».

Du côté de la Ville, on souhaite, « que la législation évolue, pour se rapprocher du droit allemand ou suisse en la matière ». Et on envisage même de demander un élargissement de l’expérimentation précitée à d’autres voies… Mais, d’un autre côté, la municipalité ne resterait pas sourde aux intérêts des piétons.

Alain Jund l’affirme : « Depuis octobre 2010, plus aucun nouveau trottoir mixte n’a été réalisé ». « Par ailleurs, les évolutions de législation ont permis de transformer certains tronçons existant en voie verte, comme, par exemple, l’allée du Schluthfeld. Enfin, de nouveaux aménagements, comme sur la route du Rhin, permettent de reprendre l’existant en offrant des voies dédiées aux cycles. »

Pour revenir au partage de l’espace public, l’élu persiste : « L’idée avance dans la tête des gens, mais les textes ont encore du mal à suivre les pratiques ». Et d’ajouter : « On pourrait aussi, dans un certain nombre de cas, rééquilibrer ce partage en prenant de l’espace public aujourd’hui accordé aux voitures pour remettre le cycliste sur la chaussée »…
 
Le jugement du tribunal administratif est annoncé pour le 23 janvier.

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