22 déc. 2012

Un logement, un vélo.

Article des Dernières Nouvelles d’Alsace du 28 Novembre 2012

Une fois n’est pas coutume, l’opération du Grand Angle, le long de l’avenue du Rhin, comptera plus de places de parking destinées aux vélos – 128 arceaux, soit 256 places – qu’aux voitures – 81 places. En prime, le promoteur, 3B, offre un an d’abonnement Vélhop à tous les acquéreurs. Une première.

« Quand on parle stationnement, on pense automatiquement voiture. Il est temps de changer de logiciel. Avant, c’était un logement, une voiture ; ici, c’est un
logement, un vélo ! », résume Alain Jund. L’adjoint à l’urbanisme est ravi de l’initiative prise par le promoteur 3B, qui a décidé de son propre chef d’intégrer, pour tout achat d’un appartement au Grand Angle (132 sont prévus dans le programme), un an d’abonnement Vélhop. L’idée ? Provoquer le déclic. Parce qu’un déménagement est aussi l’occasion de changer ses habitudes, le PDG de 3B, Georges Bousleiman, a fait ce drôle de pari. Au Grand Angle, mais aussi sur d’autres opérations en cours – à Hoenheim et à proximité du Musée d’art moderne, notamment, soit 450 logements en tout.

L’essayer, c’est l’adopter

Ce qui l’a mis en selle ? Les réunions organisées à la CUS. « Au début, j’allais de notre siège, avenue de la Paix, jusqu’à la CUS en voiture. Un jour, je me suis dit que ce n’était plus possible et j’ai fait l’effort d’acheter un vélo, juste pour ça : me rendre à la CUS. Et là, j’ai redécouvert la ville et des sensations de gamin… Si j’arrivais à mettre chaque acquéreur sur un vélo pour que lui aussi redécouvre ces sensations, ce serait magnifique ! », s’enthousiasme-t-il. D’où l’idée du Vélhop, qui permet d’essayer – gratuitement, le promoteur prenant en charge pendant un an les 80 € d’abonnement – sans s’engager. Avec le pari qu’une fois que les gens auront testé, ils ne pourront plus s’en passer…

D’où, aussi, un effort particulier fait sur les parkings à vélos – auxquels 341 m 2 ont été dédiés –, en matière d’accessibilité, de sécurisation et de visibilité. « C’est vital. S’il faut chicaner et porter son vélo, on perd l’envie. Trois marches à monter, c’est 20 % de perte sur l’usage », estime Alain Jund. Au Grand Angle, une partie des parkings sera accessible de plain-pied. « Et pour tous, nous avons choisi des locaux nobles », insiste Georges Bousleiman, pour qui l’accent mis sur le vélo vient conforter l’esprit du projet, avec ses systèmes de récupération d’eaux pluviales et sa terrasse sur le toit.

« Au final, tout le monde est gagnant », estime l’adjoint. Les habitants – Alain Jund a calculé, il faut six minutes pour venir de la place de l’Étoile, et l’on sait les soucis causés par la circulation automobile avenue du Rhin –, l’opérateur, pour qui la construction de parkings pour les vélos coûte nettement moins cher
que pour les voitures, sans compter que cela libère de l’espace, et la collectivité, grande adepte, on le sait, des déplacements doux.

« L’idée est de montrer aux gens qu’il est possible de se déplacer à vélo. Ce qu’il faut, c’est trouver le prétexte. Après on prend l’habitude et cela devient un réflexe. D’autant qu’ici, on est à côté de la station de tram et le long de la piste cyclable », insiste l’adjoint. Il ne rêve plus que d’une chose : voir d’autres opérateurs – bailleurs privés, mais aussi, pourquoi pas, publics – emprunter le même chemin que ce « pionnier ». Ce serait la preuve qu’à Strasbourg, le vélo est entré dans la norme.

1 commentaire:

  1. Bonjour,
    je suis locataire d'un appartement dans cette résidence et je n'ai pas d'emplacement dans le parking. Je vais au travail à vélo (rive étoiles) mais je suis contraint de garder ma voiture pour les courses et les déplacements professionnels. Il me paraît judicieux de poser cette question ne serait il pas judicieux qu'il y ait des zones de"stockage" pour nos voitures au lieu de les laisser envahir les trottoirs des rues adjacentes?
    cordialement

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